Rugby - Top 14 - Top 14 : Que sont les derbies devenus ?

L'Equipe.fr

Dans le sillage du choc qui voit le Stade Français et le Racing 92 s'affronter dimanche (17h), le derby du Midi entre Castres et Toulouse (samedi, 14h45) laisse tout le monde indifférent.Si l'on s'en tient aux seules distances kilométriques, le derby parisien mérite bien une appellation contrôlée. En effet, dix kilomètres seulement séparent le stade Yves-du-Manoir à Colombes du stade Jean-Bouin, à Boulogne-Billancourt. Après l'épisode fusion avorté, cette proximité attise de nouveau la concurrence, motive les jalousies, relance la question de suprématie locale. C'est actuellement ce qui se passe en ProD2, avec par exemple Béziers-Narbonne et Dax - Mont-de-Marsan. C'est donc dans la deuixème division professionnelle que se multiplient les derbies. En attendant le prochain Bayonne-Biarritz...Avec le resserrement de l'élite, passée en trente ans de 80 à 14 clubs, forcément le nombre d'authentiques derbies a diminué. Même si deux clubs comme Clermont et Brive sont séparés de 180 kilomètres, l'affrontement entre Jaunards et Coujours reste néanmoins un must : il appartient, comme Stade Français-Racing, à cette catégorie de combats fratricides qui mettent du piment dans le Championnat mais se raréfient.Vouloir opposer Castres à Toulouse reste vainAu-delà de l'actuelle déconfiture des coéquipiers de Thierry Dusautoir qui laisse déçus et muets les supporters toulousain, pourquoi la rencontre entre Castres et Toulouse, samedi (14h45) ne suscite-t-elle pas l'engouement qu'on peut attendre du défi que se lancent deux clubs du Sud-Ouest distants de seulement 80 kilomètres ? Parce que justement Castres et Toulouse ne se lancent aucun défi. Ces deux clubs vivent chacun de leur côté une riche histoire sans chercher à se faire concurrence.Castres et Toulouse sont tellement différents et tellement éloignés, génétiquement, en étant si proches que rien ne se passe. Cité tenue par les laboratoires Fabre, Castres contraste avec son prestigieux voisin toulousain à l'origine du professionnalisme en France dans les années 80, mais ne cherche pas à lui ressembler. Aucune animosité et donc pas de polémique possible, comme il a pu en exister naguère avec Agen, ou plus récemment avec Montpellier. Vouloir opposer Castres à Toulouse reste vain.La Rochelle et l'UBB, deux clubs atlantiques en vase-closDe la même façon, Lyon-Grenoble est passé inaperçu même s'il s'agissait, le 21 janvier dernier, de l'inauguration du stade de Gerland désormais aux couleurs du LOU, match de gala dans le cadre du Challenge européen qui a déplacé 17 000 spectateurs. Bourgoin resté en ProD2, c'est Grenoble qui est devenu l'adversaire préféré des Lyonnais. Mais le faible niveau de médiatisation de ce match, même sur un événement tel que le passage du foot au rugby à Gerland, raconte à quel point il est difficile de faire naître une passion entre ces voisins-là.Cette saison, a été relancé le derby de l'Atlantique entre Bordeaux-Bègles et La Rochelle. Il faut effectuer 190 km pour aller d'un stade à l'autre, autant dire une année-lumière. A l'aller, les Girondins s'étaient largement imposés (26-0, 12e journée) et le match retour, à Marcel-Deflandre (16-5, 23e journée) n'a pas été précédé de battage. Comme si les deux clubs s'ignoraient et continuaient de vivre leur ascension - ou leurs difficultés - en vase clos.

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