Ski-alpinisme - Chronique - Chronique François D'haene (épisode 4) : « Le ski-alpinisme ne m'a pas quitté depuis l'adolescence »

L'Equipe.fr
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Depuis plus de dix ans, François D'haene fait partie des meilleurs ultra-traileurs du monde. Pour L'Équipe, le coureur nous raconte le quotidien d'un athlète spécialiste de « l'ultra ». Et pour ce quatrième épisode, il nous explique pourquoi il a choisi le ski-alpinisme comme pratique hivernale. « Ma passion, c'est de passer de longues heures en montagne. De la bonne manière, lorsque c'est le bon moment. Et en hiver, naturellement, je me suis tourné vers le ski de randonnée, puis vers sa version compétitive, le ski-alpinisme. Mais cette pratique est arrivée dans ma vie sur le tard. Je suis né et j'ai vécu dans le nord jusqu'à l'âge de 3-4 ans, élevé par des parents ne pratiquant pas du tout l'alpinisme mais bien conscients de tous les dangers de la montagne. Ce n'est que vers 16-17 ans, en Savoie, que je m'y suis mis de façon raisonnable et cette pratique ne m'a pas quitté depuis. lire aussi Chronique 1 : « Pourquoi je cours des ultra-trails » C'est le conseil que je donnerais à ceux qui souhaitent s'y mettre : le ski-alpinisme, ce n'est ni du trail, ni du ski de fond. On y évolue en pleine montagne en hiver avec les risques inhérents à ce milieu à cette époque de l'année. Cela peut être dangereux. Il faut être prudent et envisager le ski de randonnée comme une découverte, une activité pour laquelle on se forme, où l'on partage avec des amis et des pratiquants expérimentés pour passer du temps dans la nature. lire aussi Chronique 2 : « Comment j'occupe mon temps pendant le confinement ? » En ce qui me concerne, c'est indéniablement un sport complet qui me prépare parfaitement pour ma saison de trail estivale. Un jour, il y a douze ans, on m'a proposé de courir la Pierra Menta avec un copain. Déjà à l'époque, il ne fallait pas beaucoup me pousser pour tenter ce style d'aventures. Bien sûr, nous avons terminé très loin des meilleurs, mais nous nous sommes pris au jeu. Et nous y sommes retournés, année après année. Douze éditions plus tard, nous sommes passés de la 100e place à la 6e place. « Cela me rassure de voir que je peux rivaliser avec certains des meilleurs sur des efforts courts » Malgré tout, le ski-alpinisme doit rester un sport que je pratique sans pression, sans impératif de performance. C'est un « deal familial » : je me consacre au trail, mais je pratique les autres activités avec détachement en privilégiant ma famille et mon autre activité professionnelle. Ceci dit, cela m'intéresse de voir ma progression sur les compétitions de ski-alpinisme. Par exemple, de parvenir à terminer deux fois dans le top 10 des Championnats de France cette saison, cela valide mon état de forme. Une course verticale est assez loin des efforts dans lesquels je performe en été, cela me rassure de voir que je peux jouer avec certains des meilleurs sur des efforts courts. En réalité, je ne pensais pas à être capable de rivaliser avec les meilleurs Français en ski-alpinisme. lire aussi Chronique 3 : « Je n'arrive pas à m'entraîner pour m'entraîner » Cela me donne envie de voir un peu plus loin, je vais participer à ma première étape de Coupe du monde à Flaine cette fin de semaine avec l'équipe de France. Cela pourrait même me motiver à tenter une saison complète une année, de m'entraîner plus sérieusement en ski-alpinisme, si j'ai un gros objectif trail au printemps pour lequel il faut que je sois au meilleur de ma forme tout de suite après l'hiver. Cette année, avec la Hardrock 100 (États-Unis) en juillet et l'UTMB en août, je dois planifier ma préparation autrement : ma discipline reste l'ultra-trail. »