Shelly-Ann Fraser-Pryce et Noah Lyles couple royal à Zurich

Ultra-dominatrice cette saison sur la ligne droite, Shelly-Ann Fraser-Pryce a remporté la finale de la Ligue de diamant ce jeudi soir à Zurich avec un septième chrono sous les 10''70 cette année. Sur le 200 m, Noah Lyles a encore prouvé qu'il était bien candidat au record du monde.

Quintuple championne du monde du 100 m avec sa victoire cet été à Eugene, Shelly-Ann fraser-Pryce a complété sa collection de récompenses pour cette saison 2022 en dominant ce jeudi soir le 100 m de la finale de la Ligue de diamant de Zurich. Battue à Bruxelles la semaine dernière par sa compatriote Shericka Jackson, « Mommy Rocket » a remis les choses au clair en s'imposant en 10''65 (-0,8 m/s), faisant oublier son forfait de dernière minute à Lausanne pour un ischio-jambier un peu douloureux.

lire aussi

Just Kwaou-Mathey veut soigner sa fin de saison au meeting de Zurich

Cette fois, elle a pris le meilleur départ pour enquiller un septième chrono de l'année sous les 10''70 et devancer largement Jackson (10''81) - victorieuse un peu plus tard dans la soirée du 200 m en 21''80 (-0,9) - et Ta Lou (10''91). Un 100 m qui n'a d'ailleurs pas offert de grand spectacle chez les hommes, où, en l'absence notamment du champion du monde Fred Kerley, c'est le bronzé d'Eugene, Trayvon Bromell qui s'est imposé (9''94, -0,3 m/s).

Dans une soirée au programme très copieux, beaucoup de favoris ont fait respecter la logique à l'image de Femke Bol (53''03) sur 400 m haies, de Kirani James (44''26) et Paulino (48''99) sur le tour de piste, de Yulimar Rojas au triple saut (15,28 m, -0,2 m/s), de Tobi Amusan sur 100 m haies (12''29, -0,3 m/s), de Soufiane El Bakkali sur 3 000 m steeple (8'07''67), de Yaroslava Mahuchikh à la hauteur (2,03 m), de Miltiadis Tentoglou à la longueur (8,42 m, vent nul), de Kristjan Ceh au disque (67,10 m) ou encore Faith Kipyegon sur le 1 500 m (4'00''44).

Un rôle de leader que Jakob Ingebrigtsen connait déjà bien à seulement 21 ans. Battu aux Mondiaux par Jake Wightman, le Norvégien s'est bien rattrapé depuis avec un doublé aux Europe (1 500 - 5 000 m) et deux performances mondiales améliorées coup sur coup sur le 1 500 m avec 3'29''05 à Lausanne et 3'29''02 ce jeudi soir à Zurich pour dominer le Kenyan Timothy Cheruiyot (3'30''27) et tous les autres.

Du côté des Français, le plus en vue fut Renaud Lavillenie. L'ex-recordman du monde n'a rien pu faire face à son successeur Armand Duplantis, déjà de retour sur le toit du monde avec une victoire avec 6,07 m, quelques jours après sa défaite à Bruxelles, mais le Français a franchi 5,81 m, pour se classer quatrième.

Une place au pied du podium qu'a également décroché Wilfried Happio sur 400 m haies. Vice-champion d'Europe à Munich, Happio a terminé en 48''72, restant à distance du champion du monde Alison dos Santos (46''98).

« On fait comme on peut en cette toute fin de saison, avouait-il. On fait le job, c'était les finales de la Ligue de diamant, il fallait lutter avec mes armes, c'est ce que j'ai fait, je me suis battu jusqu'à la fin. Techniquement, je ne me suis pas bien senti, j'ai fait de grosses fautes sur les haies, c'est assez logique à cette période de l'année. C'est la première fois que je fais une saison aussi complète, mais ce n'est que du bonheur de faire d'aussi grosses courses, en plus dans une telle ambiance. C'est comme ça qu'on progresse. »

Les autres Français engagés étaient sur la même longueur d'onde mais la fatigue était encore plus présente chez les spécialistes du 800 m. Victorieuse à Lausanne, Rénelle Lamote s'est classée septième en 1'59''38, lâchant prise dans la dernière ligne droite - derrière la Kenyane Mary Moraa, vainqueur en 1'57''63 - tout comme Gabriel Tual (1'45''25) et Benjamin Robert, respectivement 7e (1'45''25) et 8e (1'48''11) chez les hommes (victoire pour Korir en 1'43''26).

« Je suis fatiguée mais je savais que ça allait être dur, je me suis mouillée, pas de regrets, j'y vais et on voit ce qui se passe, lâchait Lamote. Dans la dernière ligne droite je sens que je ne peux pas répondre aux attaques. Il y a eu plein de progrès cette année, je vais faire un bilan positif de la saison, même si les Mondiaux n'ont pas été ce que j'espérais. Face aux meilleures, j'ai commencé à franchir un cap, j'aimerais entrer dans le Top 5 mondial. »

Même constat pour Just Kwaou-Mathey (8e en 13''73), un peu juste sur un 110 m haies ultra-relevé remporté par le double champion du monde Grant Holloway (13''02, -1,0 m/s)

Dernière course au programme, le 200 m n'a pas accouché d'un record du monde tant appelé par Noah Lyles. Mais dans des conditions loin d'être idéales pour s'attaquer aux 19''19 de Usain Bolt, l'Américain a encore démontré qu'il était le plus à même de faire trembler la légende jamaïquaine avec une nouvelle victoire en 19''52 (-0,6). Une bonne façon de conclure la saison et de donner envie d'être déjà dans la prochaine.

lire aussi

Toute l'actualité de l'athlétisme