Tous sports - JO 2020 - Jeux Paralympiques de Tokyo 2020 : la France derrière en projection de médailles

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À l'heure des projections pour les Jeux Paralympiques de Tokyo, la France, qui vise une trentaine de médailles, apparaît loin du top 10. Elle travaille pour rattraper son retard d'ici à 2024.Après la présentation de la carte des sites des Jeux Paralympiques de Paris 2024, hier dans le nord de Paris, place à Tokyo 2020 pour la projection des médailles aux Jeux Paralympiques (25 août - 6 septembre). Et celle-ci n'est pas encourageante. Selon le compteur arrêté au 27 novembre, sur la base de l'addition des Championnats du monde, la France pointe à la 23e place avec 34 médailles dont 6 en or, 10 en argent et 18 en bronze. Loin derrière le trio de tête composé de la Chine (183 médailles), de la Grande-Bretagne (116) et de la Russie (129), en retrait hiérarchique par rapport aux derniers Jeux (voir ci-dessous).« Rentrer dans les dix premiers paraît complètement illusoire. Mais on peut grimper au classement car un ou deux titres olympiques supplémentaires nous font monter de dix places, estime Claude Onesta, manager de la haute performance. On n'est pas moins bons qu'avant mais le poids et le prix de la médaille sont devenus plus chers parce qu'il y a beaucoup plus de concurrence. » Et que la France, par manque de pratiquants, a beaucoup de trous dans sa raquette.Si Marie-Amélie Le Fur, présidente du Comité paralympique et sportif français (CPSF), confirme qu'une ou deux médailles d'or peuvent changer la donne, elle s'étrangle en constatant ce 23e rang. « Ce chiffre ne reflète pas la réalité. Et puis, on fait des projections sans savoir le sort réservé aux athlètes russes, notamment en athlétisme et natation », tempère la triple championne paralympique d'athlétisme en faisant référence au risque de suspension lié au dopage.Un séminaire s'est tenu la semaine dernière à Chantilly (Oise) avec les dix fédérations paralympiques et de nombreux athlètes pour préparer les prochains Jeux d'été. « Un temps d'échanges et de partage pour créer une équipe unie et protéger les athlètes des dangers extérieurs, comme ceux venus des réseaux sociaux, poursuit-elle. Notre objectif est de faire aussi bien qu'à Rio, avec au moins neuf médailles d'or pour une trentaine au total. »Découvrez la carte des sites des épreuvesSoit, grosso modo, la projection effectuée par l'Agence nationale du sport. « On subit la perte de l'épreuve de voile mais on peut gagner des médailles dans de nouvelles disciplines comme le para-badminton (sur un total de 22 sports) », assure-t-elle.Le CPSF a lancé en février une grande opération de détection (« La Relève »), qui a suscité 660 inscriptions pour 150 participations à des tests et une dizaine de talents détectés. Mais, étant donné les délais d'ici à Tokyo, impossible de savoir combien de candidats ont pris une licence pour poursuivre l'aventure et se lancer dans l'arène. « La France n'a pas pris le train du sport paralympique à temps », rappelle Marie-Amélie Le Fur.Le CIO renforce son implication dans les Jeux Paralympiques« Le retard pris était indigne d'un pays comme la France, abonde Claude Onesta. Le gros travail que l'on a à faire avec le CPSF est un travail de structuration. On a pratiquement doublé les subventions dans le périmètre paralympique en direction de la Fédération française handisport, mais aussi de toutes les fédérations qui ont acquis la délégation paralympique. L'investissement a été conséquent mais on ne peut pas encore en espérer les fruits. Dans le périmètre des valides, on peut se focaliser sur le très haut niveau parce que la machine est fonctionnelle. Dans le périmètre paralympique, c'est plus complexe et il faut accepter l'idée qu'il y ait une phase de structuration et de développement qui se fasse en parallèle avec l'élite. Mais si on ne travaille que sur l'élite, on ne transformera jamais le modèle. » Un modèle destiné à fonctionner à plein régime d'ici à 2024.

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