Le sport d'après - L'édito de Jean-Baptiste Renet sur le sport d'après : c'est sa chance

L'Equipe.fr
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Jean-Baptiste Renet, rédacteur en chef, explique notre démarche et nos propositions pour le sport d'après la pandémie de coronavirus.Trop peu pratiqué depuis le début de la crise sanitaire, l'excès de prudence est d'autant plus recommandé quand il s'agit d'imaginer le sport « d'après ». Mais Carlo Ancelotti n'était déjà pas loin de la vérité quand, dès le 3 avril dans les colonnes de L'Équipe, il affirmait : « Ce ne sera plus jamais la même chose. » Six semaines plus tard, les premières images de foot envoyées d'Allemagne n'invitent pas exactement à contredire l'entraîneur d'Everton.L'avis d'Arsène Wenger sur nos propositions pour le foot du monde d'aprèsAlors que les répliques se font encore sentir, il serait hasardeux d'apprécier l'impact du séisme. Mais, des clubs de Top 14 menacés de banqueroute au coach de tennis sorti livrer des pizzas pour boucler le mois, certains modèles ont été questionnés par la crise avec une telle violence que le monde du sport pourra difficilement choisir l'évitement pour dessiner des lendemains plus sereins.Boris Cyrulnik : « e sport, un précieux facteur de résilience »À quoi ressembleront-ils ? C'est bien l'interrogation et quand des milliers d'emplois semblent suspendus au versement des droits télé du foot, il est naturel que les préoccupations soient d'abord d'ordre économique. Mais d'autres questions, très diverses, transcendent les disciplines et ne sont pas moins essentielles. Comment repenser les calendriers et préserver les athlètes du surmenage ? Comment organiser des événements planétaires sans verser dans le gigantisme ? Comment réduire l'empreinte carbone des circuits habitués à planter leur chapiteau sur un continent différent chaque week-end ? Comment le sport peut-il devenir un enjeu de santé publique et d'éducation quand des millions de Français ont découvert les bienfaits de l'exercice physique ? Quelle place pour le spectateur dans un match à huis clos ?En pleine crise, le monde du sport a montré une capacité de mobilisation parfois formidable, transformant des stades en centre d'accueil pour les plus vulnérables ou distribuant masques et repas au personnel soignant. Si la défense de l'intérêt collectif n'est pas encore devenue un sport national, il doit maintenant faire durer cet élan dans le temps pour esquisser un nouveau visage, un peu moins cynique, un peu plus vertueux. Qu'il voie cet aggiornamento comme une chance à saisir.Confrontées aux points de vue de quelques expert(e)s, qu'ils ou elles soient du sérail ou d'ailleurs, les quelques propositions formulées ici par L'Équipe n'ont d'autre ambition que de nourrir le débat. Ne soyons ni naïfs ni angéliques. Espérons seulement que certaines d'entre elles n'en restent pas au stade du voeu pieux.