Rugby - WR - élections - World Rugby : Agustin Pichot s'estime trahi, le président de Rugby Afrique s'explique

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L'Argentin Agustin Pichot, battu le mois dernier lors des élections à la présidence de World Rugby, accuse le président de Rugby Afrique Khaled Babbou de trahison. Ce dernier, tout en rappelant que la confédération africaine n'a pas les moyens de peser sur une élection, préfère éviter la polémique. Battu le 2 mai dernier par l'Anglais Bill Beaumont lors des élections à la présidence de World Rugby (28 voix contre 23), l'Argentin Agustin Pichot, 45 ans, vice-président de l'institution ces quatre dernières années, a déclaré jeudi à la TNT, la télévision argentine, avoir été trahi « lors des derniers jours » précédant le vote. Il a nommément attaqué le président de Rugby Afrique, le Tunisien Khaled Babbou, accusant ce dernier, censé être un de ses alliés, d'avoir fait volte-face, ajoutant : « J'espère qu'il n'y a pas eu de corruption. » Pichot sort du jeu « Lors de la dernière semaine (le vote par voie électronique était ouvert du 26 au 30 avril dernier et contrôlé par le cabinet suisse PwC), un type de notre groupe a disparu, a lâché l'ancien capitaine des Pumas, qui a décidé de quitter toute fonction officielle dans le rugby. Il s'appelle Khaled Babbou et on est toujours à sa recherche... Il est venu chez moi, on a voyagé ensemble aux États-Unis, en Europe. C'était un des plus combatifs, on allait faire la révolution française ensemble et il a disparu.... Un samedi matin, j'ai reçu un coup de fil d'un autre représentant africain : "As-tu parlé à Khaled Babbou ces dernières 48 heures ? J'ai une drôle d'impression." Je l'ai appelé, il m'a dit qu'il me rappelait dans une minute. Il m'a dit de me calmer. Depuis, je n'ai plus de nouvelles. » Khaled Babbou, président de Rugby Afrique « Je remarque qu'il y a souvent des problèmes lors des élections dans le rugby et qu'on tape souvent sur le plus faible, c'est-à-dire l'Afrique » Joint ce samedi par téléphone, en Tunisie, Khaled Babbou a assuré ne pas vouloir attiser la polémique mais il a tenu à rappeler que la confédération africaine, qui ne détient que deux des 51 voix ayant servi à élire le président de World Rugby, n'avait pas les moyens de faire basculer un vote. « Je respecte beaucoup Agustin et il doit être un peu déçu d'avoir perdu, je le comprends, j'ai essayé de me battre pour ses idées, j'ai beaucoup travaillé avec lui au changement, c'est vrai. Mais je tiens à rappeler que Rugby Afrique n'a pas communiqué sur la teneur de son vote. Nous avons choisi de manière démocratique, à bulletin secret, et je ne décide pas tout seul puisque nous sommes un comité exécutif de onze personnes. Ce vote a eu lieu trois ou quatre jours avant la date de clôture du scrutin. Je remarque qu'il y a souvent des problèmes lors des élections dans le rugby et qu'on tape souvent sur le plus faible, c'est-à-dire l'Afrique. Il y a quelque chose de malsain derrière tout ça, l'idée qu'on est facilement corruptible peut-être... » Lors de l'attribution de la Coupe du monde 2023 à la France, en novembre 2017, la confédération africaine avait également été pointée du doigt pour avoir supposément choisi la France plutôt que l'Afrique du Sud. Une chose est sûre, les deux voix détenues par Rugby Afrique n'auraient effectivement pas suffi à Pichot pour remporter une élection « où les dix nations majeures concentrent 30 voix », explique Khaled Babbou. Ce dernier vient d'intégrer le Comité exécutif de World Rugby où il espère influencer suffisamment pour un changement du système de gouvernance. « Si on élargit la représentativité à toutes les fédérations membres, j'espère que cela engendrera moins d'amertume après chaque élection. »

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