Ski freestyle - Mondiaux - Tess Ledeux, double championne du monde en titre, dans le flou pour les Mondiaux

L'Equipe.fr
·4 min de lecture

Avec seulement deux jours de ski depuis presque deux mois suite à une pause pour raisons personnelles, Tess Ledeux aborde ces Mondiaux de freeski, à Aspen aux États-Unis dans une grande incertitude : la Française de 19 ans défend deux titres mondiaux (big air et slopestyle) mais ne sait clairement pas où elle en est. Aux États-Unis, Tess Ledeux va retrouver cette station où elle a connu la gloire, l'or aux mythiques Winter X Games d'Aspen, en 2020. Cette année, la pépite française a regardé l'événement depuis son canapé, comme « une lionne en cage » selon les mots de son coach Greg Guenet. « Nous traversons avec ma famille des moments douloureux, et je préfère rester auprès des miens », écrivait sobrement sur les réseaux sociaux la quintuple médaillée de l'événement fin janvier, annonçant son forfait. « J'ai eu des moments douloureux avec ma famille, on a traversé une période vraiment pas facile, nous a expliqué Ledeux avant de s'envoler pour les États-Unis. Le sport, c'était vraiment le dernier de mes soucis. C'est pour ça que je vais reprendre à mon rythme et sans pression. Ça prendra le temps que ça prendra. Mais dans ma tête, je suis plus tourné vers l'année prochaine et j'essaie d'oublier cet hiver qui a été compliqué dans tous les sens du terme, avec le Covid-19 en plus. J'ai envie de passer à l'année prochaine le plus vite possible. » Il est encore trop tôt pour poser plus de mots sur une douleur profonde et personnelle, cela viendra plus tard, avec le temps. Kevin Rolland, son cousin et vice-champion du monde de halfpipe « Techniquement, il y a aucun souci, elle peut être championne du monde. Après, ce qui va être compliqué, c'est mentalement. » Pour le moment, après un mois et demi en famille près de Montpellier loin de la neige, Ledeux a eu besoin de retrouver le plaisir de la glisse et des tricks dans les airs. Deux jours d'entraînements (seulement) en près de deux mois, en Suisse, à Crans Montana, « pour reprendre des sensations tranquillement » avant de rejoindre les Mondiaux de freeski (10-16 mars). Ses troisièmes Mondiaux, elle les aborde « avec plus de recul que d'habitude » car elle ne sait pas où elle en est niveau ski. Sa saison a pourtant démarré en trombe : deux courses, deux podiums (victoire en novembre en Coupe du monde de slopestyle puis deuxième en janvier de l'étape de big air).

Pour afficher ce contenu, vous devez mettre à jour vos paramètres de confidentialité.
Cliquez ici pour le faire.

« J'aurais préféré arriver un peu outsider, avoue la Plagnarde de 19 ans. Je sais que j'ai deux titres (en big air, titrée en 2019 et en slopestyle, qui date de 2017) et que j'ai fait un très bon début de saison, mais couper un mois et demi au milieu de la saison et savoir que psychologiquement, je ne suis pas à 100 %, c'est compliqué. Je vais essayer d'être indulgente avec moi-même, même si forcément, je reste une compétitrice, j'ai envie de faire bien et de donner le meilleur de moi-même. Mais je ne sais pas quelles seront mes réactions une fois sur place. » Gérer son mental « On va faire au jour le jour, confirme son coach Greg Guenet, qui croit en ses chances de défendre ses titres. C'est quand même une skieuse pro, il suffit de pas beaucoup d'heures spécifiques sur les skis pour que ça roule. Mais c'est sûr que ça va se jouer plus dans la gestion des émotions. En Suisse, elle avait le sourire et ça déjà, c'est important. » lire aussi Ledeux première championne du monde de l'histoire du Big Air Le freeski, avec notamment ses sauts à plus de cinq mètres de haut et 20 mètres de long en big air, requiert un engagement total et une confiance en soi. « C'est la différence des sports extrêmes par rapport aux sports classiques où tu n'as pas à gérer le côté prise de risques, explique Guenet. C'est pour ça qu'on prendra les choses au jour le jour : en plus de gérer ses problèmes émotionnels, il faut gérer ses prises de risques habituelles. Mais elle a la technique pour que ça fonctionne. » Un constat partagé par Kevin Rolland, son cousin. « Techniquement, il y a aucun souci, elle peut être championne du monde, en slopestyle ou en big air, assure le vice-champion du monde de halfpipe, qui signe également son retour à la compétition après son grave accident en mai 2019. Après, ce qui va être compliqué, c'est mentalement. Mais je crois en elle, elle est toujours en train de se découvrir en tant qu'athlète mais je pense qu'elle en est capable. » Ledeux défend deux titres Les qualifications du slopestyle auront lieu ce jeudi, à partir de 15h40 (heure française), pour une finale samedi (17h30, heure française). Ledeux défendra également son titre en big air (qualifications lundi 15 et finale mardi 16).