Rugby - Tournoi - Tournoi : Cinq choses à savoir sur le Grand Chelem 1977

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Vendredi 17 mars, douze des quinze vainqueurs du Tournoi des 5 Nations sont reçus à L'Equipe pour fêter les quarante ans de leur Grand Chelem. L'occasion de siouligner cet exploit au travers de cinq anecdotes inédites ou à redécouvrir.Guy Novès aurait dû disputer France-GallesLe 26 janvier 177, cet ancien athlète apprend sa sélection en équipe de France - la première - en écoutant la radio. Il n'a pas encore 22 ans. Mais le jeudi 3 février, à deux jours de France-Galles, au bord des larmes, il déclare forfait, cheville douloureuse. Guy Novès sera remplacé par le Voultain Jean-Luc Averous. «Novès est jeune. Son temps viendra» lâche l'homme de terrain des Tricolores, Jean Desclaux. Le Toulousain devra attendre neuf mois avant de retrouver de nouveau la feuille de match du XV de France.Les titulaires rassemblés au champagneLe rendez-vous officiel du groupe France est fixé le jeudi à 18h30 au siège de la FFR, Cité d'Antin à Paris. Mais les titulaires se retrouvent dès midi au restaurant «L'Enclos de Ninon» proche de la place de la Bastille. Champagne à l'apéritif, huitres et onglet, fromages et desserts, vin à volonté. Au milieu des rires, on parle politique, construction, affaires et aussi jeu, Fouroux s'assurant que tout le monde est sur la même longueur d'onde. «On ne gagne pas un match avec des mots, souligne le capitaine tricolore. Mais il y a une ambiance à créer.» Dans ce domaine, personne ne l'a égalé.Jacques Fouroux, sélectionneur dans l'âmeAprès France-Ecosse, alors que quelques joueurs sont sur la sellette, Jacques Fouroux prend la parole lors du banquet organisé au Grand Hôtel de l'Opéra et, s'adressant au président de la FFR, Albert Ferrasse, ainsi qu'aux sélectionneurs, lâche : «Ne changez rien à la composition de l'équipe qui vient de battre l'Ecosse et je vous promets qu'on fera le Grand Chelem.» Surpris et mis devant le fait accompli, les dirigeants français s'inclinent. Deux semaines plus tard, à Dublin, le bretteur gersois gagnera son pari.Paco malgré une crise d'appendiciteAdmis d'urgence le samedi 12 mars à l'hôpital de Béziers pour une crise d'appendicite, Alain Paco est soigné par le docteur Remedi, président du comité du Languedoc et de la commission médicale de la FFR. Le talonneur biterrois ne peut plus s'alimenter. Pendant quarante-huit heures, le médecin lui applique de la glace et le traite aux antibiotiques. Trois jours plus tard, Alain Paco quitte sa chambre et rejoint Dublin pour disputer la quatrième levée du Tournoi. «Tout autre que lui aurait dû être opéré», reconnait le docteur Remedi. Le talonneur du XV de France sera au relais de Bastiat qui inscrit l'essai de la victoire et du sacre. Trois mois plus tard, Paco est opéré d'urgence à Béziers. «Ce jour-là, j'ai failli mourir», avoue-t-il.Du Verdi dans le vestiaire de DublinA Lansdowne Road dans les années 70, parce qu'ils refusent de jouer «God save the Queen» considéré par les joueurs catholiques d'Irlande du Nord comme le symbole de l'envahisseur, les Irlandais n'interprètent aucun hymne en l'honneur de la nation visiteuse. Pour remplacer La Marseillaise, chant de ralliement des Tricolores en cercle au milieu du terrain, le manager Jean Desclaux a placé un magnétophone dans son sac de sport. Quelques minutes avant l'entrée sur le terrain, dans l'intimité du vestiaire, il fait alors écouter à ses joueurs le chœur des esclaves («Va, pensiero»), extrait de l'opéra Nabucco, de Verdi. «Il a profondément retenti en nous», avouera le troisième-ligne Jean-Pierre Bastiat.

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