Ski freestyle - X Games - Antoine Adelisse, médaillé d'argent des X Games : « La course la plus dure de ma vie mentalement »

L'Equipe.fr
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Déjà vainqueur de l'édition norvégienne en 2020, Antoine Adelisse a confirmé sa présence dans le top 3 mondial du big air avec une belle médaille d'argent aux Winter X Games d'Aspen, aux États-Unis. Le Plagnard revient sur ce week-end américain et cette deuxième place qu'il est allé chercher au bout de lui-même. « Vous êtes redescendu de votre nuage après votre médaille d'argent aux X Games, votre première à Aspen, aux États-Unis ?
Un petit peu, ça m'a pris un moment. Car c'était vraiment une compétition de dingue. C'était la course la plus dure de ma vie mentalement. Mes entraînements se sont super bien déroulés, et le jour de la course, il y a eu un moment où j'étais complètement à côté de mes bottes. Du coup, j'arrivais pas. J'ai mis du temps à bien réaliser mon deuxième saut (il chute sur trois essais consécutifs, sur six sauts), ce qui ne m'était jamais arrivé. Ça m'a mis plus de stress, d'incertitudes. Quand tu tombes trois fois d'affilée sur un saut que tu maîtrises d'habitude... Heureusement que le format était adéquat, avec six sauts en tout (les deux meilleurs comptent). Mais j'étais épuisé mentalement à la fin. C'était fou et c'était dur. Je suis vraiment allé la chercher loin. Je pense que j'avais pas encore les armes nécessaires pour battre Andri Ragettli, mais ça ne saurait tarder. Je suis content de ma progression, mais c'était pas évident. Ça fait d'autant plus plaisir. lire aussi Adelisse, pour la première fois favori des X Games C'est à cause du contexte avec la bulle sanitaire, d'arriver pour la première fois en tant que vainqueur et donc favori ?
Je ne sais pas trop. Le ski était là. Je suis arrivé dans une position qui m'était jusqu'alors inconnue. C'est vrai que ça a été un peu plus dur à gérer. Et j'ai senti, mais comme tous les X Games, que ça n'allait pas être un long fleuve tranquille pour faire un résultat. On n'est pas des robots, ça ne peut pas marcher à tous les coups. Mais j'ai su renverser la vapeur à la fin, je suis content et fier, mon équipe me soutient bien. Greg (Guenet, son coach), est allé jusqu'à me gueuler un peu dessus, me disant de me remettre dedans, de pas lâcher. « J'ai encore deux trois trucs dans la tête. Il faut être patient. Il y a les Championnats du monde, et on est à un an des Jeux Olympiques. » Ça rend cette médaille plus belle que votre victoire en Norvège ou pas ?
Non, c'était encore plus dingue la Norvège. Là, c'était vraiment très intense. Ça rend ce résultat assez mythique, dans le sens où c'est une médaille à Aspen. Elle est vraiment importante pour moi, pour confirmer ma place dans le top 3 mondial. Surtout, c'est mythique Aspen. Ça m'aurait embêté de ne pas faire un résultat ici. Le dernier résultat d'un Français en big air à Aspen, je crois que c'est Candide Thovex. J'étais trop content de ça. C'est quelque chose qui marque. Je suis content de confirmer, de relever ce défi.

En plus, vous avez gagné sans des nouvelles figures, mais vos tricks signatures. Ça veut dire que vous en avez encore sous le pied ?
Oui. Malheureusement, le fait de chuter à trois reprises ne m'a pas permis de pouvoir faire évoluer mon ski. C'est une deuxième place avec des sauts que j'avais déjà réalisés, mais peut-être pas aussi bien. Le switch pre-nose (attraper son ski avant même le saut) et le triple grab (attraper son ski à trois reprises en l'air), je les ai jamais aussi bien faits. Mais j'ai encore deux trois trucs dans la tête. C'est pas grave, il faut être patient. Il y a les Championnats du monde, et on est à un an des Jeux Olympiques. Andri Ragettli a gagné la compétition avec deux nouveaux tricks. Il vous a impressionné ?
Je trouve ça très fort techniquement. Mais pas que Andri, il y a d'autres sauts complètement dingues. C'était assez homogène dans le genre « fou » (rires). C'était la finale la plus relevée de vos courses ?
C'est marrant, on le dit à chaque fois. Mais oui, à chaque nouvelle course de big air, on monte d'un cran. Encore plus dingue que celle en Autriche (début janvier, en Coupe du monde, où il a terminé 2e). Comment vous voyez votre fin de saison ? On ne sait pas encore si les Championnats du monde auront lieu, les X Games pourraient être votre dernière grosse compétition de l'année...
Les X Games, c'était la compétition la plus importante de l'année, il n'y a pas de doute. Pour les Mondiaux, on ne sait toujours pas ce qui est prévu... Je pars du principe que s'ils ont lieu, ce sera très bien, ce sera une grosse course. Sinon, c'est comme ça et j'aurai quand même rempli mon plus gros objectif de la saison : un podium aux X Games. Je vais ce week-end à la Coupe d'Europe aux Arcs. Après, je vais aller filmer un peu. J'ai trop envie d'aller faire un peu de freeride, profiter de la neige, à la maison, et mettre de côté le dossard pour quelques semaines. »