Rugby - Top 14 - RCT - Masivesi Dakuwaqa (Toulon), l'histoire d'un repositionnement en troisième-ligne

L'Equipe.fr
·4 min de lecture

Ailier en début de saison, le Fidjien Masivesi Dakuwaqa a été repositionné troisième-ligne depuis deux rencontres. Tout sauf un hasard ou un pari pour le Toulonnais, qui a souvent évolué à ce poste plus jeune.

Quatorze divisé par deux ? Sept. Depuis deux matches, et deux titularisations contre Brive à domicile et à Agen, Masivesi Dakuwaqa ne possède plus que la moitié de son numéro d'ailier dans le dos. Ailier en début de saison, le Fidjien du RC Toulonnais évolue désormais en troisième-ligne. Le manager Patrice Collazo, jamais réticent à l'idée de surprendre son monde, comme lorsqu'il a titularisé Nonu à Agen après l'avoir annoncé hors groupe deux jours plus tôt, n'est pourtant pas du tout dans cette optique avec Dakuwaqa. L'idée a germé dans son esprit il y a maintenant plus d'un an.

« C'est quelque chose qu'on avait déjà anticipé la saison dernière, explique-t-il. J'avais eu pas mal de discussions avec lui là-dessus, car c'est un poste qu'il avait occupé plus jeune même s'il jouait à l'aile avec la Western Force quand on l'a recruté. À sept, avec sa sélection des Fidji (avec laquelle il a été champion olympique en 2016), il avait plutôt un rôle de troisième-ligne. Aujourd'hui, il n'est plus dans les mêmes dispositions physiques que lorsqu'il était à la Western Force ou à sept, il est plutôt vers les 120 kilos plutôt qu'à 107-108. Ce ne sont pas les mêmes contraintes. »

Au coeur du jeu, plus proche du trafic
En début de saison, en septembre, Dakuwaqa (26 ans) avait enchaîné quatre titularisations à l'aile, deux en Championnat et deux en Challenge européen. Ses prestations n'avaient pas été particulièrement mauvaises, mais il n'a pas brillé comme ont pu le faire Gabin Villière (face à Leicester ou Montpellier) ou Bryce Heem (contre Lyon et Bristol), deux autres ailiers toulonnais. « À l'aile, je le trouvais un peu cadenassé dans son couloir des cinq mètres même si on lui demandait de bouger, remarque Collazo. Il ne le faisait pas instinctivement. »

En troisième-ligne, plus près du « trafic », du coeur du jeu, Dakuwaqa, offre un meilleur rendement à son équipe. « Il a une qualité de franchisseur, il fait jouer debout, il va au contact au sol », note encore Collazo. « Je touche plus de ballons, je plaque plus, je pense que je fais davantage de boulot, d'autant plus que j'aime le jeu physique », confiait l'intéressé chez nos confrères de Var Matin après sa première titularisation à Mayol contre Brive, soldée par une victoire bonifiée (35-19).

Contre les Corréziens, Dakuwaqa avait impressionné par sa capacité à gagner toutes les collisions sur lesquelles il se trouvait. Il avait même obtenu deux pénalités pour des grattages licites, puis gagnés trois ballons face à Agen la semaine suivante. « Il est très impressionnant, car c'est un joueur qui gagne ses duels. Dans son registre, il fait mal. Il met des gros plaquages, il gratte des ballons, il est relativement complet en fait, avoue son partenaire de troisième ligne, Raphaël Lakafia. Quand il met les mains dans un ruck, c'est difficile de le sortir. » « C'est quelqu'un qui aime beaucoup le combat, le contact physique », reconnaît aussi Collazo.

Que ce soit la semaine à l'entraînement ou le week-end en match, le Fidjien apparaît bien plus libéré. « Il se régale, je le trouve plus épanoui aujourd'hui quand il s'entraîne avec les avants que quand il s'entraîne derrière. Derrière, il a beaucoup de contraintes, devant il a plus un rôle d'électron libre, observe Patrice Collazo. Il a pleinement pris la mesure du poste. On n'a fait que l'encadrer et j'ai beaucoup discuté avec lui. Tout est réuni pour qu'il prenne beaucoup de plaisir. »

Son profil offre également des solutions différentes à une équipe toulonnaise qui réalise un début de saison plus qu'intéressant (cinq victoires, deux défaites), et qui veut profiter de ce déplacement à Bayonne, ce samedi soir en match en retard de la 7e journée, pour avancer encore un peu plus au classement.

En alignant ce joueur hybride, le RCT peut mettre en place bien plus de combinaisons déstabilisantes pour l'adversaire. Dakuwaqa, comme peut également le faire Sergio Parisse dans un autre genre, grâce à une technique individuelle hors pair, fait la transition avants - trois-quarts sans problème. Un dispositif que Patrice Collazo a toujours apprécié utiliser, que ce soit à La Rochelle avec Levani Botia, ou plus récemment à Toulon avec des joueurs comme Josua Tuisova ou Mathieu Bastareaud. « Sa qualité principale est d'avoir une très grosse vitesse pour son poids, loue également Raphaël Lakafia. Il est un peu à part et unique dans son genre en France. À part peut-être Sekou Macalou (Stade Français), je ne vois personne comme lui. »

lire aussi
Le classement du Top 14