Rugby - Top 14 - Top 14 : comment La Rochelle est devenu le premier club qualifié en phase finale

L'Equipe.fr

Grâce à sa victoire à Pau (13-23) samedi dernier, le Stade Rochelais est dès la fin de la 22e journée le premier club du Top 14 qualifié en phase finale. Nous avons trouvé six raisons qui expliquent comment les Maritimes en sont arrivés là.Vito : un rôle vitalQui est la meilleure recrue rochelaise, cette saison ? Mohamed Boughanmi (Toulon), Arthur Retière (Racing 92), Brock James (Clermont), Alexi Balès (Agen), Steeve Barry (FFR) ou Vincent Rattez (Narbonne) ? Non, vous n'y êtes pas : c'est l'ancien troisième-ligne All Black et double champion du monde Victor Vito (30 ans, 33 sélections entre 2010 et 2015), en provenance des Hurricanes de Wellington. Pour sa première et courte apparition, le Stade Rochelais l'a emporté à Castres (3e J.). Depuis, La Rochelle n'en finit pas de gagner en sérénité, en efficacité, en fluidité. Charismatique et techniquement doué, Vito a immédiatement bonifié le jeu rochelais.Cinq monstres marins110 kilos, c'est léger pour postuler comme titulaire dans le pack rochelais. 120 kilos, c'est une moyenne. Mais surtout ils sont cinq à atteindre voire dépasser les 130 kilos : le deuxième-ligne Jone Qovu (135) et les piliers Mohamed Boughanmi, Vincent Pelo, David Feao et Uini Atonio (152). Difficiles à bouger, éreintants sur la ligne d'avantage, utilisés pour casser les défenses. A force de peser, le pack rochelais finit par épuiser l'adversaire en fin de match. Un secteur, la percussion axiale, où les Rochelais n'ont pas d'équivalent à l'heure actuelle dans le Championnat.Au rendez-vous de la mêléeLa mêlée, c'est l'expertise de l'entraîneur en chef du Stade Rochelais, Patrice Collazo. L'ancien pilier international aime prendre des joueurs mal dégrossis et les polir pour en faire des internationaux. La preuve, Uini Atonio, Vincent Pelo et Mohamed Boughanmi ont été convoqués à Marcoussis par Philippe Saint-André puis Guy Novès. Le Stade Rochelais, ainsi armé, a fait de la mêlée le premier rendez-vous du jeu. C'est culturel à Marcel-Deflandre depuis les années 60 et la patte d'Arnaud Elissalde. Collazo a amélioré le principe pour en faire une arme offensive. Aucun adversaire ne peut faire l'impasse sur ce combat collectif face aux Rochelais.La clé de solPourquoi pensez-vous que le duo Garbajosa-Collazo a titularisé le centre Levani Botia (1,82m, 103 kg) au poste de troisième-ligne aile ? Pour accélérer le jeu ? Non, pour placer son meilleur gratteur au plus près de l'action. Son rôle ? Mettre le premier la main sur le ballon dès qu'un adversaire est plaqué et tombe au sol. Avec Qovu et Atonio, La Rochelle dispose donc de trois avants capables de ralentir la progression adverse en arrachant le ballon dans les rucks. Voire récupérer des pénalités. Difficile pour l'adversaire d'enchaîner le mouvement sur des pick an go. Et s'il joue debout, Vito, Gourdon, Sazy et Eaton «coffrent» les ballons. Insoluble.Des flèches libéréesAlors que la mode est aux attaquants charpentés qui foncent droit pour créer des points de fixation, le staff rochelais a recruté des marqueurs virevoltants montés fins. C'est ainsi que Vincent Rattez (83 kg) et Steeve Barry (85 kg) sont venus rejoindre cette saison le toulousain Gabriel Lacroix (80 kg) au club depuis 2015, longtemps meilleur marqueur cette saison et qui le serait encore s'il n'était pas au repos après sa blessure «domestique» avec les Bleus à Paris en février. Entrainées par Xavier Garbojosa, les flèches rochelaises jouent libérées. Et ça marque...Excellent à l'exportDepuis une humiliante défaite contre Clermont le 22 août 2015 en ouverture de la saison dernière (6-44) sous les sifflets de son public, l'équipe rochelaise a fait de Marcel-Deflandre une zone protégée : une seule défaite (contre le Racing en mai 2016)... Cette saison, en tenant compte de trois résultats nuls (Clermont, Toulon, Racing), le club maritime est invaincu à domicile (huit victoires). Mais pour se qualifier en phase finale, il faut savoir s'exporter. Avec sept succès à l'extérieur (à Grenoble, Castres, Bayonne, Toulon, Toulouse, Racing et Pau), le Stade Rochelais affiche le meilleur total devant Montpellier (4). Grace à un jeu pragmatique et opportuniste, les Maritimes ont su saisir toutes leurs chances face à des équipes qui doutaient. C'est ce qui fait la différence avec ses performances passées, quand il lui manquait toujours un but ou une dernière passe complétée pour obtenir un succès.

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