Tous sports - Loi sport : les sportifs font entendre leur voix

L'Equipe.fr
·4 min de lecture

Alors que débute ce mercredi après-midi à l'Assemblée nationale l'examen de la proposition de loi sur le sport, les sportifs de haut niveau font le pressing pour avoir voix au chapitre dans la gouvernance des fédérations. C'est par un tir groupé sur les réseaux sociaux que les sportifs de haut niveau donnent de la voix depuis une semaine. Après l'examen, en commission des affaires culturelles, de la proposition de loi « visant à démocratiser le sport en France », ils oscillent entre colère et déception. En jeu, une place enfin reconnue dans les instances fédérales grâce à cette proposition de loi, déposée par les députés de la majorité le 26 janvier dernier et débattue à partir de mercredi après-midi sur les bancs de l'Assemblée nationale. Dans le titre II, consacré au « renouvellement du cadre de la gouvernance des fédérations », il était prévu que les athlètes entrent dans les conseils d'administration des fédérations. « Au sein de la Commission des athlètes de haut niveau du CNOSF (Cahn), on travaille depuis plus de deux ans sur le sujet, on a été associés par le ministère en charge des Sports aux discussions et auditionnés par les parlementaires et les rapporteurs. On est ressortis plutôt confiants », explique Ayodele Ikuesan, vice-championne d'Europe au relais 4X100 m (2 014) et membre de la Cahn. Entre surprise, déception et colère Un sujet qui tient en quelques lignes d'un amendement : « Les fédérations sportives délégataires agréées par l'État en application de l'article L.131-8 du Code du sport ont l'obligation de constituer en leur sein une commission représentative des athlètes de haut niveau élus par leurs pairs parmi les sportifs de haut niveau figurant sur les listes arrêtées par le ministère charge des Sports [...]. Elles doivent prévoir le fonctionnement de cette commission dans leurs statuts ».

Pour la fleurettiste Astrid Guyart, c'est un signe fort à trois ans des Jeux olympiques de 2024 : « On veut être élus par nos pairs et non pas désignés et bénéficier d'une voix délibérative. On souhaite très clairement que la présence des athlètes ait du poids car ils s'essoufflent à force d'être consultés sans pouvoir voter », explique-t-elle. <

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Cet amendement, approuvé lors du congrès du Comité national olympique et sportif français le 25 janvier dernier, veille du dépôt de la loi, a été discuté en commission des Affaires culturelles et de l'Éducation le 10 mars. Au lieu d'être adopté comme les sportifs le pensaient, c'est le rapporteur du titre II de la loi, Pierre-Alain Raphan, député LREM de l'Essonne, qui a voté contre au motif qu'il voulait ajouter les arbitres, les entraîneurs et les associations de supporteurs. L'amendement a été rejeté à une voix, la sienne. « C'est une énorme connerie », tacle un député sous couvert d'anonymat. La proposition sur la gestion de l'après-carrière irrecevable « On a été choqués, on s'est dit : comment s'opposer à la présence d'athlètes notamment quand on parle de démocratisation du sport. Pour nous, il n'y avait pas de problème puisque notre proposition a été validée à plus de 70 % au congrès du CNOSF », avoue Ayodele Ikuesan. La sprinteuse a alors interpellé les députés sur les réseaux sociaux, imitée par de nombreux sportifs de haut niveau. « J'ai appelé Ayodele pour la rassurer, explique Pierre-Alain Raphan, ancien arbitre international de taekwondo. Je comprends la crainte des athlètes car cela ne s'est pas passé comme ils le pensaient en commission. Mais ils seront bien représentés dans les instances avec une voix délibérative ». Le député de la majorité assure être en train de rédiger un autre amendement qui, tout en instaurant la place des athlètes dans les fédérations, permettrait à ces dernières d'« étendre le modèle aux arbitres, entraîneurs et associations de supporters ». « C'est mon travail de la journée (mercredi) », souligne-t-il. Les athlètes attendent de voir. « On compte aussi sur les six députés qui ont redéposé notre amendement dont François Cormier Bouligeon (LREM) et Régis Juanico (Génération. s) », annonce Ayodele Ikuesan. Si les membres de la Cahn restent prudents, c'est aussi parce que l'autre proposition qui leur tient à coeur, consacrée à la « gestion de l'après carrière et la reconversion professionnelle » a été jugée irrecevable et n'a pas été débattue en commission.