Saint-Nazaire : de Gosselin à Spencer, les visages d'un promu surprenant en Ligue A

Saint-Nazaire (en bleu) était leader de Ligue A avant de s'incliner contre Tours jeudi dernier. (SNVBA)

Déjà vainqueur de Montpellier et Sète, le promu Saint-Nazaire est troisième de Ligue A avant de défier Toulouse (20 heures). Une réussite bâtie grâce à plusieurs pièces clés, de l'ex-entraîneur et néo-manager Gilles Gosselin au bondissant central Helder Spencer.

Promis, le banc de touche ne le « démange » pas. Au gymnase Coubertin de Saint-Nazaire, Gilles Gosselin est désormais en retrait les soirs de match. Coach du club ligérien depuis 2010, il a pris du galon à l'intersaison pour devenir manager général. « Cela ne me démange pas de revenir sur le terrain mais je vis toujours les matches à fond, c'est mon tempérament », sourit Gosselin. Et pour cause : le retour en Ligue A du SNVBA n'aurait pas pu mieux se passer. Après quatre journées, il a cueilli le scalp de Montpellier - champion en titre - puis ceux de Sète et Poitiers dans une salle comble (1500 spectateurs). Seul Tours a interrompu l'euphorie du promu jeudi dernier (1-3). Attendu à Coubertin jeudi soir (20 heures), Toulouse va se frotter aux architectes des retrouvailles réussies entre le club ligérien et l'élite du volley français.


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Gosselin-Rubinho, un mariage franco-brésilien

L'attente a duré moins de deux mois. Pour se remplacer sur le banc du SNVBA après la finale d'accession remportée en mai contre Saint-Quentin, Gilles Gosselin a déniché un CV inattendu. Celui de Rubinho, ex-entraîneur adjoint du Brésil champion olympique (2006-2016) puis des Bleus (2021) toujours au côté de Bernardo Rezende. « Après son passage en sélection, je savais qu'il voulait entraîner en France et il s'est retrouvé disponible par un concours de circonstances : son club au Brésil (Bauru) a eu de gros soucis financiers et ils ont dû se séparer », raconte Gilles Gosselin.

Roberley Luiz Leonaldo - son nom complet - a été rejoint par Valentin Routeau, lui aussi membre du staff des Bleus sous Bernardo Rezende, comme adjoint. Et pas question pour Gilles Gosselin de marcher sur leurs plates-bandes. « Les domaines de responsabilité sont clairement établis, ils ont carte blanche sur la préparation des matches, des entraînements. Quand ils ont besoin de mon regard et de mon expérience d'ex-entraîneur, on partage », résume le manager général.


Helder Spencer, la Ligue A sans transition

Inarrêtable en Ligue B la saison passée - numéro 1 aux aces (42) et numéro 3 aux blocks (67) - Helder Spencer (2m, 30 ans) n'a pas eu besoin d'un seul set d'adaptation à l'étage supérieur. A Montpellier, une de ses attaques surpuissantes a ponctué l'exploit ligérien. Recruté à l'été 2021 en D1 portugaise, le central capverdien (2m, 30 ans), meilleur marqueur du SNVBA sur ce début de saison (58 points), brille par une énergie contagieuse et des qualités athlétiques qui ont nourri plusieurs compilations sur YouTube. « Je ne sais pas d'où ça vient, c'est génétique », rigolait-il au micro de beIN Sports après la première journée. Spencer a aussi un attribut rare à son poste : il est gaucher. « C'est quelque chose qui a pu freiner certains clubs au moment de le recruter mais ça nous offre un atout dans notre organisation offensive. Helder a 30 ans et il est en perpétuelle progression », salue Gosselin.


Un noyau français expérimenté

La remontée dans l'élite n'a pas bouleversé les plans de l'ex-capitaine José Luiz Gonzalez. Le pointu argentin a tiré sa révérence cet été mais pour le remplacer sur le terrain et dans le vestiaire, Gilles Gosselin a dégainé deux renforts de poids. Vainqueur de la Challenge Cup avec Narbonne, le libéro Ludovic Duée (31 ans) s'est laissé tenter par le défi du promu, rejoint par le central Nicolas Burel (31 ans, central, ex-Toulouse), pour former un trio expérimenté au côté de l'ex-central international Jean-Philippe Sol (36 ans), déjà au club l'an passé. « Ce sont des joueurs qui ont un beau vécu, ils connaissent toutes les ficelles du Championnat et, surtout, les exigences pour y rester », sourit Gilles Gosselin. Un objectif maintien qui n'a pas (encore) changé car la Ligue A « est impitoyable », ajoute le manager général, décidé à étirer ce troisième séjour dans l'élite plus longtemps que les deux premiers, entre 1992 et 1993 puis entre 2013 et 2015.