Rugby - Tournoi - Bleus - Gaël Fickou, l'aile et la cuisse

L'Equipe.fr
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Déplacé à l'aile mais toujours aussi percutant et décisif, Gaël Fickou a été l'un des grands artisans de la victoire de l'équipe de France face à l'Irlande samedi (35-27). Plusieurs supporters anglais - et peut-être même certains internationaux du XV de la Rose - qui attendaient l'issue du match entre la France et l'Irlande, ont dû lever quelques pintes de bière à la gloire de Gaël Fickou. L'ailier tricolore n'a pas battu à lui seul le XV du Trèfle et offert la victoire finale dans le Tournoi à l'Angleterre, mais il a été un déclencheur. Dès la septième minute de jeu. Tout part d'un ballon sauvé en touche par Vincent Rattez sur l'aile droite. Le ballon arrive rapidement sur l'autre aile où Gaël Fickou se retrouve face au pilier Andrew Porter sur la ligne des cinquante mètres. Un cadrage débordement et l'ailier s'échappe le long de la ligne. On ne le reverra plus. Seul Antoine Dupont a suivi pour conclure. Du Fickou percutant, tranchant, décisif. lire aussi Le classement final Fickou valide le choix du staff Que ce soit au centre comme la semaine passée face au Pays de Galles (succès 38-21) où il avait pesé, ou à l'aile comme face à l'Irlande, le joueur du Stade Français a justifié son statut d'international le plus capé du groupe France (57 sélections). Il a surtout validé le choix du staff des Bleus de le déplacer à l'aile en l'absence de Teddy Thomas blessé. « La notion d'expérience collective est essentielle au niveau international », avait justifié le sélectionneur Fabien Galthié pour expliquer la titularisation de Gaël Fickou plutôt que de lancer le néophyte Arthur Retière. Une décision identique avait été prise pour le déplacement au pays de Galles l'hiver dernier en raison du forfait de dernière minute de Damian Penaud, pour le résultat que l'on sait (victoire 27-23). lire aussi Les notes de France-Irlande « Si je dois jouer à l'aile, j'irai sans soucis » avait déclaré Gaël Fickou en début de semaine, avant l'annonce de la composition d'équipe. En bon soldat et amoureux du maillot tricolore, le natif de la Seyne-sur-Mer n'est pas du genre à aller râler auprès de ses entraîneurs. Il respecte leurs choix, même s'il a déjà clairement affiché une préférence pour le poste de trois-quart centre et qu'il a sans doute déjà été trop souvent trimballé d'un poste à l'autre sous les différents mandats précédents. Il a toujours joué juste Souvent adepte des exploits personnels où on le voit traverser le terrain, Gaël Fickou aurait pu encore s'illustrer au Stade de France. Au retour des vestiaires, suite à une magnifique réception de Bouthier et une percée de Ntamack, l'ailier français enchaîne par un sublime petit coup de pied par-dessus Jonathan Sexton. Le demi d'ouverture irlandais, battu, stoppe Fickou illégalement avec un coup d'épaule. Mais l'action se poursuit et Antoine Dupont, encore lui, a parfaitement suivi le mouvement. Une passe à Ntamack et le tour est joué, les Bleus prennent le large (22-13, 44e). lire aussi Un essai « à la française » né du désordre Si finalement, Fickou n'a pas été si sollicité dans les airs par les coups de pompe de Murray et Sexton, il a surtout joué juste chacun de ses ballons. Ses statistiques en attestent. La copie est plus que propre. Avec six courses et 47 mètres gagnés ballon en main, seul Dupont à fait mieux (9 courses, 63 mètres gagnés). Mais à chaque fois, il a fait mouche avec trois franchissements et trois défenseurs battus. À noter également deux passes après contact pour la continuité du jeu. En défense, rien à signaler avec six plaquages (aucun manqué). Au regard de ses prestations abouties à l'aile et de l'éclosion d'Arthur Vincent au centre, la question est de savoir si l'avenir de Gaël Fickou ne pourrait pas se prolonger au poste d'ailier ? Au regard du potentiel à l'infirmerie (Damian Penaud et Teddy Thomas), on imagine que non. Une chose est sûre, contrairement aux mandants des Saint-André, Novès ou Brunel, Gaël Fickou est parti pour durer jusqu'à la Coupe du monde 2023 et rester l'international le plus capé en activité. lire aussi Tournoi : Permis de rêver pour les Bleus