Tous sports - Les candidats au CNOSF interpellés

L'Equipe.fr
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Courtisés mais pas satisfaits, huit présidents de fédération olympique interpellent les quatre candidats à la présidence du CNOSF pour connaître leurs idées sur les sujets clés. La mode est aux lettres ouvertes mais celle-ci détonne un peu dans le paysage sportif puisqu'elle ne s'adresse pas au trio Président de la République-Premier ministre-ministre des Sports mais aux quatre candidats à la présidence du CNOSF le 29 juin prochain. « Vous, ou vos équipes, nous sollicitez très régulièrement afin que nous vous rallions. Nous ne le ferons pas, pour le moment du moins. Nous revendiquons le fait de ne pas vouloir choisir un(e) candidat(e) sans connaître les raisons véritables de son engagement, sa vision, le bilan de ses dernières années et enfin son programme » ont écrit, mardi, huit présidents de fédération olympique (triathlon, golf, surf, tennis, lutte, badminton, taekwondo et natation). « On se réjouit qu'il y ait quatre candidats mais nous nous sommes attachés à ce qu'ils puissent exposer leurs idées c'est pour cela que nous souhaitons les challenger pour rentrer dans les questions que l'on se pose », explique Cédric Gosse, nouveau président de la Fédération française de triathlon et premier signataire alphabétiquement. Yohan Penel « Les fabriques à champions ne peuvent-elles pas être des fabriques à citoyens ? » Parmi les treize questions écrites noir sur blanc, la première est directement liée à l'actualité : « Comment appréhendez-vous la sortie de crise et comment prévoyez-vous d'accompagner les fédérations ? ». Pour Cédric Gosse, « la question du sport est en train d'évoluer. Toute la crise sanitaire a montré que pratiquer du sport en dehors d'un club était possible. La question se pose de l'utilité d'aller dans un club et du rapport avec la société », estime-t-il. « On ne peut pas rester sur la question de la performance, il faut aussi prendre en compte l'impact social du sport », poursuit le président de la FFTri. Plusieurs présidents signataires, comme Yohan Penel (badminton) et Gilles Moretton (tennis) s'étaient déjà engagés, pendant leur campagne, aux côtés de six associations comme les Colibris du Sport ou Yunus sport hub, pour respecter vingt-quatre engagements en matière de gouvernance, éducation, santé, éthique ou écoresponsabilité. « Dans les écoles de badminton, on apprend la technique mais il y a aussi les valeurs. Les fabriques à champions ne peuvent-elles pas être des fabriques à citoyens ? », s'interrogeait tout haut Yohan Penel, élu président FFBad le 12 décembre dernier. Une critique de la gouvernance actuelle Quand les signataires - dont plusieurs étaient prêts à se rallier à Nicolas Hénard avant qu'il ne soit battu à la Fédération française de voile - posent la question : « quelle gouvernance mettrez-vous en place au CNOSF pour travailler différemment avec les fédérations, faire en sorte que chacun se sente chez lui et que tous les débats puissent avoir lieu sereinement et efficacement ? », ils émettent une critique à peine voilée de la gouvernance actuelle. Tous revendiquent le droit de choisir en connaissance de cause. « Nous avons beaucoup de demandes pour nous rallier à un candidat, confirme Cédric Gosse. Notre questionnaire représente ce qui pourrait devenir notre grille d'analyse des programmes ». Du dossier des violences dans le sport à la digitalisation, en passant par le poids politique du CNOSF et bien sûr les Jeux de Paris 2024, rien n'est oublié. « Comment et avec qui construirez-vous un véritable héritage matériel et immatériel des Jeux de 2024 ? », se demandent ainsi les présidents. « Moins d'un an après les élections au CNOSF auront lieu les présidentielles, ce qui en fait un mandat particulier. Le CNOSF doit trouver sa place », estime Cédric Gosse. Mardi soir, la lettre, envoyée également aux 108 fédérations appelées à voter, avait déjà reçu l'adhésion de la Fédération française des clubs universitaires qui rejoignait les huit présidents. À suivre.