Rugby - Tournoi - Bleus - A 31, c'est un casse-tête

L'Equipe.fr
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Pour éviter les entrées et sorties de la bulle sanitaire, le staff de l'équipe de France va réduire son groupe à 31 joueurs pour l'intégralité du Tournoi. Fabien Galthié va devoir revoir ses plans. Retour à la case départ. Alors que le staff de l'équipe de France avait obtenu de préparer l'intégralité du Tournoi des VI Nations à 37 joueurs (plus 5 partenaires d'entraînement) et ainsi s'entraîner à haute intensité avec un groupe de 42 éléments comme le souhaite Fabien Galthié depuis sa prise de fonction il y a un an, la crise sanitaire chamboule à nouveau tous les plans. Suite à une réunion organisée en urgence ce jeudi à la demande de la Fédération, en présence notamment de Serge Simon et Laurent Gabbanini (FFR), Emmanuel Eschalier et Alain Tingaud (LNR), Didier Lacroix (président de Toulouse), ainsi que des managers Franck Azéma (Clermont), Ugo Mola (Toulouse) et Laurent Travers (Racing 92), un accord de principe a été trouvé sur la base d'une réduction du groupe France à 31 joueurs. La faute à la pandémie de coronavirus, qui se renforce en France et oblige la Fédération à consolider la bulle sanitaire mise en place autour des Bleus. L'idée est de bannir les aller-retours en clubs, comme c'était prévu chaque semaine pour 9 des sélectionnés et les 5 partenaires d'entraînement, car ces sorties de la bulle présentent des risques de contamination qui pourraient s'étendre à tout le groupe au retour des joueurs libérés, malgré les tests Covid-19 prévus. Alors que le gouvernement français n'a toujours pas tranché sur la question des dérogations accordées aux sportifs professionnels pour les modalités de passage des frontières, ce qui menace la tenue du Tournoi, la FFR veut mettre toutes les chances de son côté pour que la compétition ait lieu et aille à son terme. Les clubs, qui vont « perdre » la possibilité de récupérer trois sélectionnés chaque week-end, ont accepté le principe. Il reste cependant encore quelques modalités à valider, notamment sur les deux semaines sans Tournoi et sur l'aspect financier, les fournisseurs des internationaux demandant une compensation. Une nouvelle réunion est programmée dans ce sens dès vendredi afin de valider un accord définitif d'ici samedi soir. Fabien Galthié et son staff vont donc une fois de plus devoir s'adapter. Car contrairement à cet automne où le groupe des 31 avait été complété par l'apport de partenaires d'entraînement comme Lucas Pointud (libéré par Pau) ou de membres de l'équipe de France à 7, cette fois, il faudra sans doute faire sans, bulle sanitaire oblige. Et donc renoncer aux séances à haute intensité, qui ont permis aux Bleus de passer un cap en 2020. Interrogé sur le sujet en conférence de presse, Laurent Labit, entraîneur de l'attaque, s'est montré très pragmatique. « Notre volonté est d'être exemplaires vis-à-vis du contexte sanitaire C'est une problématique par rapport à la façon dont nous avions choisi de travailler et de préparer ce Tournoi, ça va imposer des modifications. Mais l'important est de surtout minimiser les risques afin de protéger les joueurs. » Le staff des Bleus craint une régression en raison de ces conditions particulières et un retard sur la feuille de route du groupe France en vue de la Coupe du monde 2023, l'objectif affiché ? « On est obligé de s'adapter, coupe Laurent Labit. Mais nos adversaires sont un peu dans la même situation. » Du côté des joueurs, on prend la situation avec du recul. « On n'a pas le choix, souffle Gaël Fickou. Il y a des contraintes sanitaires stricts, mais on a déjà la chance d'être là. On s'entend bien, on ne se plaint pas. » Ce retour à la case 31 va aussi obliger le staff des Bleus à réfléchir à la composition de son groupe. Avec la bulle et la difficulté (voir l'impossibilité dans certaines situations) d'y faire entrer des joueurs, il faudra anticiper pour avoir des possibilités de rechange aux postes où, dans une liste de 31, il est de coutume de ne convoquer que 2 éléments. S'assurer ainsi d'avoir un troisième pilier capable de jouer à gauche, et un troisième trois-quart susceptible d'évoluer à l'ouverture et à l'arrière. Un casse-tête dont Fabien Galthié, qui doit déjà faire face à plusieurs forfaits (Ntamack, Vakatawa, Bamba, Gros et peut-être Alldritt) se serait bien passé. La question est aussi maintenant de savoir si malgré ces nouvelles contraintes, les Bleus vont pouvoir poursuivre leur marche en avant. A écouter Thibault Giroud, le directeur de la performance, ce n'est pas si évident. « Nous avons récupéré les joueurs dans un situation plus compliquée que lors du Tournoi de l'an dernier, pose-t-il. En raison de la crise sanitaire, plusieurs matches ont été remis, des joueurs ont été confinés, il y a une disparité de niveau importante. Les états de forme des joueurs sont très différents. L'avantage de se réunir à quinze jours du premier match nous permet de faire un état des lieux et de retrouver une certaine homogénéité par rapport à nos objectifs. Nous sommes dans l'adaptation. D'ailleurs en charge de travail, notre première semaine est différente de celle de l'an dernier à la même époque. Nous avons fait évoluer notre système, nos volumes et nos distances ont été modifiés également. » Avec 31 joueurs, le staff des Bleus n'aura pas d'autre choix que de continuer à s'adapter et à faire différemment de l'an dernier. lire aussi Et revoilà le Top 16 !