Rugby - Tournoi - Tournoi des Six Nations : en 2001, trois matches avaient été reportés à l'automne

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Le Comité des Six Nations a annoncé lundi le report du match entre la France et l'Irlande. En 2001, trois matches du Tournoi avaient également été reportés, le Royaume-Uni étant touché par une épizootie de fièvre aphteuse. Les rencontres s'étaient finalement jouées à l'automne suivant. Quand connaîtra-t-on le vainqueur du Tournoi, édition 2020 ? Lundi, le Comité des Six Nations a officialisé le report du match France-Irlande, initialement prévu samedi, sans pour le moment fixer de date. Les rencontres Irlande-Italie et Italie-Angleterre, comptant pour la quatrième et cinquième journée de la compétition, avaient, elles, déjà été reportées.

En 2001, le Tournoi, qui se déroulait pour la deuxième fois à six équipes, avait déjà été perturbé par une épidémie. Il s'agissait de la fièvre aphteuse, qui sévissait au Royaume-Uni. Elle touchait les animaux et semait la panique chez les éleveurs de porcs et de moutons. Elle n'était pas mortelle pour l'homme, mais le virus pouvait en revanche être véhiculé par l'être humain via ses vêtements ou ses moyens de locomotion. Le déplacement de milliers de supporters inquiétait alors les autorités. Le 28 février 2001, à quatre jours du match pays de Galles-Irlande, la rencontre est donc repoussée. Les reports Irlande-Angleterre et Écosse-Irlande seront annoncés dix jours plus tard. La Fédération irlandaise de rugby suit à la lettre les recommandations du Ministre de l'agriculture du pays, qui a installé un véritable cordon sanitaire autour de l'Irlande. Un report le 29 avril, le 5 ou le 12 mai sont d'abord évoqués, mais les demi-finales et finale du Championnat d'Angleterre sont déjà prévues les deux premiers week-ends de mai. Septembre et octobre seront finalement choisis. Côté français, les autorités se sont interrogées sur la réception des Gallois, prévue le 17 mars 2001, d'autant plus qu'un premier foyer de fièvre aphteuse est confirmé en France, en Mayenne, à trois jours du match. Mais Jean Glavany, ministre de l'Agriculture de l'époque, rassure : « Je partage parfaitement les préoccupations des supporters et des téléspectateurs et je n'imaginais de les en priver que pour des raisons majeures ! [...] Nous envisageons de mettre en place des mesures particulières vis-à-vis des supporters gallois, par exemple de passer dans des pédiluves au moment de leur entrée en France. Je pense que nos amis gallois comprendront parfaitement ce type de mesures, qui ne mettent pas en cause l'équité sportive. » Mais ni les supporters, ni les joueurs eux-mêmes ne verront ces pédiluves. « On nous a prévenus que nous allions passer dans des sortes de bains pour nous désinfecter, racontait le sélectionneur du pays de Galles, Graham Henry, mais nous n'avons rien vu. » Cet avant-match un peu particulier n'empêchera pas le XV du poireau de s'imposer 43-35 au Stade de France. Jean Glavany, ministre de l'Agriculture de 1998 à 2002 Nous envisageons de mettre en place des mesures particulières vis-à-vis des supporters gallois, par exemple de passer dans des pédiluves au moment de leur entrée en France. Écosse-Irlande, initialement prévu début avril, sera le premier match reprogrammé, le 22 septembre. L'Irlande de Warren Gatland est surpris par l'Écosse (32-10) et voit ses rêves de Grand Chelem s'envoler. « Pour nous, le Tournoi 2001 était déjà raté et il appartenait au passé. On a simplement préparé ce match contre l'Irlande comme le tremplin idéal pour lancer notre saison », expliquera Ian McGeechan, l'entraîneur du quinze d'Écosse à l'issue de la rencontre. Les Irlandais se reprendront trois semaines plus tard face aux Gallois (36-6) et priveront ensuite les Anglais du Grand Chelem (victoire 20-14). Ces matches reprogrammés à l'automne ont malgré tout reçus quelques critiques outre-Manche. D'abord parce que certains joueurs n'ont repris la compétition que tardivement pour cause de tournée estivale des Lions en Australie, et cela s'est ressenti sur le niveau de jeu. Et puis parce que les reports des rencontres n'ont pas empêché des centaines de supporters, notamment anglais, de faire comme prévu le déplacement à Dublin le 24 mars. « Il n'y avait aucune logique sportive à déplacer ces rencontres, surtout que l'épizootie de fièvre aphteuse n'a pas empêché les supporters de voyager la saison passée, alors que c'est justement pour éviter le flux entre l'Irlande et la Grande-Bretagne que l'on avait reporté les trois matches des Irlandais contre l'Écosse, le Pays de Galles et l'Angleterre », racontait dans les colonnes de L'Équipe Mick Cleary, journaliste au Daily Telegraph. Pas de date pour France-Irlande mais Galles-Ecosse maintenu

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