Rugby - Top 14 - Top 14: Le Racing 92 et ses délocalisations

L'Equipe.fr
Samedi après-midi (14h45), le Racing 92 accueillera Clermont au stade Pierre-Mauroy, à Lille. Une dernière délocalisation (normalement) avant la livraison de l'Arena à l'automne prochain. Quel bilan pour ces drôles de match "à domicile" ?

Samedi après-midi (14h45), le Racing 92 accueillera Clermont au stade Pierre-Mauroy, à Lille. Une dernière délocalisation (normalement) avant la livraison de l'Arena à l'automne prochain. Quel bilan pour ces drôles de match "à domicile" ? C'est passé inaperçu la semaine dernière au milieu des vagues d'information autour de la vraie-fausse fusion avec le Stade Français, mais le Racing 92 a aussi communiqué sur son match contre Clermont à Lille, prévu ce samedi à 14h45. La délocalisation à Pierre-Mauroy avait été annoncée dès le mois d'octobre mais devant le peu d'engouement populaire, des rumeurs annonçaient que le match serait finalement rapatrié à Colombes et ses 14 000 places. Le club a au contraire affirmé mardi dernier que le choc aurait bien lieu dans le Nord. Lundi, il a même annoncé que 30.000 places avaient déjà été vendues et qu'«un TGV bondé de supporters, d'abonnés et de partenaires, partira(it) (samedi) en fin de matinée de Paris». Cet épisode montre une nouvelle fois que, malgré une communication qui se veut rassurante, le club francilien a des péripéties autour de ses matches délocalisés, entre des affluences moyennes et/ou des résultats sportifs compliqués. L'an passé, plus de 40 000 personnes avaient rempli le Stade Pierre Mauroy (sur 50 000 places disponibles) mais le Racing 92 avait perdu contre une équipe bis de Toulon (20-21). Par le passé, au Havre, au Mans, à Nantes et à Lille, les Ciel et Blanc ont visé un nouveau public, peu habitué au rugby de haut niveau. Si les passionnés de rugby locaux, les supporters des deux équipes concernées et les curieux ont fait le déplacement, on reste loin de l'immense succès populaire. Entre 30.000 et 40 .000 personnes au Stade Pierre-Mauroy samedi contre Clermont, c'est plus que pour un match de Ligue 1 du Losc (hors grosses affiches contre le PSG ou l'OM par exemple), mais pour une rencontre vendue comme un évènement avec des places à prix accessibles (entre 10 et 60 euros), le résultat est mitigé. Pour le club, un intérêt économique mais un risque sportif En naviguant sur les forums de supporters fidèles du club, on y lit également une bonne partie d'entre eux fermement opposés à ces voyages imprévus. Mais le calcul pour le club est avant tout économique, avec des recettes billetterie et merchandising forcément en forte hausse dans ces stades plus grands. Sauf quand l'effet d'appel ne marche pas, comme cela a été le cas au Stade de France. À part pour la "réception" du Stade Toulousain en mars 2011 (72 000 spectateurs), le Racing n'y a jamais dépassé les 50.000 spectateurs, s'effondrant même à 25 000 pour un derby contre le Stade Français en mars 2013. La difficulté à drainer un public plus large est réelle et ces "fours" ont conduit la direction du club à ne plus y retourner depuis trois ans, préférant se concentrer sur des villes de province et des stades plus petits. Le Racing 92 n'a ainsi jamais réussi à rivaliser dans l'enceinte dyonisienne avec les salles combles du Stade Français de Max Guazzini dans les années 2000. Enfin, sur le plan sportif, le club francilien prend un risque en "accueillant" Clermont sur terrain neutre ou presque, dans un match où une défaite condamnerait quasiment le champion en titre dans la course au top 6. L'an passé, l'accroc contre un Toulon remanié s'était avéré sans conséquence mais cette saison, le contexte sportif (et extra-sportif) est bien plus lourd. En tout cas, on voit bien qu'historiquement, le taux de succès lors des délocalisations est moins important que lors des matches dans son enceinte habituelle: La question de la délocalisation ne se posera plus avec la livraison de l'Arena 92 cet automne. Mais trouver un public (beaucoup) plus large pour remplir une enceinte de plus de 30 000 personnes restera un sacré défi. La fusion avait aussi pour objectif d'attirer plus de Parisiens vers le rugby, signe que ce sujet est source d'inquiétude autour du Racing.

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