Ski/Snowboard - Mondiaux - Une bulle sanitaire dans la féerie suédoise aux Mondiaux de skicross et snowboardcross

L'Equipe.fr
·4 min de lecture

Regroupés dans le décor féerique de la station suédoise d'Idre Fjall pour les Mondiaux de skicross et de snowboardcross cette semaine, les Français vivent dans une « bulle sanitaire », qui n'a pas perturbé leur début de compétition avec un quasi-sans faute en qualifications.

Sur la route pour les Mondiaux, au coeur d'un paysage féerique nordique, l'équipe de France de snowboardcross a croisé... un renne sauvage ! Et avant de poser leurs valises à Idre Fjall, après six heures de voiture, ils ont même pu passer la porte d'un restaurant.

« Ils sont ouverts, c'était un plaisir immense, presque comme la vie d'avant, apprécie Chloé Trespeuch, vice-championne du monde en 2017. On voit qu'ils n'ont pas la même stratégie de gestion de la crise sanitaire : les masques ne sont pas obligatoires, mais ils respectent vraiment les distances, ils sont très disciplinés. » Près de la piste où s'affronte la crème mondiale cette semaine, les remontées mécaniques amènent les riders amateurs au sommet toute la journée, ce qui ferait rêver n'importe quel patron de station de ski française. Bienvenue en Suède !

« Un cadre exceptionnel »
Les snowboardeurs ont découvert pour la première fois cette partie de l'Europe et son décor féerique de carte postale hivernale, à seulement un peu plus de 800 mètres d'altitude. « Il y a une vue dégagée sur toutes les collines au loin, avec plein d'arbres, raconte Chloé Trespeuch. Les couleurs des levers et couchers de soleil, malgré les petites journées, sont vraiment belles. C'est agréable et dépaysant d'être dans un cadre aussi exceptionnel. Ça change de ce qu'on a l'habitude de voir, car c'est que des collines et pas des montagnes raides comme dans les Alpes. »

Les Bleus du skicross ont eux l'habitude de s'arrêter à Idre Fjall, à 450 kilomètres au nord-ouest de Stockholm, près de la frontière norvégienne. Ils y étaient même il y a un peu plus de deux semaines, pour une manche de Coupe du monde. La piste restera quasi inchangée, juste légèrement modifiée pour accueillir à la fois skieurs et snowboardeurs. Mais tout est fait pour que les deux équipes de France ne se croisent pas, bulle sanitaire oblige. Les tests PCR qui gratouillent le nez sont devenus une habitude, comme le port du masque ou l'utilisation de gel.

Les restrictions sanitaires, tous les athlètes s'y sont habitués depuis le début de saison, fin 2020. « Les voyages, c'est le plus galère car c'est long, les règles ne sont pas les mêmes partout, explique François Place, champion du monde de skicross en titre. Mais une fois qu'on est dans nos apparts et sur le parcours, ça va. C'est une saison où il faut rester patient. »

Pour tous, le gros stress serait d'être positif et devoir laisser le dossard dans le sac. « On commence à être rodés, confirme Alizée Baron, médaillée de bronze aux Mondiaux 2019, qui rêve du titre mondial. Ce qui était peut-être un peu contraignant au début de l'hiver, maintenant, c'est une routine. Cet automne, on avait la crainte qu'il y ait des cas dans certaines équipes, comme la nôtre, et que ça fasse des courses bizarres sans certains athlètes. Pour le moment, il n'y a eu aucun souci. »

13 Français en phase finale
Comme tous les sportifs depuis mars 2020, ils s'adaptent. Les groupes d'entraînements par exemple, ont été divisés par deux, toujours pour éviter les rassemblements. Ce qui ne déplaît pas à François Place : « C'est mieux, on est moins sur le parcours, on a plus le temps de faire nos choix (de ligne), sourit le Français. Là, il y a un système de dossards, on est obligés de partir dans un certain ordre. Ça fluidifie et il y a moins de regroupements. J'espère qu'ils garderont ce système. » Chacun son horaire, également pour manger. Les Bleus du snowboardcross ont hérité du créneau le plus tôt : 6h30 pour le petit-déjeuner et 17h30 pour le dîner. « Il faut s'y habituer, c'est sûr que ça fait bizarre, mais c'est une toute petite contrainte par rapport à la crise », relativise Chloé Trespeuch.

Cela ne semble pas perturber les Tricolores qui, malgré les températures sous les 10 degrés, ont parfaitement lancé leurs Mondiaux en ce début de semaine. Les Français ont réalisé un quasi-sans-faute lors des qualifications (5 en phase finale du snowboardcross jeudi et 8 en skicross samedi), marquées par la domination de François Place et la deuxième place de Merlin Surget. De quoi faire le plein de confiance avant les phases finales, à partir de jeudi.