Ski freestyle - Kevin Rolland : « Retourner dans le pipe et voir de quoi je suis capable »

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Le freeskieur français, vice-champion du monde de halfpipe, est retourné dans un halfpipe, « sa maison », moins d'un an après sa chute où il a frôlé la mort. Kevin Rolland revient sur cette séance mi-mars à Crans-Montana, en Suisse, son unique entraînement de l'année avant le confinement.« Comment s'est passé cette séance de halfpipe, la première depuis votre accident ?C'est mon premier vrai retour, mon premier entraînement. Là, j'ai attaqué en faisant de vrais tricks. Le fait d'être resté loin des halfpipes pendant si longtemps m'avait fait perdre confiance, surtout à cause de la chute l'année dernière. Cette journée m'a plus que rassuré, donc aujourd'hui, je suis super heureux. En plus, c'était le dernier jour d'ouverture des stations. Le soir même, elles ont toutes fermé en Suisse et en France. Du coup après, on a bien respecté, on est allés se confiner à la maison. Je l'ai échappé belle : si j'avais loupé cette journée, ça m'aurait fait deux ans sans pipe. Mais j'ai donc eu deux heures d'entraînement cet hiver.Vous étiez dans quel état d'esprit avant la séance ?Beaucoup de gens se disent que quand tu as perdu confiance, c'est fini. Ce n'est pas vrai. Moi, j'ai perdu confiance, mais je pense que c'est tout à fait normal. ça se regagne. Pour ça, il faut attaquer crescendo, petit à petit, ce que j'ai fait tout l'hiver. On l'a suivi dans mes vidéos : j'ai attaqué doucement à La Plagne, après je suis allé au Japon où j'ai sauté un peu et fait de la poudreuse, puis des choses un peu plus engagées avec la piste de bobsleigh. Et pour finir, le halfpipe, à faire des choses plus ou moins normales. Je pense que j'ai vraiment respecté mon programme fixé en début d'hiver donc je suis content.Retourner dans le pipe, c'était l'objectif final de la saison ?Tout à fait. Retourner dans le pipe et voir de quoi j'étais capable. Tout ce que j'ai fait avant, c'était pour regagner de la confiance. Et ça a été réussi avec succès. Le pipe, c'est ma maison, c'est là où je me suis construit, donc j'avais besoin d'y retourner.Niveau sensations, c'était comment, comme avant ?Encore mieux (sourire), car ça fait longtemps, ça m'avait manqué. Mon corps n'était plus habitué à cette adrénaline, donc ça fait encore plus plaisir. J'ai refait des double cork (quand le rider passe deux fois la tête en bas), c'est un peu le trick qui m'a fait connaître et m'a fait gagner mes premières compétitions, donc c'était important symboliquement pour moi.C'était l'objectif sur cette journée ?Oui. En toute honnêteté, en une demi-heure, c'était plié. En plus, je n'avais pas trop le choix car il faisait très chaud et le pipe s'abîmait à vue d'oeil. Donc il a fallu envoyer la viande, comme on dit dans le jargon, avant que le pipe ne se dégrade. Après, on veut toujours en faire plus. Mais quand je vois où j'en étais l'année dernière, en fin de saison, je ne peux qu'être reconnaissant.Votre accident était il y a un an à peine. Vous êtes déjà de retour, comment vous voyez cette évolution ?Je me remémore dans quel état j'étais il y a un an, dans quel état tous les gens autour de moi étaient et je comprends que j'ai une chance incroyable. Et surtout, que je suis l'homme le plus heureux du monde. J'aurais pu être mort et là, je fais des double cork dans le pipe, donc il y a pire (sourire).Vous sentez que vous pouvez revenir à 100 % la saison prochaine ?(Sans hésitation). En tout cas c'est l'objectif. On va prendre les choses humblement, étape par étape, mais oui.Comment vous gérez tout ça avec le confinement ?Je suis à La Plagne, en famille. Je fais du sport à la maison : gainage, squats, je cours dans les escaliers ou un peu devant chez moi. Je fais du sport avec mon fils, je m'en sers d'haltère (rires), il fait 9 kilos à peu près. Oui, je m'ennuie et je trouve le temps long, mais on fait avec. Il faut rester chez soi, c'est important. »

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