Tous sports - Jean-Michel Blanquer : « Pourquoi pas un sportif ministre de l'Éducation ? »

L'Equipe.fr
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Le ministre estime que l'intégration des sports à l'Éducation nationale est désormais « irréversible ». Jamais des étirements dans une cour d'école n'auront autant fait causer, buzzer, et susciter des commentaires souvent moqueurs. Le mardi 2 février, Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Education nationale, de la Jeunesse et des Sports, s'est rendu dans un établissement scolaire du XIXe arrondissement de Paris pour promouvoir l'opération « 30 minutes d'activité physique quotidienne. » « Ce n'est pas la première fois que je pratique un sport en gardant ma cravate. » Les images du ministre masqué, cravaté, les lunettes couvertes de buée, et le manteau sur le dos, en train d'effectuer des petits cercles avec ses genoux, ou de se lancer dans une séance effrénée de « shadow boxing » ont été vues des millions de fois sur les réseaux sociaux. « C'était totalement improvisé, même si ce n'est pas la première fois que je pratique un sport en gardant ma cravate. J'ai déjà fait du canoë, du rugby, des barres parallèles... Je vous recommande particulièrement la vidéo où je franchis des petites haies avec André Giraud, le président de la Fédération française d'athlétisme (FFA). Elle mérite de figurer dans mon top 3 ! », s'est amusé Jean-Michel Blanquer au cours d'un petit-déjeuner organisé, mercredi matin, avec des journalistes spécialistes de sport, dont L'Équipe.

« Au moins, tout le monde connaît désormais notre mesure des trente minutes de sport quotidien à l'école. 900 établissements ont déjà manifesté un intérêt. Nous avons un référent dans chaque département. Cela illustre parfaitement notre volonté de rapprocher le sportif du scolaire », explique plus sérieusement le ministre. Pendant cette heure de conversation au coin du feu, dans son bureau du ministère, rue de Grenelle, le ministre a beaucoup insisté sur « la vraie équipe » qu'il souhaite former avec la ministre déléguée chargée des Sports, Roxana Maracineanu. « C'est Roxana qui a désiré cette intégration. Elle a compris qu'ensemble, nous pourrions faire passer des mesures plus facilement, comme la mise en place du Pass'sport, avec une enveloppe de 100 M€ (inspiré du Pass Culture, le Pass'sport est une « aide financière d'au moins 50 € pour prendre en charge une partie du coût d'inscription dans un club sportif d'un jeune de moins de 16 ans ». Il devrait être lancé pour la prochaine rentrée de septembre). Au niveau des administrations de nos deux ministères, le maillage est tellement serré que l'intégration des sports dans l'Éducation nationale semble désormais irréversible. Si l'un de mes successeurs voulait revenir en arrière, il lui faudrait à nouveau tout casser. Ça n'aurait aucun sens », prévient le troisième ministre dans l'ordre protocolaire du gouvernement. « En temps de pandémie, les Français doivent se protéger, mais ils ont aussi besoin de culture et de sport. » Est-ce à dire que les sportifs n'auront plus jamais de ministre de plein exercice, et qu'ils devront pour toujours se contenter d'un(e) ministre délégué(e) ou d'un(e) secrétaire d'État ? « Et pourquoi pas un sportif ministre de l'Éducation ? » répond d'une pirouette le spécialiste du shadow-boxing, qui aura bien besoin de s'échauffer avant la réunion qui l'attend, vendredi, avec les représentants du football professionnel. La LFP devrait notamment demander l'exonération de la taxe Buffet, à charge pour l'État de la payer pour la Ligue. « Je participerai à cette réunion avec Roxana Maracineanu et Bruno Lemaire (le ministre de l'Économie, des finances et de la relance). Les propositions du foot pro sont tout à fait audibles, ce qui ne signifie pas que nous pourrons dire oui à tout », prévient prudemment ce grand admirateur de Marius Trésor. Sur la question du retour à la normale post-Covid pour le sport aussi bien professionnel qu'amateur, Jean-Michel Blanquer se veut volontariste, sans non plus rien promettre de trop précis. « Comme vous avez pu le constater, je n'appartiens pas au clan des "confineurs" à tout prix. Je respecte totalement la solidarité gouvernementale, mais je ne pense pas non plus que la gestion du Covid doit devenir l'alpha et l'oméga de nos vies. En temps de pandémie, les Français doivent se protéger, mais ils ont aussi besoin de culture et de sport », conclut le ministre qui n'hésite jamais à mouiller sa chemise et sa cravate.