Tous sports - JO 2020 - « Tant qu'on n'a pas atteint l'impossible, c'est possible », estime Jean-Christophe Rolland à propos des JO de Tokyo

L'Equipe.fr
·5 min de lecture

Jean-Christophe Rolland, membre du CIO et président de la Fédération internationale d'aviron, est « très confiant » et pense que les JO de Tokyo se tiendront à Tokyo l'été prochain. Alors que la commission exécutive du CIO se réunit ce mercredi en visioconférence, Jean-Christophe Rolland, membre du Comité et président de la Fédération internationale d'aviron, donne sa vision des choses sur la tenue des Jeux de Tokyo l'été prochain (23 juillet-8 août). « Êtes-vous inquiet pour la tenue des Jeux Olympiques de Tokyo ?
Sans être inquiet, dans la mesure où on ne peut pas deviner l'avenir, il faut se préparer à toute éventualité. Mais je suis très confiant. Malgré le contexte. lire aussi Une annulation des JO de Tokyo coûterait 35,6 milliards d'euros au Japon Pourquoi ?
Quand on est au milieu d'une crise, il est toujours difficile de se projeter dans un environnement plus favorable. La perception que peuvent avoir les gens au milieu de la tempête, c'est qu'il peut paraître surréaliste de parler de Jeux dans pareil contexte. Mais les Jeux Olympiques, cela se prépare de très longue date. Depuis le report, que ce soit le CIO, le comité d'organisation, les autorités japonaises, tout le monde s'est mis en ordre de bataille pour les préparer dans un contexte totalement différent de celui qu'on pouvait avoir. Je suis confiant car ils ont préparé ce que le CIO a appelé une ''boîte à outils''. Nul ne sait au moment où on se parle, comment sera la situation le 23 juillet. Ils ont donc préparé des outils avec des mesures contre le Covid pour répondre à toute forme de situation. Quel que soit le contexte, on pourra organiser les épreuves sportives et, en fonction des éléments à ce moment, les organisateurs pourront utiliser les mesures préparées par avance. Certaines n'auront peut-être même pas besoin d'être appliquées si la situation venait à bien évoluer. À chaque scénario, il y aura une adaptation avec les outils qui ont été préparés. Mais personne ne sait à l'heure où on se parle quels outils seront utilisés. « Ce qui fait la force des grands leaders, de ceux qui gouvernent et des décideurs, c'est de garder un cap au milieu de la tempête, de donner de la vision et de ne pas crier avec les loups dans les moments difficiles » Un exemple ?
Y aura-t-il des spectateurs ou est-ce que ce sera à huis clos ? Qui aujourd'hui peut prétendre avoir la réponse ? Personne. On est en plein milieu de la crise, au mois de janvier, il est prématuré de prendre une décision. Mais on se prépare à toutes les éventualités. Tout est fait pour qu'il y ait les Jeux. Il y a des critiques à les organiser dans un tel contexte...
Les athlètes font rêver et les athlètes ont des rêves. Ils font rêver leurs concitoyens, ils font rêver les jeunes. Ce sont des modèles qui s'entraînent de manière incroyable pour pouvoir réaliser ce rêve olympique. Il est essentiel qu'on fasse tout pour qu'il y ait les Jeux. Jusqu'à ce qu'on me démontre que c'est impossible, ça reste possible. Et on fait tout pour cela. On se met en ordre de bataille pour qu'on puisse donner à ces athlètes, leur chance de vivre leur rêve olympique, rêve qui pour beaucoup sera unique, et puis aussi donner du rêve. Ce qui fait la force des grands leaders, de ceux qui gouvernent et des décideurs, c'est de garder un cap au milieu de la tempête, de donner de la vision et de ne pas crier avec les loups dans les moments difficiles. J'ai énormément de gratitude pour ceux qui maintiennent le cap dans les conditions difficiles. Tant qu'on n'a pas atteint l'impossible, ça reste possible. On n'est pas bête non plus, il y a la réalité des choses aussi, mais tant que la ligne d'arrivée n'est pas passée, il faut se battre jusqu'au bout. « Ce ne sont pas les quelques doses pour les athlètes qui vont mettre en péril les campagnes de vaccination pour les soignants ou les personnes plus âgées » La situation actuelle présente un air de déjà-vu. En quoi est-ce différent de l'année dernière ?
On a une connaissance sur le sujet qui n'est pas la même. On a pu tester des mesures qui ont donné toute satisfaction. Il y a des organisations sportives qui ont parfaitement réussi dans un contexte défavorable. Certes, ce n'est pas à la hauteur des Jeux. Mais quand on regarde la boîte à outils qui va nous être proposée, on va tout faire pour que les athlètes soient dans les meilleures conditions possible. Et puis, même si on doit le prendre avec prudence, il y a les campagnes de vaccination. Même si elles n'auront pas toutes leur impact maximal quand se dérouleront les Jeux, cela devrait faire baisser la tension. lire aussi Masseglia : « Des conditions extrêmement difficiles pour les athlètes non-vaccinés » Est-ce que le vaccin sera nécessaire ?
C'est un sujet sensible à plus d'un titre. Comment les athlètes peuvent-ils avoir accès au vaccin ? Cela varie suivant les pays. Après, s'ils y ont accès, ça va fortement assouplir le système en ce sens où ça va permettre d'appréhender le déplacement des athlètes d'une manière un peu plus sereine. L'obligation de vaccination relève des États, ça ne peut pas relever du comité olympique. Il y a une approche éthique, ça ne peut pas être imposé, ce n'est pas une condition de participation. Que les athlètes puissent avoir accès au vaccin, ce serait une très bonne chose. Sans rentrer dans une démagogie en disant qu'ils prendraient la place d'un autre. Ce ne sont pas les quelques doses pour les athlètes qui vont mettre en péril les campagnes de vaccination pour les soignants ou les personnes plus âgées. C'est infinitésimal, et ça n'aura aucune influence sur la campagne de vaccination. »