Ski freeride - Enak Gavaggio : « Le freerider en compétition est un sportif de haut niveau »

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Au début des années 2000, le Français a participé à plusieurs compétitions du circuit freeride. Aujourd'hui concentré sur ses projets vidéo, il revient sur l'évolution et le format actuel du Freeride World Tour.« Au début des années 2000, vous avez participé au circuit mondial de freeride. À combien d'étapes avez-vous participé ?À l'époque où j'étais sur le tour, ce n'était pas encore le Freeride World Tour mais l'IFSA. Je n'ai jamais pris part à toutes les étapes d'un tour. En tout, j'ai dû participer à une quinzaine de compétitions. Il y a eu une année où j'ai fait trois étapes sur quatre et où j'ai terminé 5e au classement général. Il y avait aussi quelques autres compétitions indépendantes, c'était le début de l'IFSA. Mais les sponsors faisaient un peu la loi et un titre de champion du monde de freeride ne les intéressait pas trop. De 2000 à 2006, je pense qu'il n'y avait que trois athlètes qui faisaient le tour en entier. Personne n'était vraiment intéressé.Quand avez-vous décidé d'arrêter ?J'ai arrêté assez rapidement (sa dernière compétition remonte à 2007), le jour où j'ai été surnoté.C'est-à-dire ?C'est un sport de jugement, donc au début, quand tu arrives, tu n'es pas très bien noté, tu dois te faire un nom. D'un coup, on commence à parler de toi, parce que tu as fini quatrième aux Championnats du monde, cinquième au général. Et là, je fais une compétition à Courchevel, je finis troisième, il me semble. À un moment donné, je fais une réception et je roule. J'aurais dû être saqué et en fait, personne n'a pris en compte cette roulade. Parce que c'était Gavaggio. Ça m'a choqué. J'ai dit : ''O.K., j'arrête.''Que pensez-vous du niveau des athlètes engagés sur le Freeride World Tour ?Je suis sur le cul quand je vois l'engagement que les jeunes mettent. Mais je pense que c'est difficile pour eux car ils n'ont pas assez d'épreuves. Il suffit d'une chute pour que leur place sur le tour l'année d'après soit en péril.Selon vous, faudrait-il réfléchir à un autre format ?Ça serait bien qu'il y ait une ou deux épreuves en plus avec un système de points un peu différent. Je trouve que la notation sur la technique du skieur n'est pas assez mise en avant. Mais je pense qu'on va finir par y arriver d'ici deux à trois ans. Le seul truc que je pourrais reprocher sur le format, c'est que pour moi, les faces ne sont pas assez freeride.Mais après je comprends la problématique : il faut que le truc ne soit pas trop long ; qu'en bas, il y ait un grand plat pour laisser le temps aux juges de noter le skieur. En tout cas, le mouvement qui est en train de prendre, l'énergie et le monde qu'il y a au portillon, c'est juste incroyable. Et ça, c'est grâce à Nicolas Hale-Woods (directeur du FWT) et son tour.Il y a plusieurs années, vous déclariez que « le ski-cross est un sport de haut niveau qui demande énormément. Le freeride est plus décontracté, il y a moins besoin de préparation ».Pensez-vous que cela soit toujours le cas aujourd'hui ?Depuis que le FWT est bien installé, que Hale-Woods a instauré le système d'étoiles, la démarche du freerider en compétition, c'est la même qu'un sportif de haut niveau. Ce sont des sportifs de haut niveau (il insiste). Il y en aura toujours pour dire le contraire, mais je vois comment un mec comme Léo (Slemett, champion du monde 2017) s'entraîne !Certes, ce n'est pas les mêmes entraînements qu'un skieur alpin, ce qui fait que certains ne voient pas la discipline comme un truc sérieux. Alors que ça l'est. C'était pareil pour le ski de bosses ou le ski-cross, on nous reprochait de ne pas assez bien skier. Les freeriders doivent s'entraîner sur des faces longues et très pentues, donc ils doivent avoir des capacités de descendeurs, avec de l'engagement. Ils doivent aussi être rapides comme un slalomeur et, en plus de ça, ils doivent réaliser des figures. Ce sont des athlètes complets. Avec une dégaine qui ne plaît pas toujours, et alors ?Pensez-vous voir un jour des épreuves de freeride aux Jeux Olympiques ?Oui, je pense que d'ici à une vingtaine d'années, ça sera le cas. Après, fondamentalement, je ne suis pas pour. Je n'ai pas aimé que le ski-cross passe aux Jeux Olympiques, même si j'ai changé mon fusil d'épaule et que j'y ai participé (cinquième aux JO 2010 à Vancouver). Malgré tout, ça reste un rêve. Mais je n'ai pas envie de voir du FMX, du freeride, du skate ou du BMX aux Jeux. Après, le CIO va chercher l'argent là où il est. »

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