Sidy Cissoko : « C'était le meilleur choix »

Sidy Cissoko découvre la G-League Ignite, le nouveau programme de développement de la NBA. (X. De Nauw/DR)

Parti jeune en Espagne, où il jouait pour Juaristi, club de seconde division, la saison dernière, Sidy Cissoko a rejoint cet été la G-League Ignite, le nouveau programme de développement de la NBA plutôt que de rester en Europe. L'équipe de l'arrière de 18 ans affronte dans la nuit de mardi à mercredi les Mets 92 de Victor Wembanyama sous le regard de tous les scouts de la ligue.

« Pourquoi avoir choisi de tenter l'aventure G-League Ignite ?
J'ai eu le choix entre plusieurs options. Partir en Australie, aller quelque part en Europe comme la Lituanie ou en Serbie. J'ai vu le travail que la G-League Ignite a fait avec les derniers joueurs qu'ils ont eus. Ils sont presque tous sortis au premier tour de la draft. J'ai trouvé que c'était le meilleur choix.

La France n'était pas une option ?
Le problème en France, c'est que je ne suis pas considéré comme un joueur formé localement. Je suis parti en Espagne U15 deuxième année. Il me manquait juste une année à faire en France. C'est un souci pour les équipes. En gros, c'était comme si j'étais étranger. Les clubs préfèrent parfois prendre un Américain avec de l'expérience que prendre un jeune joueur de 18 ans pas formé localement. On ne sait pas s'il va bien s'adapter.

Et pourquoi ne pas avoir essayé de gagner votre place à Baskonia en Espagne ?
C'était par rapport à la draft. À Baskonia, il y avait des bons joueurs avec moi. Ici aussi, il y en a mais c'est plus un projet de développement. À Baskonia, le but, c'est de gagner la Liga Endesa et le Top 4 en Euroligue. Je préférais m'entraîner pour la draft que de rester en Liga Endesa.

Comment se passent les débuts ?
J'ai eu des problèmes de visa. Du coup, je suis arrivé il y a trois semaines au lieu du mois d'août. J'étais vraiment K.-O. avec le décalage horaire. Là, je suis encore un petit peu K.-O. La clim' et le changement de température, ça ne me réussit pas (rires). Quand je suis arrivé, ça m'a mis une claque ! Je ne pensais pas que c'était aussi rapide. C'est naturel pour eux de jouer vite, courir, sauter haut. Physiquement, je n'étais pas du tout prêt. En Europe, on joue plus avec la tête, on se base sur l'intelligence.

Pourtant, vous êtes aussi un arrière athlétique, capable de dunker.
Oui, mais les Américains sont au-dessus sur la préparation physique.

La NBA présente Ignite comme une préparation au professionnalisme.
Ils nous font passer le message que la prochaine étape, c'est vraiment la NBA. Physiquement, ils nous tuent ! (rires). Mais si ensuite on passe au niveau supérieur, on sera habitués. Sur la nutrition, ils sont sur moi. Je suis arrivé avec des kilos en trop. J'ai dû perdre six kilos depuis. Ils ne blaguent pas ! C'est intensif. Et puis, il y a de l'expérience dans l'équipe avec des anciens joueurs NBA. Ils savent comment travaillent les franchises. Pour l'instant, je ne peux pas dire grand-chose de plus. Je viens juste d'arriver.

Ignite vous forme aussi à la vie en dehors des terrains.
Beaucoup de joueurs NBA perdent tout leur argent d'un coup après leur carrière. Alors ils nous expliquent comment garder notre argent, comment bien l'utiliser, comment ne pas faire de ''conneries'', désolé pour le mot. Ils nous ont aussi parlé des impôts parce qu'ici, ils changent d'un État à l'autre.

Puisque le programme doit vous aider pour la draft, quelle position visez-vous ?
Ça va vous paraître drôle mais quand j'étais en deuxième division espagnole, je ne pensais pas du tout à la draft. On jouait le maintien et je ne pensais qu'à ça. On a vraiment tout donné pour se maintenir et on l'a fait. C'est après le Championnat d'Europe U18 que j'ai commencé à parler de draft et de G League Ignite. Premier, ça va être compliqué parce qu'il y a Victor ! Et mon coéquipier aussi (Scoot Henderson). Du coup, je vais essayer de viser le Top 10. Mais tant que je suis en NBA, je serais très heureux. Mon rêve sera devenu réalité.

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Justement, l'attention médiatique suscitée par la présence de Victor cette semaine à Vegas, c'est aussi l'occasion de se montrer aux franchises, non ?
Tout le monde, même les joueurs de Levallois, va essayer de voler la vedette à Victor ! Mais ça me fait très plaisir de voir où il est arrivé parce que petit, on a souvent joué l'un contre l'autre. Je le connais très bien. Il me connaît très bien. En U13, U15, j'étais en centre Essonne et lui à Nanterre. Chaque année, c'était une finale 91 contre 92. En sélection des régions, je pense que c'est Victor qui le plus souvent gagné. En club, je dirais que c'était nous avec Ris-Orangis. »