Ski freeride - Projet Zéro : la prise de conscience écolo du skieur Victor Galuchot

L'Equipe.fr
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« Projet Zéro » est le nouveau film du skieur freeride Victor Galuchot, tourné au lendemain du premier déconfinement sur le glacier de Péclet. Il raconte la nouvelle manière dont l'athlète appréhende sa discipline, à travers le prisme des enjeux environnementaux. « Nous les skieurs pros, notre métier consiste à parcourir la Terre pour chasser la meilleure poudre. Autant vous dire qu'on a un bilan carbone qui ferait la fierté de Donald Trump. » C'est en ces termes que s'ouvre « Projet Zéro », le nouveau film du skieur freeride Victor Galuchot. Le cofondateur de la websérie « Bon appétit » y relate sa prise de conscience écologique et l'impact que celle-ci a eu sur sa manière d'appréhender sa discipline. Sensibilisé à ces enjeux sur les côtes de l'île colombienne de Malpelo où il se rend pour lutter contre le braconnage de requins, Galuchot est de retour dans une France confinée, « comme une punition pour avoir trop empiété sur la nature ». « Ma volonté de skier avec un impact minime me semble désormais être une obligation plus qu'une simple possibilité », témoigne-t-il. Le projet de ce nouveau film germe alors dans sa tête : « Cette année (2020), pas de voyage, je montre qu'on peut faire un beau film en restant à la maison ». Désespéré de voir la neige fondre coincé entre quatre murs, Galuchot se retrouve, impuissant, devant son projet qui s'effrite. Mais le jour du déconfinement, il se rend en haut du glacier de Péclet, dans la vallée de Belleville (Savoie). La qualité de la neige et la beauté de la montagne lui confirment une chose : son film verra le jour. À la force des jambes Victor Galuchot réunit alors une petite équipe de six skieurs chevronnés pour passer quatre jours sur le glacier, en se promettant d'avoir un « impact écologique minimum ». C'est donc à vélo qu'une partie de la troupe - un reste à pied - comble les 27 km et 1 300 m de dénivelé positif qui la sépare du bas du glacier. La bande rejoint ensuite en peau de phoque le Col de Thorens, en tractant le matériel dans des luges sur 700 mètres. Teinté d'humour, de bienveillance et d'adrénaline à l'approche de ce que la troupe renomme le « couloir de la mort », ce film rend compte de toute l'ivresse de passionnés retrouvant les sensations fortes de l'extrême. « Je suis tellement chanceux d'avoir ça et je ne m'en rendais même pas compte. Cette année, on a découvert qu'on pouvait être privé de nos libertés en un claquement de doigts, et ça en partie parce qu'on fait n'importe quoi sur Terre. Quand je vois le bonheur qu'on a à vivre ici, je me dis qu'il faut vraiment prendre soin de ce truc-là », conclut, songeur, le skieur.