Le sport d'après - Rugby - Thierry Dusautoir, sur l'après-coronavirus : « Régler ce problème de calendrier »

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L'ancien capitaine des Bleus, aujourd'hui consultant de «L'Equipe» et de Canal+, se montre offensif sur la question de l'inflation des matches et de la lourdeur du calendrier. Voici ses recommandations sur l'après-crise.« Le sujet du calendrier en rugby est un serpent de mer, mais il faudra régler ce problème un jour et la période que nous traversons y invite naturellement. Je crois, pour commencer, que World Rugby devrait plus prendre en compte les deux ligues majeures (France et Angleterre) quand il pense à un format global. Elles sont les moteurs économiques du rugby dans le monde. Derrière, les autres pourraient construire un calendrier cohérent et en finir avec ces doublons qui pourrissent les Championnats et notamment le Top 14. Tout le monde veut faire rentrer sa compétition ou son format, mais, quoi que l'on fasse, il n'y aura toujours que 52 semaines sur une année et les joueurs ne sont pas des machines.Bien sûr qu'il faut commencer par homogénéiser les saisons entre le Nord et le Sud, mais pourquoi est-ce toujours le Nord qui doit calquer son modèle sur celui du Sud ? Je ne comprends pas la raison. Le Sud est actuellement dans une difficulté financière importante, mais ce n'est pas nouveau, parce que son modèle ne marche pas. C'est donc le Nord qui doit être force de proposition, ne serait-ce que parce que les droits télé y sont plus importants, car le Top 14 et la Premiership font bien plus d'audience. Si vous enlevez la Premiership et le Top 14, je ne suis pas certain que le rugby professionnel existe encore. Ce ne sont pas les Celtes ou le Sud qui vont le maintenir. L'idée n'est pas d'écarter les grandes nations de l'autre hémisphère, mais il me semblerait normal que les grands Championnats du Nord restent performants pour continuer de tirer le rugby vers le haut.Maintenant, homogénéiser les saisons est indispensable, ne serait-ce que pour donner de la lisibilité, mais à condition que l'on ne rajoute pas de dates. Le rythme est déjà insoutenable et les joueurs ne peuvent pas faire n'importe quoi non plus. On ne peut pas, d'un côté, vouloir rajouter plus de dates pour des raisons économiques et, de l'autre, dire que l'on est conscient des problématiques de santé en matière de dopage ou des commotions cérébrales. Plus de matches créeraient les conditions propices à la dérive. Et pourquoi ? Parce que les Fédérations travaillent de leur côté et les Ligues du leur. En France, les décisions ont été prises au niveau de nos instances, mais finalement, c'est plus haut qu'il faut discuter. Parce que la Fédération n'est pas prescriptrice.Thierry Dusautoir : « Il n'y a pas l'économie pour soutenir ce rythme »Comme je l'ai déjà dit dans ces colonnes, l'EPCR (qui gère les compétitions européennes) fait quelque chose d'intéressant. Pour commencer, ils ont pris conscience que le format n'allait pas. Et derrière, ils ont proposé quelque chose qui va dans le sens de l'allègement du calendrier. C'est une démarche intelligente et ils n'ont pas cherché à rajouter des matches. Et quand l'EPCR propose ce lifting, il ne cherche pas à gagner moins d'argent. Aujourd'hui, la valorisation du rugby ne passe que par le nombre de dates. Il n'imagine pas quelque chose de plus réduit mais plus intense et plus présent, mais qu'il rapportera peut-être quelque chose de plus important. »

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