Sophie Dubourg, la DTN de l'équitation française : « Un objectif de podium »

Sophie Dubourg, la DTN, espère une bonne performance de l'équipe de France d'équitation lors de la Coupe des nations à la Baule. (F. Porcu/L'Équipe)

La directrice technique nationale de l'équitation française, Sophie Dubourg, considère déjà la Coupe des nations qui se déroule vendredi à La Baule comme un premier test en vue des Championnats du monde en août et des JO de 2024.

La Baule se prépare, vendredi à 14 heures, pour une Coupe des nations sous le soleil et avec une équipe de France mélangeant expérience et jeunesse. Sophie Dubourg, directrice technique nationale de l'équitation française, a déjà dans le viseur les Jeux Olympiques de 2024.

« Sophie Dubourg, comment appréhendez-vous cette édition de la Coupe des nations ?
On a bien sûr un enjeu sportif ici, mais on essaie de renforcer nos couples et de les aguerrir parce que les championnats internationaux restent les plus importants (Championnat du monde du 6 au 14 août à Herning au Danemark puis Championnat d'Europe en 2023 puis JO 2024). L'idée est de se servir de la pression à domicile pour commencer à intégrer de nouveaux couples sur un format « Coupe des nations ». On peut penser qu'on a beaucoup de temps pour préparer ses couples pour les Jeux Olympiques mais sur des échéances comme ça avec des formats olympiques et des Grands Prix en deux manches avec une pression « équipe et à domicile », c'est important pour nous de les évaluer.

Ce week-end est déjà un petit test en vue des JO ?
Complètement. Et surtout des championnats internationaux. On a vraiment 50 % de l'équipe qui est très jeune (Mégane Moissonnier, 25 ans, et Simon Delestre, un cavalier expérimenté avec un cheval inexpérimenté Cayman Jolly Jumper). C'est l'étape qui prépare le plus en termes de pression. Ce format équipe met toujours plus de pression. Une déception individuelle, on la digère en petit comité. Une contre-perf qui impacte toute une équipe, c'est toujours plus lourd.

« Il faut trouver des pistes avec plus d'accompagnement pour ces cavaliers. Ils le font, en grande majorité, souvent merveilleusement bien pour leurs chevaux mais pas assez pour eux comme athlètes »

Comment avez-vous digéré le « traumatisme » des JO de Tokyo ?
On en a parlé entre nous à chaud. On a eu trois jours avant de repartir pour débriefer. Il y a eu de grosses déceptions. Quand on les interroge, Simon (Delestre) ou Mathieu (Billot) disent qu'ils ne digéreront jamais. Tout est très lourd en équipe et il faut qu'on les prépare à ça. Ici, on a encore la chance d'avoir un format avec un drop score (le score le moins bon ne compte pas), aux Jeux Olympiques il n'y en a pas. C'est d'autant plus difficile. Comment fait-on ? On en discute, on résout les problèmes techniques, on fait un accompagnement physique et mental. On a remis une dimension d'accompagnement. Tous les couples, ciblés pour de l'accompagnement personnalisé à partir des Championnats du monde, vont être soumis à la signature d'une convention dans laquelle le cavalier s'engage à un accompagnement physique et mental. Il faut trouver des pistes avec plus d'accompagnement pour ces cavaliers. Ils le font, en grande majorité, souvent merveilleusement bien pour leurs chevaux mais pas assez pour eux comme athlètes. Depuis six ans, ça évolue très bien mais on le fait trop dans l'urgence et quand on rencontre un problème.

Mégane Moissonnier va vivre sa première sélection en Coupe des nations seniors. Qu'est-ce qui a motivé ce choix ?
On ne peut pas les envoyer au casse-pipe. Elle a une solidité technique et une expérience chez les jeunes qui font qu'elle a déjà la maturité pour faire cette Coupe des nations. C'est une jeune femme qui réussit et qui a un piquet de chevaux conséquent. Là, c'est une Coupe des nations seniors, à domicile avec de la pression, c'est une expérience vraiment importante. Elle sera abritée car elle est en deuxième position et elle est avec une équipe expérimentée. On a déjà fait une réunion avec l'ensemble de l'équipe pour déterminer l'ordre. Mégane connaît tout ça, elle a été le pilier des équipes jeunes. Elle amène beaucoup de fraîcheur. Ses coéquipiers sont bienveillants et toujours très généreux. En individuel, il peut toujours exister des tensions, ce sont tous des chefs d'entreprise, il y a des sujets de chevaux, de commerce, de chevaux qui changent d'écurie. Mais quand vous les réunissez en équipe, les tensions disparaissent et c'est vraiment une journée où on les observe et on les voit complètement transcendés. Ce sont des épreuves qui sont une incroyable école de vie.

« Il manque quelques chevaux piliers et ça arrive très tôt dans la saison mais on serait déçus de ne pas être sur le podium. »

Quel est l'objectif sur cette Coupe des nations ?
On a clairement un objectif de podium. Il manque quelques chevaux piliers et ça arrive très tôt dans la saison mais on serait déçus de ne pas être sur le podium. Quand ce ne sont pas des couples qui ont été « routinés » l'année d'avant et dans l'hiver, c'est compliqué de dire qu'on se sent très à l'aise. En plus, le scénario des Coupes des nations est toujours incroyable, notamment la deuxième manche. On va veiller à ce que nos troupes ne craquent pas et ça dépendra de la difficulté du parcours qu'on va rencontrer, le terrain et la météo sont superbes. Il y a un très bon esprit dans cette équipe. »

Les couples français sélectionnés dans l'ordre de passage pour la Coupe des nations : 1) Simon Delestre (Cayman Jolly Jumper), 2) Mégane Moissonnier (Cordial), 3) Pénélope Leprévost (Excalibur de la Tour Vidal*GFE), 4) Kevin Staut (Visconti du Telman).

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