Ski - CM (H) - Fabien Saguez à propos d'Alexis Pinturault : « C'est le plus grand skieur français de tous les temps »

L'Equipe.fr
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Fabien Saguez, le DTN du ski français, les yeux embués, savourait samedi les deux globes (géant et général) remportés par Alexis Pinturault aux finales de la Coupe du monde à Lenzerheide. « Comment vivez-vous cette double consécration d'Alexis Pinturault ?
C'est comme le sentiment d'une guerre de Cent ans. C'est presque éternel. On se dit qu'on va arriver à le faire, qu'on n'y arrivera pas. Aujourd'hui, Alexis fait le globe de géant, le globe du général. Ce que ça peut représenter dans le milieu du ski, pour lui, pour nous tous. C'est une consécration. Il n'y a pas d'équivalent pour moi, pour nous. On en rêvait... Parfois, on pense ne pas arriver à faire ce qu'il faut ou pas faire les choses bien. Aujourd'hui, c'est fantastique, c'est phénoménal. lire aussi Les premières fois d'Alexis Pinturault Par quelles émotions êtes-vous passé ces dernières semaines ?
Ça fait trois semaines que je ne dors plus. À la fois on lui fait une énorme confiance, on sait que c'est quelqu'un de solide mais il y a eu le coup d'arrêt de Cortina (sorti en deuxième manche des Championnats du monde), le fait qu'Odermatt revenait comme une balle de fusil nous a fait douter. On était tous dans le grand stress. C'est peut-être aussi ce qui a permis de mesurer l'état psychologique de tout le monde, d'essayer de se calmer, de travailler chacun sur soi-même, de faire en sorte qu'on ne véhicule pas ce stress, qu'on ne soit pas fébrile et ç'a bien fonctionné. lire aussi Les grands tournants du duel entre Alexis Pinturault et Marco Odermatt pour le gros globe Que représente aujourd'hui Pinturault dans l'histoire du ski ?
C'est le plus grand skieur français de tous les temps, n'en déplaise à certains. Quand on voit qu'il a pu gagner dans six disciplines différentes, le nombre d'épreuves qu'il a gagnées, quand on voit ce qu'il est capable de réaliser tous les jours, ce qu'il est capable d'assumer, d'enchaîner. J'ai une émotion incroyable. C'est difficile à ressentir. Ce n'est pas encore concret pour moi. Quand je vais retourner lundi dans mon bureau à Annecy, je me dirai : "Ça, on l'a vraiment fait". »