Tous sports - Les disparités de primes entre sportives et sportifs se réduisent

L'Equipe.fr
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BBC Sport a livré sa troisième étude sur les disparités de primes entre hommes et femmes. Les écarts se réduisent.

De moins en moins d'écart
Préliminaire méthodologique : la BBC s'attache uniquement à l'évolution des prize money, primes versées par les organisateurs dans 48 sports étudiés. Le débat sur les salaires entre hommes et femmes est hors champ de cette étude. Que faut-il en retenir ? De gros écarts demeurent entre les primes pour les hommes et celles pour les femmes dans le foot, le golf et le basket. Mais beaucoup de sports progressent.

Ils ont atteint l'égalité
La BBC pointe des primes identiques entre hommes et femmes pour au moins une compétition majeure depuis 2017 dans certains sports, parmi lesquels le hockey, le plongeon de haut vol, le surf ou la lutte. Autre exemple, le cricket, le sport « qui a fait les plus grands pas depuis 2017 pour réduire le fossé ». Un exemple de poids dans la sphère de culture britannique, et dont les responsables espèrent servir de modèles à d'autres disciplines.

Le foot à la traîne
Une disproportion en exemple : avec 1,12 milliard de téléspectateurs, la Coupe du monde féminine 2019 a été trois fois moins regardée que celle des hommes en 2018. Mais les primes pour les femmes étaient neuf fois plus faibles. La FIFA dit poursuivre « un objectif à long terme ». L'UEFA a même réduit la prime pour les gagnantes de la Ligue des champions, de 250 000 euros en 2019 à 150 000 euros en 2020 et 2021. Mais « pour augmenter les primes dans les premiers tours du tournoi ».

Les fans au soutien des coureuses
Le Tour de Grande-Bretagne cycliste est égalitaire depuis 2018, pointe l'étude, un cas unique. Anecdote : des fans ont lancé une souscription pour combler l'écart des primes aux cinq premières femmes (6 298 euros) et les cinq premiers hommes (31 600 euros) lors des dernières Strade Bianche. Lundi, après les victoires de Chantal van den Broek-Blaak et Mathieu van der Poel, 1 100 personnes avaient donné plus de 26 000 euros. Commentaire pragmatique de Tomas Van Den Spiegel, patron de Flanders Classic (Tour des Flandres, Nieuwsblad...) : « Si les organisateurs devaient considérer le cyclisme féminin comme un pur business, ils n'auraient aucune raison de s'engager. Ils le font parce qu'ils croient à l'égalité dans le sport, qui pourrait être un jour économiquement viable. »

Le golf, mieux mais...
Les joueuses pro sont de mieux en mieux rémunérées. Mais toujours moins que les hommes. Le prochain US Open mettra en jeu 2,25 millions d'euros en juin contre 1 million d'euros à l'US Women's Open, la plus grosse bourse en jeu dans le golf pro féminin. Le problème que pointe l'organisateur, l'USGA : « Les investissements exigés sont disproportionnés comparés aux revenus générés. » Avant toute considération philosophique, politique ou sociale sur le genre, c'est souvent cette réalité comptable qui freine ceux qui paient.

« Prize money : Cricket makes progress towards gender parity, biggest gap in football », par Katie Falkingham, Sonia Oxley et Anna Thompson.