Sacre de l’OM en Ligue des champions : 30 ans plus tard, l’émotion est toujours forte chez ces Marseillais

30 ans après le sacre de l’OM, ces supporters marseillais évoquent des souvenirs encore forts.
30 ans après le sacre de l’OM, ces supporters marseillais évoquent des souvenirs encore forts.

FOOTBALL - « Ça représente l’un des quatre ou cinq meilleurs moments de ma vie. C’est absolument bête… Mais c’est comme ça. » Ce moment dont parle Alexandre, supporter de l’Olympique de Marseille depuis les années 80, c’est la victoire de son club de cœur en finale de la Ligue des champions face à l’AC Milan (1-0), le 26 mai 1993, il y a 30 ans. La première… et la seule pour un club français. Plusieurs supporters de l’OM se sont replongés dans leurs souvenirs pour Le HuffPost.

« C’était le match qu’on ne pensait jamais gagner. On marque ce but improbable, l’espoir monte petit à petit. Il y a un gros sentiment d’attente, d’étouffement puis de libération absolue », décrit Alexandre, toujours ému trente ans après. C’était pour lui un « sentiment de plénitude absolue » qui dure encore aujourd’hui.

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Pour Benjamin, qui a grandi à cinq minutes du stade Vélodrome, le 26 mai 1993 est la date fondatrice du mythe autour de l’Olympique de Marseille et du fameux slogan : « À jamais les premiers. » Âgé de neuf ans à l’époque, il se souvient pourtant de ces moments avec beaucoup de précision : « On était chez moi, en famille. J’ai hurlé et sauté dans tous les sens après la tête de Basile Boli [défenseur marseillais et unique buteur du match, ndlr]. Le lendemain, avec mon meilleur ami, on est allé à l’école avec la tenue complète de l’OM. »

Souvenirs d’un titre

Pour Romain, aujourd’hui journaliste au HuffPost, les souvenirs sont un peu plus flous. En 1993, il a cinq ans. « Je me rappelle des ballons de baudruche bleus en blanc partout, des fanions, des banderoles, des scooters dans les rues… Au moment du but, j’ai couru à ma fenêtre pour agiter des pompons. J’avais l’impression d’assister à un truc énorme », raconte-t-il. Comme Benjamin, il se rend à l’école vêtu aux couleurs de son équipe : « C’était la récrée toute la journée. L’atmosphère était très légère, les gens étaient contents. »

D’autres supporters, plus âgés au moment des faits, ont célébré le titre dans les rues. Christian, 27 ans à l’époque, évoque lui aussi l’atmosphère de la cité phocéenne : « Il y avait une effervescence terrible, on ne parlait que de ça. On a tous regardé le match, il n’y avait personne dans les rues, tous les magasins étaient fermés. »

Au coup de sifflé final, la ville s’embrase. Les Marseillais se rejoignent sur le Vieux-Port et la Canebière. « Toute la ville était émue et rassemblée, qu’importent les origines, le milieu social. C’était une fête de dingue, se remémore-t-il. Aujourd’hui, quand je revois le coup de tête de Basile Boli, j’ai la chair de poule. »

À l’époque, Évelyne, alors âgée de 31 ans, ne ratait pas un match de son équipe. Sur le but de Basile Boli, elle décrit une « délivrance » : « Ça te prend au ventre, c’est une émotion qui ne s’oublie pas, surtout quand tu aimes vraiment ton équipe. » Elle était présente sur la Canebière ce soir-là et se souvient : « Tout le monde s’enlaçait, tout le monde s’embrassait. C’était de la folie. Une amie à moi avait une Mehari [une voiture décapotable, ndlr], donc on était toutes dans sa Mehari à agiter des drapeaux. On a eu notre photo dans le journal le lendemain. »

« Une madeleine de Proust »

Ce vendredi 26 mai 2023, Marseille sera une fête. Les groupes de supporters ont prévu de créer une immense chaîne humaine illuminée, le long du littoral, en craquant des fumigènes. L’occasion de se replonger dans les souvenirs. Sur Twitter, Benjamin est tombé sur une vidéo de la présentation du trophée au Vélodrome à l’époque. Un événement auquel il avait assisté avec son père, décédé depuis. Les images de ce moment lui ont donné les larmes aux yeux : « J’en garde un souvenir inoubliable. Presque aussi fort que la finale. Tu vois la coupe arriver dans le stade, tout le monde qui chante… »

« C’est un souvenir émouvant et fondateur de ma passion pour l’OM. Je me demande si ce n’est pas devenu encore plus exceptionnel avec le temps. C’est tellement difficile de gagner la Ligue des champions aujourd’hui », évoque celui qui a des frissons à chaque fois qu’il revoit les images du but de Basile Boli sur sa cassette VHS du match.

Ils sont nombreux à avoir cette fameuse cassette. « Il n’y a pas une année sans que je ne me la remette », estime Alexandre, pour qui ce moment est une « madeleine de Proust » : « Je regarde tous les documentaires et les rétrospectives possibles. Et ça me fait du bien, à chaque fois. C’est mon ’feel good movie’. »

Pour Romain, lui aussi détenteur d’une cassette VHS de l’épopée marseillaise, cette victoire est son premier souvenir en tant que supporter : « Pour moi, c’est presque au même niveau que la victoire de la France en 1998. J’étais avec les gagnants, j’avais l’impression d’être dans une équipe invincible. Ils ont gagné une coupe d’Europe, ils ont une étoile sur le maillot. Ça représente un moment de gloire, une fierté. » La fierté d’être à jamais les premiers.

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