Lors de leur procès, Blatter et Platini s'en prennent à nouveau à la FIFA

  • Oops !
    Une erreur est survenue.
    Veuillez réessayer plus tard.
Dans cet article:
  • Oops !
    Une erreur est survenue.
    Veuillez réessayer plus tard.

Le deuxième jour du procès Blatter-Platini a démarré jeudi matin avec l'audition des deux célèbres prévenus, qui s'en sont pris à la FIFA et son président, Gianni Infantino, sans le nommer.

La deuxième journée du procès de Sepp Blatter (86 ans) et Michel Platini (66 ans) a été marquée par les auditions de Sepp Blatter et Michel Platini, ce jeudi matin, au Tribunal pénal fédéral (TPF) de Bellinzone. Elles ont dû faire siffler les oreilles du patron de la FIFA, Gianni Infantino. À la fin de leur interrogatoire par la présidente de la cour, les deux célèbres prévenus ont refusé de répondre aux questions de l'avocate genevoise de l'instance mondiale lors de ce procès, Me Hohl-Chirazi.

lire aussi

Michel Platini et Sepp Blatter entre entente et intérêts divergents à leur procès

Questionné sur la fameuse facture de deux millions de francs suisses, au coeur de ce dossier de paiement supposé déloyal, Blatter a répliqué : « Je ne répondrai pas aux questions de la FIFA parce que depuis mars 2016, le président de la FIFA (Gianni Infantino, qui venait d'être élu) ne m'a jamais répondu ».

Même position pour Platini, quand l'avocate de la Fédération internationale a voulu retenter sa chance. L'ancien président de l'UEFA s'est même montré plus cinglant en déclarant : « Je ne répondrai pas à une maison (la FIFA) dont le président est inculpé. » Une référence à la procédure pénale ouverte en juillet 2020 à l'encontre de l'ex-bras droit de Platini à la Confédération européenne, et de l'ex-chef du parquet fédéral, Michael Lauber, pour trois rencontres secrètes auxquelles les deux hommes ont participé (en 2016 et 2017).

Michel Platini, au deuxième jour de son procès

« Moi, on m'a fait passer pour un falsificateur de comptes et un blanchisseur d'argent. Le but, c'était que je ne devienne pas président. »

Ces réunions non protocolées alimentent les soupçons de collusion entre la FIFA et des magistrats suisses, et planent au-dessus du procès. « Je rejoins M. Blatter dans la façon dont on a été traité par la FIFA, a poursuivi le Lorrain. Moi, on m'a fait passer pour un falsificateur de comptes et un blanchisseur d'argent. Le but, c'était que je ne devienne pas président. Ce n'est pas facile, quand vous êtes connu mondialement, de se faire critiquer mondialement. »

Auparavant, Sepp Blatter avait maintenu sa version dans cette affaire de paiement supposé déloyal : celle d'un « contrat oral » initialement passé entre lui et Platini, d'un versement d'arriéré de salaire et d'une facture qui était connue, selon lui, au sein des organes de la FIFA. « J'avais simplement cet homme chez moi et il valait son million », a déclaré l'ex-patron du football mondial. « Lorsque j'ai été élu comme président de la FIFA, nous avions un mauvais bilan. Mais je me suis dit qu'un homme qui a été dans le football pouvait nous aider, la FIFA et moi-même, a-t-il raconté. Michel Platini m'a dit ''Je vaux un million''. Je lui ai dit : ''Donc tu seras chez moi pour un million''. »

En introduction de sa déclaration, face aux trois juges de la cour des affaires pénales du TPF, Blatter avait estimé « totalement incompréhensible » de se retrouver devant une telle juridiction, pour un dossier qui relève, selon lui, d'une « affaire administrative, au sein d'une association, à traiter par la loi civile ».

Blatter « heureux que ça puisse se terminer »

Mais le Suisse s'est également dit satisfait de pouvoir s'expliquer devant les juges. « En fait, j'ai déjà été puni pendant sept ans (le début de la procédure pénale à son encontre date de fin septembre 2015), c'est comme une éternité. Je n'avais besoin que d'une main pour compter mes amis. Je suis heureux d'être ici et que ça puisse se terminer ».

Michel Platini avait pris la place de son ex-mentor, au milieu de la salle d'audience, face aux trois juges, peu après 10h15. « J'ai succombé au charisme de M. Blatter, a expliqué Platini, au sujet de sa fonction de conseiller. J'étais sa caution du monde du foot dans un monde où il n'y a pas de footballeur. Je travaillais notamment sur le développement [du programme] Goal et sur le calendrier international. Et je participais aux déplacements de Sepp Blatter. Quand il faisait de la politique, je l'accompagnais. Mais le petit problème, c'est que je n'avais pas de contrat...

En août 1999, je lui ai dit que ça faisait un an que je travaillais pour lui, mais qu'il n'y avait pas ce contrat. Si j'avais eu un accident, je n'étais pas protégé. Il m'a dit qu'il y avait un problème pour payer la somme. J'ai demandé : ''On fait quoi'' ? Blatter m'a dit qu'il allait me faire un contrat à 300 000 francs suisses par an comme le secrétaire général (de l'instance), à l'époque, et pour le reste, qu'on verrait plus tard. Mais je ne suis pas un homme d'argent, je ne me sentais pas concerné. Depuis l'âge de 17 ans, je gagnais très bien ma vie. »

lire aussi

Procès Blatter-Platini, jour 1 : le camp Platini serre le marquage sur Infantino

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles