Skate - Un collectif construit le tout premier skatepark du Ghana

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Au coeur d'Accra, le premier skatepark du Ghana verra le jour à la fin de l'année. Intitulé « Freedom », ce projet entreprit par le collectif Surf Ghana permettra aux Ghanéens de s'émanciper et bénéficier de réelles infrastructures. Un tremplin pour les skateurs, qui espèrent participer aux prochains JO.

Depuis une dizaine d'années, la culture du skateboard émerge en Afrique. Lorsque Sandy Alibo, Française en charge de sponsoring sportif chez Sosh, pose le pied au Ghana pour la première fois il y a cinq ans, elle découvre l'étonnante scène skate et surf du pays. Passionnée par ces sports, la jeune femme de 25 ans se lie rapidement d'amitié avec ces riders. Voyant le peu de visibilité dont les skateurs bénéficient, elle décide de leur dédier un compte Instagram du nom de Surf Ghana. « Je voulais rester en contact avec eux, raconter leur histoire et les valoriser sur les réseaux sociaux », explique Sandy.

En 2016, le collectif du même nom que le compte Instagram voit également le jour. Lorsque Surf Ghana organise un « Charity Road Trip » en 2017, sa route prend un nouveau tournant. L'objectif : enseigner à 1 000 enfants le skate pendant deux semaines. « On voulait faire découvrir le sport à la jeunesse et améliorer leur éducation sportive. » Suite à ce projet, le collectif a reçu de nombreux retours positifs. « On a réussi à attirer des ambassadeurs qui nous ont vraiment aidés dans la suite de notre projet, se remémore la fondatrice du collectif. Ça a été le début d'un réel tournant. Les gens ont compris qu'il y a une belle scène skate au Ghana. »

Depuis 10 ans, de nombreux skateurs ghanéens s'affirment grâce au sport et fleurissent peu à peu dans les rues du pays. « Sur Accra, on a plus de 70 skateurs qui roulent minimum trois fois par semaine et une trentaine qui skatent tous les jours », déclare fièrement la fondatrice de Surf Ghana, avant d'ajouter : « Ils sont très débrouillards et réussissent à créer des choses sans budgets, infrastructures ou fédération officielle. » La jeunesse voit alors le skate comme un sport qui leur permet de « respirer, s'encourager et rêver. »

Ce qui a toujours manqué aux skateurs Ghanéens pour se développer réellement, c'est un skatepark. « Construire un tel lieu ça prend beaucoup de temps, rappelle Sandy Alibo. Il faut que la mairie identifie les skateurs, qu'ils aient une voix et fassent des dossiers. » Après quatre années d'existence, le collectif a souhaité évoluer en allant plus loin que les cours de skate et la collecte de matériels, et créer ainsi le premier skatepark du pays. « On se sentait enfin prêt pour monter une infrastructure sportive. Ce projet, ça a été un deuxième tournant pour Surf Ghana. »

Pour construire durablement son projet de skatepark, le collectif a contacté plusieurs marques réceptives aux enjeux de l'Afrique et à la jeunesse ghanéenne. « On avait besoin de travailler avec des personnes qui comprennent que l'Afrique ce n'est pas dans le futur, mais maintenant, est convaincue Sandy. Aujourd'hui, le skate n'a pas encore été identifié comme un sport au Ghana. Mais avec l'arrivée des JO, ça peut changer. »

Objectif JO 2024
Ce projet baptisé « Freedom » pourrait être un réel tremplin pour la scène skate ghanéenne, qui vit encore très difficilement de ce sport. « En Afrique de l'ouest, la réalité c'est qu'il n'y a pas encore de compétitions sportives de skate de haut niveau, regrette la fondatrice du collectif. La seule manière de passer professionnel, c'est d'avoir une marque qui investit toute l'année sur toi. Même s'il y a de très bons niveaux, aujourd'hui, ce n'est malheureusement pas encore le cas au Ghana. »

Le skatepark - il n'y en a qu'une trentaine en Afrique - permettrait d'offrir de nouvelles opportunités à la jeunesse africaine et aux talents sportifs d'être sponsorisés ou de participer à de futures compétitions. Ce projet est également un moyen pour le pays d'entrevoir une potentielle participation aux prochains Jeux Olympiques. « Ce skatepark réalisé par une Française à l'étranger, c'est une preuve d'amour et de solidarité. Cela montre qu'on s'intéresse à toutes les communautés dans le monde », soutient Sandy Alibo, avant de faire un voeux, sourire aux lèvres : « Avec ce skatepark, mon rêve c'est que le Ghana participe aux JO de Paris 2024. »

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Un chantier solidaire et participatif
C'est dans la ville d'Accra, capitale du Ghana, que le Freedom Skate Park verra bientôt le jour. En plus de proposer des cours privés, le lieu possédera également son skate shop. Mais construire une telle infrastructure requiert une certaine somme. « Lorsque les gens pensent au Ghana, ils ont l'impression que ça ne coûte pas cher, alors qu'au niveau des prix, Accra, c'est très élevé », regrette la fondatrice du collectif. Afin de financer son projet, Surf Ghana a donc lancé une campagne de crowdfunding, terminée en juin dernier. « Ça nous permet de louer un espace privé au lieu d'acheter, explique Sandy. Le projet du terrain a été signé récemment, on est très content. »

La prochaine étape pour le collectif : la réalisation des plans avec les architectes. En novembre, les choses sérieuses commenceront sur le chantier avec le début des travaux. « Pour construire ce skatepark, nous travaillons avec l'association solidaire Wonders Around the World. On doit juste trouver les fonds pour financer le voyage des volontaires et les matériaux. »

Le chantier durera six semaines et se terminera au mois de décembre, où une journée d'inauguration est prévue. « Pour fêter l'ouverture du skatepark, l'idée c'est de réunir les bénévoles et partenaires comme la team Vans, ou des skateurs qui s'intéressent à l'Afrique et qui veulent nous soutenir », se réjouit d'avance la fondatrice de Surf Ghana.

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