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Jean-Philippe Leclaire, directeur adjoint de la rédaction de L'Équipe, analyse le report de Jeux Olympiques de Tokyo en 2021 annoncé ce mardi. Jeudi, le relais de la flamme olympique des Jeux de Tokyo 2020 aurait dû débuter son périple japonais à... Fukushima. « En hommage à la reconstruction de toute une région, neuf ans après le tremblement de terre et le tsunami de 2011 », espérait le site officiel du comité d'organisation japonais. C'était avant que le premier ministre du Japon, Shinzo Abe, ne demande officiellement, ce mardi, de « reporter les Jeux d'environ un an ». Ce que le CIO a aussitôt accepté. La flamme tremblante, vacillante qui a été allumée sur le mythique site d'Olympie, en Grèce, le 12 mars dernier, ne sera donc pas brandie, du moins pas cette année, ni à Fukushima, ni dans le reste du Japon, et « l'hommage à la reconstruction » se transforme en un symbole terrible de l'impuissance des hommes face à cet ennemi minuscule, invisible, qui frappe pourtant plus vite, plus haut et plus fort que les dieux de l'Olympe, les cardinaux du CIO et nos meilleurs champions réunis. Toute l'actu liée au coronavirus Pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, quand Londres avait dû renoncer à organiser les JO de 1944, après que Tokyo (déjà) et Helsinki eurent déclaré forfait pour ceux de 1940, les Jeux Olympiques ne seront pas déclarés ouverts, à la date prévue. De tous les reports d'épreuves sportives qui s'accumulent depuis une dizaine de jours, voilà assurément le plus spectaculaire, le plus historique. L'hypothèse, défendue jusque dans ces colonnes, de décaler les Jeux de quelques mois, jusque en octobre prochain, ressemblait à une tentative désespérée de ne pas voir notre rêve s'éloigner trop longtemps. La décision, approuvée par une majorité d'athlètes, de les reporter d'un an apparaît beaucoup plus sage. Et le tragique décompte des victimes du coronavirus rend obscène notre peine. « Ces Jeux constituent une trêve sacrée. (...) Grande est la gloire du vainqueur et de son peuple », explique le druide Panoramix au chef du village Abraracourcix, dans « Astérix aux Jeux Olympiques », le chef d'oeuvre dessiné par Albert Uderzo, décédé ce mardi. Le coronavirus a aussi saccagé la « trêve sacrée ». Avec ou sans potion magique, il est des batailles autrement plus essentielles auxquelles nous devons tous participer.

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