Rugby - Top 14 - R92 - « Je pensais que ça allait me plaire », explique Eddy Ben Arous (Racing 92), qui a joué talonneur contre Pau

L'Equipe.fr
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Samedi soir contre Pau (8e journée du Top 14, victoire 24-22 du Racing), les circonstances ont contraint Eddy Ben Arous, pilier gauche du Racing 92, à jouer talonneur pour la première fois de sa vie, et pendant plus d'une heure. Il revient sur cette expérience singulière. « Bien dormi ?
Je pensais que ce serait pire (rire). À part quelques douleurs aux cervicales, je suis en forme. Quand vous avez vu que le jeune talonneur Jonathan Maïau devait quitter le terrain dès la quinzième minute, ce qui précipitait drôlement vos débuts au talonnage, qu'avez-vous pensé ?
Je l'ai d'abord regardé lui. Et j'ai vu qu'il titubait, ce qui signifiait qu'il ne reviendrait pas. J'ai regardé le chrono et je me suis dit : ''OK, ben, on y est. C'est parti pour 75 minutes''. lire aussi Chavancy : « Je ne sais pas si on mérite de gagner » Henry Chavancy signalait après le match (gagné 24-22 par le Racing) qu'il était admiratif de votre courage. Que ce n'était pas facile d'accepter de se lancer à ce poste si spécial avec si peu de temps pour s'y préparer...
En 2010, on avait déjà eu des problèmes avec nos talonneurs, et on m'avait demandé si je pouvais dépanner. J'avais essayé, mais dès les premières mêlées en opposition à l'entraînement, j'ai lâché l'affaire. J'avais fini la séance avec le cou en vrac. Pas question que je me lance là-dedans. Cette semaine, quand les entraîneurs nous ont expliqué la situation (Chat et Baubigny réquisitionnés par le XV de France, Le Guen très incertain et finalement forfait de dernière minute, deux talonneurs Espoirs blessés), j'aurais dû dire non. Mais en dix ans, les mêlées ont beaucoup changé. En 2010, c'était encore le temps où les commandements se résumaient à toucher et impacter. Aujourd'hui, il y a l'étape liaison qui modifie le ressenti, permet de placer sa tête avant l'impact. J'ai demandé à essayer de nouveau les mêlées en opposition. C'était mardi et on en a fait six ou sept. À la fin de cette séance, j'étais rassuré. Je pensais même que ça allait me plaire. Eddy Ben Arous, pilier gauche du Racing 92 « J'ai été étonné d'une chose : après la mêlée, je me sentais plus léger que quand je pousse en pilier. J'avais les jambes moins engorgées » C'est tout de même une sacrée différence d'entrer en mêlée avec les deux bras prisonniers...
C'est certain, ça n'a rien à voir et en plus, Pau a une mêlée très forte. Mais je ne voulais pas me parasiter avec ce genre de pensées. Je ne pensais qu'à une chose : être utile pour que mes piliers puissent gagner leurs duels, bien verrouiller, ne pas trop me relever pour talonner. Je me concentrais sur des détails techniques. lire aussi Calendrier et résultats du Top 14 Vous n'avez pas souffert plus que ça en mêlée ?
Je ne me suis pas amusé hein. Mais par exemple, j'ai été étonné d'une chose : après la mêlée, je me sentais plus léger que quand je pousse en pilier. J'avais les jambes moins engorgées. Autre découverte : le lancer en touche. Il y a eu un peu de déchet mais là encore, vous vous en êtes bien tiré. Comment aviez-vous travaillé ce geste pendant la semaine ?
Pendant le match, je cherchais encore comment bien tenir le ballon. Ce n'était pas la grande maîtrise (rire). Je ne vous cache pas qu'on avait décidé de beaucoup simplifier les annonces. De privilégier les sauts en première intention, de limiter les mouvements des blocs. Je n'ai pas balancé trop de pizzas, c'était pas trop mal non ? » lire aussi Classement du Top 14