Rugby - Tournoi - Bleus - Pourquoi Shaun Edwards n'a pas pu s'occuper de la défense des Bleus avant le match contre Galles

L'Equipe.fr
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Éprouvé par le décès de sa mère, Shaun Edwards, l'entraîneur de la défense du quinze de France n'a pu revenir à Marcoussis que la veille du match, sans avoir le droit d'aller dans le vestiaire du Stade de France samedi. On se demandait samedi soir pourquoi Shaun Edwards ne célébrait pas plus que cela la victoire au finish du quinze de France à la 82e minute contre le pays de Galles (32-30). Quand tout le staff se sautait dans les bras, s'enlaçait en criant, l'entraîneur anglais de la défense restait particulièrement sobre, se contentant d'échanger deux ou trois « checks » poing fermé avec ses collègues. Un perfectionniste comme lui devait déjà ruminer les fragilités du système défensif français observées pendant la première heure et avaler de travers le record de points encaissés par l'équipe de France depuis son arrivée à ce poste, imaginait-on. Peut-être avions-nous tout faux. Hier, Edwards a confié à la BBC galloise que le décès de sa mère Phyllis, au lendemain de la défaite française à Twickenham (23-20), l'avait profondément éprouvé. Shaun Edwards « Avec moi elle (sa mère) était aussi bien d'un grand soutien que très critique. C'était une dame de Wigan qui connaissait le rugby et ses personnages » « On a mis une voiture à ma disposition avant que toute l'équipe reparte vers la France et j'ai fait la route de l'aéroport d'Heathrow jusqu'à Wigan pour consoler mon père qui donnait des signes de démence. J'ai vécu à partir de ce jour, une semaine affreuse. Les funérailles n'ont pas encore eu lieu mais moi, j'ai perdu à la fois ma mère et ma meilleure amie. » C'est elle, quand son fiston dominait le rugby à treize avec Wigan, au milieu des années 90, qui lui avait conseillé de s'ouvrir au rugby à quinze. « Avec moi, elle était aussi bien d'un grand soutien que très critique. C'était une dame de Wigan qui connaissait le rugby et ses personnages. Une fois, répondant à une interview, j'avais dit que la personne qui me faisait le plus peur, c'était ma mère. Je disais vrai. Elle ne mesurait qu'un mètre cinquante mais elle avait une sacrée présence. » Shaun Edwards n'est revenu en France que vendredi, la veille du match Shaun Edwards n'est revenu en France que « vendredi (veille du match contre Galles), en n'ayant pas dormi les deux jours d'avant. Je ne pouvais pas penser au match, j'avais l'esprit trop occupé par l'état de mon père. Il a besoin d'aide, heureusement que nous avons là-bas des amis pour être avec lui. Je n'étais pas vraiment avec l'équipe pour la préparation de ce match. J'étais épuisé physiquement. À cause du Covid, je n'étais pas autorisé à aller dans le vestiaire ou dans le bus de l'équipe. lire aussi Calendrier et résultats C'était très frustrant parce qu'à la mi-temps j'aurais voulu dire deux ou trois choses pour qu'on améliore notre défense. C'est Fabien (Galthié) qui s'est chargé de la défense cette semaine-là. Donc c'était peut-être mieux que ce soit lui qui s'en occupe à la mi-temps. Il y a toujours des obstacles sur la route d'une victoire dans le Tournoi. Récemment, Raphaël Ibañez a perdu sa grand-mère. Et puis on a traversé cette histoire avec l'épidémie de Covid dans le groupe. Si on remporte le Tournoi, ce sera une grande récompense. Et si c'est le pays de Galles, ce sera bien pour les gens de là-bas parce que leur équipe a réalisé quelque chose de spécial. » lire aussi Toute l'actu du Tournoi