Rugby - Top 14 - La Rochelle - Bordeaux-Bègles, cinq mois plus tard

L'Equipe.fr

Le 19 novembre dernier, Bordeaux-Bègles dominait La Rochelle (26-0) et passait devant son adversaire au classement. Depuis, l'UBB a plongé à la 7e place pendant que les Maritimes sont devenus invincibles. Parcours croisés avant les retrouvailles, samedi à Deflandre (14h45). C'est tout simplement la dernière défaite de la Rochelle en Top 14. Un week-end de doublon, peu avant France-Australie, souvenez-vous, au milieu du mois de novembre. Malgré les absences (Poirot, Marais, Madaule, Goujon, Serin et Madigan), Bordeaaux-Bègles battait sans forcer des Rochelais également diminués. Un score sans appel (26-0) qui permettait à l'UBB de signer une sixième victoire sur ses sept derniers matches et de s'installer à la deuxième place du Top 14, juste devant les vaincus du soir. Bref, tout allait bien pour les deux clubs, annoncés pour jouer les trouble-fête dans le top 6. Alors que les deux équipes vont se retrouver samedi en ouverture de la 23e journée, leurs statuts ont bien changé. Les Rochelais sont devenus des leaders injouables et invincibles pendant que les Bordelais reculaient au classement, pour se retrouver septièmes aujourd'hui.Invincibles vs Incorrigibles Après la défaite à Chaban, La Rochelle a signé un nul contre le Racing 92 (23-23) puis enchaîné neuf victoires de rang en Top 14, avec notamment des succès à l'extérieur contre Toulon, Toulouse, le Racing 92 et Pau. Avec 19 points d'avance sur le troisième à quatre journées de la fin de la saison régulière, les Maritimes sont promis aux demi-finales à Marseille les 26 et 27 mai prochains. Ils ont aujourd'hui 26 unités d'avance sur l'UBB, alors que les deux équipes étaient à égalité après 12 journées. Il faut dire que les Girondins sont entrés dans un très gros trou d'air après le 26-0. Ils ont dû attendre le 11 mars et la venue de Grenoble (46-14) pour retrouver la victoire en Championnat. Entre leurs deux confrontations avec La Rochelle, les Bordelais ont perdu sept matches de Top 14, pour un nul et deux succès. La défaite à Jean-Bouin face au Stade Français le 5 mars dernier (9-32) les envoyait même à la 11e place, avec un fond de jeu d'une faiblesse très inquiétante. «On ne parle plus de qualification après ce match. C'est loin de nos esprits, lâchait d'ailleurs le manager Raphaël Ibanez. Après une première période aussi faible défensivement dans les duels, sur l'homme, ce qui est la base dans ce jeu, on a des choses à revoir. On a trop de défaillances collectives et on fait trop de fautes individuelles. Oui, je suis inquiet. Oui, je suis sous pression.»Collazo et Garbajosa plébiscités, Ibanez désavoué Une semaine plus tard, dans une journée où les regards étaient surtout braqués sur l'annonce de la fusion entre le Racing 92 et le Stade Français, le club annonçait le départ de l'ancien talonneur à la fin de la saison - alors qu'il était sous contrat jusqu'en 2019 - avec une référence à ce succès contre la Rochelle à l'automne: «Malgré une seconde place prometteuse au mois de novembre, les résultats suivants n'ont pas été à la hauteur de nos espérances.» Plus au Nord sur la Côte Atlantique, la doublette Collazo-Garbajosa a fait des merveilles sur le banc rochelais. Le premier a construit un pack de poids lourds rugueux et efficace, le second a lancé avec succès des flèches dans les trois-quarts. Le tout pour construire une équipe pénible à défier et redoutable ballon en mains.Vito ovationné, Madigan sifflé L'écart entre les deux équipes sur le long terme peut en partie s'expliquer par la réussite (ou non) des recrutements. Avec l'irréprochable Victor Vito, l'expérimenté Brock James et les espoirs Retière, Barry ou Rattez, les dirigeants rochelais ont réussi leurs paris pour grimper dans la hiérarchie du Top 14. On ne peut pas en dire autant de l'UBB, qui n'a pas su se renouveler après les départs (entre autres) de Clarkin et Adams. Ronflante sur le papier, l'arrivée du demi d'ouverture irlandais Ian Madigan s'est finalement avérée être un énorme flop. Le joueur est sorti sous les sifflets contre Toulouse le 25 mars et s'en ira à Bristol à la fin de la saison, en n'ayant rien apporté à l'UBB. Son futur-ex club va désormais se battre pour au moins rester septième et disputer des barrages pour se qualifier en Coupe d'Europe, tandis que la Rochelle peut viser le Stade de France le soir du 4 juin. Si on avait dit ça le 19 novembre dernier...

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