Serena Williams s'impose face à la n°2 mondiale Anett Kontaveit au 2e tour de l'US Open

Serena Williams s'impose face à la n°2 mondiale Anett Kontaveit au 2e tour de l'US Open

Serena Williams a encore repoussé l'échéance. Pour ce qui est son dernier US Open, l'Américaine s'est qualifiée pour le troisième tour, mercredi soir, devant un stade Arthur-Ashe de nouveau en fusion. Le tout en s'offrant la n°2 mondiale Anett Kontaveit (7-6 [4], 2-6, 6-2).

Serena Williams est en train de privatiser les sessions nocturnes du Arthur-Ashe et elle ne laisse à personne le soin d'ambiancer les soirées. Accueillie comme une rock star lundi à l'aube de son dernier US Open, l'Américaine a remis ça mercredi soir et sera également au rendez-vous jeudi, en double avec sa soeur Venus, puis sans doute vendredi pour son troisième simple de la semaine. Parce que cette nuit, l'ancienne n°1 mondiale a encore fait parler sa magie en déboutant la n°2 mondiale Anett Kontaveit au deuxième tour (7-6 [4], 2-6, 6-2).

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Cette tournée des adieux prend une tournure hors-norme et même l'organisation, qui a passé une vidéo au petit goût de réchauffé après la victoire de la maîtresse des lieux, semble prise de court. L'actrice principale, elle, a l'air plutôt ravie de son coup, au bord du fou rire quand Mary Joe Fernandez lui a demandé ingénument si elle se surprenait. « Je suis juste Serena », s'est marrée l'intéressée après avoir vérifié qu'elle avait bien compris la question. Comme « être Serena » est synonyme de repousser les limites, la cadette des soeurs Williams le fait encore à l'heure de lancer ses derniers feux.

Un niveau de jeu qui monte

Pas grand-monde n'aurait imaginé un scénario pareil en la voyant quitter le court sur un 6-0 face à Emma Raducanu il y a une quinzaine de jours à Cincinnati. Mais l'actuelle 413e mondiale sera bien au rendez-vous du troisième tour de cet US Open. Lundi, Danka Kovinic avait semblé un poil tendre face à l'ampleur de l'événement au cours du deuxième set. Mais pour ce deuxième round, Williams faisait face à la n°2 mondiale, qui certes se remet doucement d'un Covid long, mais constituait une adversaire autrement plus redoutable et plus expérimentée.

L'Américaine a réussi à hausser encore son niveau comparé à deux jours plus tôt, notamment au service (onze aces, 75 % de points gagnés derrière sa première). Comme c'est le baromètre de son jeu, elle a rapidement montré qu'il faudrait lui marcher dessus pour la sortir de ce court qui est son jardin. Elle a été la première à s'offrir des occasions sur les jeux de service adverses et Kontaveit a commencé à sentir le souffle des milliers de personnes sur son dos (29 959 spectateurs pour la night session, nouveau record). Sur balle de break à 3-3, le public s'est manifesté bruyamment quand elle a manqué sa première balle. « Please », a répété l'arbitre avant que l'Estonienne ne réussisse sa seconde, signalant à tous qu'elle aurait les nerfs solides.

Un public décisif

Mais elle n'a pas pu éteindre longtemps le feu couvant, moindre sur ce début de match que lors du premier tour, et quand elle a finalement cédé son service à 4-4, le stade a explosé une première fois. Williams n'a pas su profiter de l'occasion, soudainement fébrile alors qu'elle s'était montrée si solide sur son service et concédait à son tour sa mise en jeu. Elle s'est ressaisie pour décrocher le tie-break devant des tribunes debout.

Et puis, dans un parallélisme frappant, l'Américaine a décompressé et le public, lui, est devenu muet, totalement atone quand sa championne devait défendre trois balles de break dès le début du deuxième set. Kontaveit a profité de l'accalmie pour enquiller les jeux et recoller au score dans un second acte à sa main, salué par une poignée d'applaudissements polis. Les fans attendaient le réveil de la joueuse, à moins que ce ne soit l'inverse. Ils ont tous repris de plus belle leur valse épuisante pour l'adversaire à l'entame du troisième set.

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Un tableau ouvert désormais

Williams a mis une pression totale, le public a répondu en se levant comme une seule femme sur chaque point important. Difficile de choisir un échange qui résume cette fusion totale. Peut-être dans ce jeu, à 4-2 où elle a dû défendre une balle de débreak. Sur un point de 19 coups, elle a cinglé son adversaire d'un revers long de ligne après plusieurs défenses d'un autre temps. Et il y a eu cette cloche, improbable, qui a accroché la ligne avant qu'elle ne conclue le point d'une demi-volée à rendre hystérique les supporters les plus transis.

La clameur s'est levée, inarrêtable, quand Kontaveit a tenté de rester une dernière fois dans le match. Trop compliqué, trop de pression. L'Estonienne restait impuissante sur l'ultime retour gagnant de sa rivale qui virevoltait une nouvelle fois pour célébrer son succès. Tout le monde désormais peut se permettre de rêver tout haut. En battant Kontaveit, Williams s'est bien ouvert le tableau. Ajla Tomljanovic l'attend au troisième tour et il faudra être très solide pour résister au rouleau compresseur en marche. Quand Serena et le public s'allient, soudain, tout devient possible.