Shirine Boukli, éliminée au 3e tour des Mondiaux : « Je pensais que ça allait être une bonne journée »

Mauvaise matinée pour Shirine Boukli. (S. Boué/L'Equipe)

Championne d'Europe en titre des -48 kg et numéro 1 de sa catégorie, la Française Shirine Boukli a été battue dès son deuxième combat, aux Mondiaux à Tachkent ce jeudi.

« Quel est votre sentiment après cette défaite au troisième tour des -48 kg contre la Kazakhe Abuzhakynova (waza-ari) ?

Là, je suis dégoûtée, j'ai l'impression que ce n'est pas réel. Je n'ai pas fait le taf quoi !

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Tableau des -48kg

C'est physique, tactique ?
Non, j'étais très bien physiquement. C'est tactiquement : elle est entrée dans ma tête, je n'ai pas su faire avec avant qu'elle me marque (waza-ari) et quand elle m'a marquée, je me suis relevée, je me suis remobilisée et j'ai commencé à changer le cours du match. Mais je n'ai pas su le faire avant. Un profil atypique comme ça, super décalé, c'est particulier. Du coup, j'ai été un peu agacée mais concentrée mais je n'ai pas su trouver la solution.

Que se passe-t-il sur le waza-ari qu'elle marque ?
Je sors d'une action, même si c'était un petit truc, et derrière elle enchaîne, elle se jette sur ma jambe en kata-guruma (technique d'épaule) je crois et voilà.

C'est un monde qui s'écroule quand on vient chercher l'or et qu'on est éliminée aussi rapidement ?
Oui surtout qu'on sait que c'est possible. Je sais que mes concurrentes les plus costaudes vont aller jusqu'au bout et je vais me demander pourquoi moi je n'y vais pas alors que je sais que la place sur le podium elle est faisable. Et même gagner, j'aurais pu, c'était clairement possible. Là, c'est un mélange de plein d'émotions. Je suis saoulée là.

Comment vous sentiez-vous ce matin, vous aviez expédié votre première adversaire la Belge Sellens (ippon en 52 secondes) ?
Je me sentais bien, franchement sans problème. Je pensais que ça allait être une belle journée. On m'a coupé les jambes sur la route.

Vos parents sont là, un réconfort précieux ?
Oui mais là je suis dégoûtée qu'ils soient venus pour ça mais ça fait toujours du bien d'avoir sa famille. Ils sont là quelques jours donc je ne vais pas être en mode déprime. Là, je vais m'isoler un peu, j'irai les rejoindre après.

Le prochain Mondial n'est pas si loin (mai 2023 au Qatar)...
Oui, là c'est sur le coup mais je sais comment je suis. Je sais ce que je veux : être championne olympique. J'ai la rage en moi, je sais que j'ai la possibilité de le devenir. L'objectif, c'est d'être prête ce jour-là car c'est le Graal et l'objectif d'une vie. S'il faut passer par une défaite à ce Championnat du monde et peut-être une victoire au prochain, je prends. »