Rugby - CE - UBB - « On s'était un peu crachés au visage », avoue Jefferson Poirot après la victoire de l'UBB en huitièmes

L'Equipe.fr
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Jefferson Poirot, le capitaine de Bordeaux-Bègles, vainqueur de Bristol en huitièmes de finale de Champions Cup (36-17), insistait sur le fait que l'UBB avait puisé ses ressources dans la vexation subie face à La Rochelle huit jours plus tôt. « Que ressentez-vous après ce premier quart de finale européen promis au club ?
J'ai un sentiment de fierté pour ce club. Mais c'est une étape. On essaie aussi surtout de ne pas s'emballer et de penser au match d'après. Y-a-t-il eu un moment clé ?
Au contraire de la semaine dernière (défaite à domicile contre La Rochelle, 11-26), où on avait pris 2 essais dans les 10 premières minutes de la 2e mi-temps (41e et 49e), qui nous ont fait basculer du mauvais côté, je pense qu'aujourd'hui (dimanche), c'est la décision de prendre la mêlée dans les 10 premières minutes de la 2e mi-temps et qui fait qu'on passe à +8 (22-14). Et là, derrière c'est un autre match. On avait couru après Bristol pour leur passer devant juste avant la mi-temps, mais ensuite, on a fait le break. lire aussi Bordeaux-Bègles élimine Bristol et recevra le Racing 92 en quarts Avez-vous disputé le match que vous étiez promis de réaliser ?
Oui. On s'était promis de faire un match valeureux où on devait montrer beaucoup de coeur. On l'a fait, même si, tout n'a pas été parfait car on a été indisciplinés. Mais, tant pis ! Au final, quand on essaie d'être disciplinés, d'être de bons élèves, ça ne marche pas ! Je préfère qu'on soit des fois un peu à la limite, des mauvais garçons mais au moins qu'on gagne. Avez-vous senti qu'après un premier quart d'heure timide, vous preniez l'ascendant ?
Oui, surtout sur la fin de 1re mi-temps, où on voit que Bristol est dans le dur dès qu'on tient le ballon et qu'on arrive à enchainer les séquences. Jusqu'à cette dernière pénalité de la 1re mi-temps qui nous permet de passer devant (15-14). On sait surtout qu'on doit élever notre niveau sur les 10 dernières minutes de la 2e période, ce que l'on a fait. « On a montré qu'on était capables de s'accrocher. » L'idée c'était de les dérègler par votre agressivité ?
On voulait être dans le combat, montrer notre vrai visage et mettre du rythme. Il faisait assez chaud, ils avaient un pack lourd, une 3eme ligne lourde et on se sentait capables d'imprimer un bon rythme par moments. Au niveau de la stratégie, il y a eu une bonne occupation de terrain aussi ?
Il y a eu une occupation de terrain oui. On a un peu gagné le jeu de l'occupation. Je suis assez fier de la défense qu'on a montrée, on a été acculé pendant 10 minutes sur notre ligne, jusqu'à cet essai refusé en bout de ligne (Purdy, 54e), où Romain Buros fait perdre le ballon à leur ailier. On a montré qu'on était capables de s'accrocher. Mais encore une fois, c'est la semaine prochaine que ça va compter. « Si on se rassure aujourd'hui, qu'on est dans la réaction mais que demain, on est à la rue dans l'engagement, c'est qu'on se trompe » Ce sera un quart franco-français. Est-ce différent dans l'approche du match ?
Je ne pense pas. Le Racing est armé pour ce genre de match, c'est une équipe totalement différente en Coupe d'Europe qu'en Championnat, ce sont les finalistes sortants. C'est une équipe qui fait figure de favori dans cette compétition. Il faut le prendre avec beaucoup de plaisir et montrer qu'on est là. Vous aurez une revanche à prendre ?
Sur nous-mêmes oui. Avec le match qu'on a fait la semaine dernière (contre La Rochelle), en interne, ça nous a fait très très mal. Beaucoup de mecs se sont remis en question. Et ça va rester longtemps... Ce match de la Rochelle, on va en parler chaque semaine, jusqu'à la fin de saison. Et on va se rappeler qu'on a pris une sacrée pilule ici contre eux. lire aussi Le programme des quarts de finale de Coupe d'Europe Vous êtes rassuré par la capacité de l'équipe à réagir dans les grandes occasions ?
Si on se rassure aujourd'hui, qu'on est dans la réaction mais que demain, on est à la rue dans l'engagement, c'est qu'on se trompe ! Parce que contre La Rochelle, on s'est juste pas respectés entre nous, on a montré un visage, on a touché des limites qu'on n'aurait pas dû toucher. Ça sera mis sur la table chaque semaine jusque la fin de saison. Battre le leader du Championnat d'Angleterre qui compte 12 points d'avance sur son dauphin, c'est une grosse performance. Vous la mesurez ?
Je savais qu'ils étaient leaders mais pas qu'ils avaient 12 points d'avance, franchement ! Ce match, on l'a mis dans une bulle. On s'est dit : "Homme pour homme qu'est-ce qu'on a à leur envier ?". Donc je suis assez content de ça et qu'on ne se soit pas dit : "Bristol, ils sont premiers avec 12 points d'avance." « On est avec les grands, on est à leur table, on reçoit et il faut jouer le coup à fond et se régaler dans cette compétition » C'est un match qui doit vous servir pour l'avenir ?
Oui. Mais comme celui de la semaine dernière ! Je vais encore le rabâcher (sourires). Ca doit nous propulser, nous montrer qu'on est capables de faire des choses. Donc, je suis assez content de la décision de prendre la mêlée en début de 2eme mi-temps, là où on aurait peut être pris 3 points en Championnat. Là, on est récompensés par l'essai de Matthieu (Jalibert). Quel a été votre discours d'avant-match ?
En premier lieu c'est que contre La Rochelle, on s'était crachés au visage, pas respecté. C'était basé là-dessus. Le maître-mot, c'était : "Soyez-bons dans ce que vous savez faire, élevez le niveau sur vos points forts." Vous dîtes que ce n'est qu'une étape. Ca signifie que l'Union va jouer la suite sans complexes, pour aller au bout ?
Franchement il faut le prendre comme ça. On est dans les 8 dernières équipes, sans pression. On est avec les grands, on est à leur table, on reçoit et il faut jouer le coup à fond et se régaler dans cette compétition. »