Tous Sports - Corruption - La manipulation des matches existe en France

·4 min de lecture

La conclusion d'une enquête présentée mercredi révèle que la manipulation des rencontres sportives existe en France, sans qu'elle soit forcément d'ordre crapuleuse. « Oui, la manipulation des matches existe en France. » Carole Gomez, directrice de recherche à l'IRIS (Institut de relations internationales et stratégiques), a présenté mercredi les conclusions du projet EPOSM, dont le but est d'étudier le phénomène de manipulation des rencontres sportives en France. Les deux autres : « la remontée d'alerte existe, mais elle est imparfaite » et « la sensibilisation ainsi que la prévention restent à consolider ». Pour mener ce projet, un questionnaire de trente-six questions a été diffusé entre juin et octobre 2020 aux acteurs du sport, à savoir les joueurs, entraîneurs, arbitres et dirigeants. L'anonymat était garanti. 14 303 réponses ont été reçues à l'échelle européenne, pour 5 059 complètes et prises en compte. En France, soixante personnes ont été contactées pour truquer un match En ce qui concerne la France, 2 475 personnes ont répondu au questionnaire, et 359 l'ont rempli entièrement. La répartition des sports était la suivante : 38,4 % pour le handball, 22,5 % pour le football, 9,2 % pour le tennis et 29,8 % pour les autres sports. C'était en majorité des hommes (69,4 %) et des athlètes (62,7 %). Mais aussi des arbitres (31,7 %) et une très faible part de dirigeants (1,7 %). Il en ressort que, sur ces 359 personnes, soixante ont été contactées directement ou indirectement pour participer aux trucages de matches ou d'un jeu en tennis, dont vingt-quatre directement : sept au football et autant au handball, cinq au tennis et autant dans les autres sports, notamment le badminton, le basket, l'escrime, le judo, la natation et le rugby. Dix personnes ont été approchées une seule fois, dix autres deux ou trois fois ; et trois ont été approchées plus de trois fois. La remontée d'informations défaillante Parmi ces soixante personnes, la moitié n'a jamais rapporté l'information. Vingt-neuf l'ont rapporté auprès de : coéquipiers (16), entraîneurs (11), Fédération (6), équipe dirigeante (5), police (2) et une autre personne (10). Plus inquiétant : aucune alerte n'a été remontée via une plateforme en ligne. Il existe pourtant un outil, « Signale ! », mais il semble encore méconnu. D'ailleurs, en ce qui concerne la prévention, 72 % considèrent qu'ils ne sont pas assez informés, voire pas du tout sur le sujet de la manipulation des matches. Il ressort logiquement qu'un travail important doit être engagé sur la sensibilisation, notamment dans le sport amateur. Seulement quinze cas signalés De tous ces cas, seulement quinze ont été signalés, par sept athlètes, sept arbitres et un entraîneur, tous au niveau amateur, dont six dans le football, cinq dans le handball, un seul dans le tennis, le rugby, le badminton et la natation. Ce qui est intéressant avec cette étude, c'est qu'elle a permis d'identifier la fonction des personnes qui ont tenté de les corrompre : il y avait neuf entraîneurs, deux athlètes, deux membres de l'équipe dirigeante, un arbitre et un « autre ». Nous rappelons que certains ont été approchés à plusieurs reprises. Autre enseignement : neuf appartenaient à l'équipe adverse et quatre à leur propre équipe ! D'ailleurs, trois personnes reconnaissent avoir accepté pour ces raisons : la demande venait de leurs coéquipiers et cela était dans l'intérêt du club. Il y a également eu un versement d'argent ou de bien matériel en échange dans un cas. Par ailleurs, cinquante et un ont eu connaissance d'une personne approchée : quinze au football, quatorze au handball, dix au tennis et douze dans les autres sports. En revanche, il ne s'agit pas forcément de pratiques crapuleuses, sauf dans le cas du versement d'argent. Ce sont dans la plupart des cas des « arrangements » liés aux enjeux sportifs pour éviter qu'un club ne soit relégué par exemple. L'étude préconise de mener des recherches complémentaires sur les questions d'éthique. Les paris sportifs, l'autre souci Dans cette étude, un focus a été réalisé sur les paris sportifs, liés cette fois aux organisations criminelles. Six cas ont été remontés : quatre dans le tennis, au niveau professionnel, un dans le badminton, également au niveau professionnel, deux sports où il est aisé de corrompre la personne, étant donné que ce sont des sports individuels et qu'il est possible de parier sur un jeu et non sur le résultat d'un match. Et un dernier cas en handball, au niveau semi-professionnel. Il leur a été demandé de sous-performer et d'influencer le résultat du match, parfois le résultat exact, en échange d'une somme d'argent comprise entre 1 000 et 5 000 euros. Ces questionnaires ont été remplis de manière anonyme, l'identité des sportifs n'est donc pas connue. Les approches venaient de France (4 cas), de Serbie et du Cameroun. Quant aux corrupteurs, quatre ont été approchés par un parieur, un autre par un sportif lié à un parieur et un dernier par un ancien sportif lié à un parieur.

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles