Sébastien Ogier : « J’arrêterai fin 2020 »

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EXCLU YAHOO SPORT Sextuple champion du monde, Sébastien Ogier s’est confié de longues minutes. Après quelques jours de vacances début juillet, le Français est ensuite parti faire des tests en Finlande, où aura lieu le prochain rallye (de jeudi à dimanche). Et tous les sujets ont été abordés, sans langue de bois.

Sébastien Ogier lors du dernier rallye de Suède...
Sébastien Ogier lors du dernier rallye de Suède...

Comment abordez-vous ce rallye finlandais après l’échec en Sardaigne (41ème) ?

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Sébastien Ogier : Les échecs font partie de la vie et d’une carrière. L’idéal est d’enchaîner les victoires, mais ce n’est pas toujours possible. La Sardaigne est derrière moi, et je regarde toujours de l’avant, jamais dans le rétro. Après, cela s’est mal passé pour nous, mais aussi pour nos concurrents directs au championnat (Ogier est 2ème du classement pilotes avec 4 points de retard sur Tanak et 3 points d’avance sur Neuville).

Justement, quel est votre plus grand adversaire ? Tanak ou Neuville ?

S. O. : On est obligé de considérer les deux de la même façon. En termes de vitesse pure, Tanak est devant, c’est le plus rapide. Mais en fait, Neuville a toujours été là. C’est lui qui finit juste derrière nous ces deux dernières années. Il est constant et rapide partout. Ils sont aussi dangereux l’un que l’autre.

L’objectif de votre 2ème partie de carrière, c’est de dépasser les 9 titres de champion du monde de Sébastien Loeb ?

S. O. : Clairement pas. Ma carrière s’arrêtera fin 2020 chez Citroën (Sébastien Ogier est aujourd’hui sextuple champion du monde). Après, j’aurais envie de passer à autre chose. Etre plus à la maison, être le meilleur père possible, être plus présent auprès de mon fils. Et des projets de reconversion, il peut y en avoir plein. Reprendre des études d’économie, l’écologie aussi me touche même si je fais du sport auto depuis des années. Je suis sensible au sort de la planète. Le golf également, j’ai commencé il y a peu de temps, et c’est addictif… Et puis aussi certainement encore un peu de sport auto, mais moins contraignant qu’aujourd’hui.

Les relatons ont été compliquées avec Sébastien Loeb par le passé.. Quelles sont-elles aujourd’hui ? Pourriez-vous devenir ami ?

S. O. : Honnêtement, nos relations sont bonnes, mêmes très bonnes. Les tensions de 2011 sont derrière nous. Récemment, on s’est revu car il est présent sur le circuit, disputant quelques rallyes cette année. On parle forcément de sport auto, de ses multiples expériences en dehors du WRC, de ce qu’il a pu faire ces derniers temps, et de la vie de tous les jours.

Qu’est-ce qui vous différencie en matière de pilotage ?

S. O. : C’est une bonne question. On a plus de points communs que de différences, et des points forts qui se ressemblent : la constance, le fait de faire peu d’erreurs, être à l’écoute de notre mécanique. ramener la voiture en un seul morceau dans des conditions cassantes, gérer ses pneus…

La F1 est bien plus médiatisée que le WRC. Avez-vous l’impression de ne pas être reconnu à votre juste valeur ?

S. O. : C’est le cas d’énormément de sportifs. On est dépendant de la médiatisation de notre sport. Personnellement, je ne suis pas en recherche de médiatisation. Mon but n’a jamais été d’être connu mais d’assurer sportivement. J’ai la chance d’avoir fait une très belle carrière, d’avoir bien gagné ma vie, d’avoir une vie relativement calme, sans selfies tous les trois mètres, et ça me va bien comme ça.

Qui vous a fait rêver jeune ? Auriol, Sainz ?

S. O. : Tout jeune, Senna me faisait rêver. Mon père était fan du Brésilien. Il a inspiré une grande majorité de pilotes automobiles. En fait, j’ai commencé à suivre le rallye à la fin des années 1990, et le WRC était à l’époque dominé par Makinen, le premier que j’ai admiré. Auriol, Sainz, je les respecte énormément, mais quand j’ai commencé à suivre les rallyes, ils n’étaient plus au pic de leur carrière.

Avez-vous eu déjà peur au volant, au point d’arrêter prématurément votre carrière ?

S. O. : Non, et si c’était le cas, j’aurais déjà arrêté. Dans ce cas-là, c’est la meilleure des choses à faire. Quand on pilote en WRC, il faut en accepter les risques, avoir une préparation « pro » tout le temps, avoir confiance en soi, rester dans une zone confortable au volant. Le mental y fait beaucoup. Avec mon préparateur physique, on travaille énormément sur la concentration, gérér plein d’infos en même temps, prendre la bonne décision. Quand j’attaque fort, je me sens assez à l’aise dans la voiture pour le faire. Vous savez, je n’ai jamais été un pilote kamikaze. Il y a toujours une possibilité qu’un accident arrive, mais c’est aussi grâce à l’intensité mise dans le pilotage qu’on peut faire des différences.

Propos recueillis par Antoine GRYNBAUM

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