Skateboard - La chronique Charlotte Hym : le stage avec le Team France à La Réunion

L'Equipe.fr
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Charlotte Hym partage régulièrement ses aventures vers les JO de Tokyo, où le skateboard fera son entrée. Partie à La Réunion pour un stage de 10 jours avec le Team France afin de préparer 2021, la championne de France de street (une de deux disciplines olympiques) raconte.

« Ce n'était pas mon premier voyage à La Réunion, j'y étais déjà allée à 7 ou 8 ans, avec mes parents, pour visiter, mais je n'ai pas énormément de souvenirs. Là, dès que je suis arrivée à l'aéroport, je me suis dit ''wow''. La montagne à gauche, la mer à droite. C'est assez impressionnant. Ce qui m'a marqué tout de suite, c'est le grand soleil et la chaleur. Après les trois degrés à Paris, c'est assez agréable.

Pour nous skateurs, à cette période de l'année, c'est un lieu de stage super car il fait beau et chaud, il ne pleut pas, même si ça a été un peu compliqué certains après-midi car il y a pas mal de vent. L'hiver sinon, on est souvent obligés de skater en intérieur.

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On était logés à St Denis et on bougeait tous les jours, sur des parks différents. On a aussi skaté avec pleins de skateurs locaux, qui étaient vraiment super motivés et souriants... ça fait plaisir à voir ! La scène est en train de se développer là-bas, il y a de plus en plus de filles qui skatent, et qui commencent juste, et des clubs qui se développent.

Je savais qu'il y a pas mal de skateurs, mais les parks sont assez pleins et on a été super bien accueillis. Et le niveau est très bon. Il y a plein de petits qui étaient contents de nous voir, Joseph (Garbaccio, qui possède une chaîne Youtube avec 110 000 abonnés) était attendu comme le loup blanc (rires), il recevait 200 messages par jour pour savoir où on allait skater.

On a été là-bas pour se mettre en situation de contest : un long vol avec du décalage horaire, des conditions parfois chaudes et humides, ce qui nous attend à Tokyo. Il faut être capable de s'adapter à un park qui est nouveau, en peu de temps. Car en compétition, on a très peu de trainings (entraînements).

L'objectif, c'était de reproduire des conditions de compétitions qui nous attendent à Tokyo : tu te lèves tôt, des trainings le matin tôt ou le soir, à la tombée de la nuit. Ça nous permet d'être prêts à tout après. Car beaucoup de skateurs n'ont pas l'habitude de skater le matin, on skate plus souvent l'après-midi ou le soir.

On a fait différents formats de compétition sur plusieurs jours, avec des skateurs locaux : des qualifications, des demi-finales et des finales. ça fait du bien car la dernière compétition officielle, c'était il y a un an, c'est super long. Il faut se remettre un peu dedans, avec un esprit de compétition, et essayer de réussir les tricks qu'on a appris récemment, les rentrer au bon moment. Moi, ça m'a permis de valider des nouveaux tricks, que je n'avais jamais fait en compétition. Maintenant, je sais que je peux les mettre dans une situation semblable. C'était vraiment bénéfique.

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J'ai aussi progressé sur l'adaptation. Je trouve ça vraiment dur de m'adapter à chaque fois à un nouveau skatepark, car tu perds tes repères. Il faut réduire ce temps d'adaptation pour être capable de faire tes figures sur un nouveau skatepark le plus rapidement possible. Donc ces stages où tu changes d'environnement, c'est vraiment bénéfique. Quand tu passes de trois degrés à Paris à skater sous 30 degrés en plein soleil, ça donne un petit coup sur la tête.

Mais ça peut nous arriver à tout moment en compétition et on se rend compte qu'on peut le faire grâce à ce stage, on voit comment notre corps réagit. C'est très mental le skate : quand on va en street filmer (filmer dans la rue), on est tout le temps en train de s'adapter aux éléments de la rue.

Quand on est en stage en France (souvent à Chelles, près de Paris ou à Biarritz), ce sont des délais courts : trois ou quatre jours, on n'a pas forcément le temps de faire autre chose. Là, c'était plus long, une semaine, donc on avait besoin d'une pause car on skate beaucoup et sinon, tu peux te blesser. Avec deux sessions par jour, on skate facilement quatre ou cinq heures. C'est fatigant.

Avoir un petit moment pour se relâcher et voir la nature, ça fait du bien. Du coup, on a fait une journée, le mardi, avec une randonnée d'environ 1h30 ou 2 heures de marche, jusqu'au Dos d'Âne (un petit village installé dans un mini-cirque dans les hauteurs de La Possession), avec une vue sur le cirque de Mafate. C'était vraiment magnifique, ça donne envie de revenir pour en voir un peu plus.

C'est aussi cool de faire autre chose que du skate tous ensemble. La prochaine fois, j'espère qu'on pourra faire du street (skater dans la rue) avec les locaux. Il y a beaucoup de spots de street à La Réunion, mais ils sont très difficiles à skater, très engagés. Si tout va bien et que les conditions sanitaires le permettent, on va sûrement avoir quatre ou cinq compétitions l'année prochaine, avant les JO de Tokyo. Ça va être chargé, donc je pense que je vais pas mal skater jusqu'en mars et après, ce sera parti pour les voyages et les compétitions. »