Tous sports - Paris 2024 - Le feuilleton judiciaire se poursuit autour du village des médias de Paris 2024

L'Equipe.fr
·3 min de lecture

Le juge des référés de la cour administrative d'appel de Paris a confirmé, lundi, la suspension des travaux sur une partie du futur village des médias des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024. Nouvel épisode dans le feuilleton de la construction du village des médias de Dugny (Seine-Saint-Denis) qui doit accueillir près de 2 800 journalistes pendant les Jeux et 4 000 habitants ensuite. Situé dans la zone dite du « cluster des médias », qui comprend les communes de La Courneuve et du Bourget où auront lieu les épreuves de tir sportif et d'escalade, il fait l'objet de nombreuses oppositions de la part d'associations de protection de la nature et de riverains opposés au projet porté par la Société de livraison des ouvrages sportifs (Solideo). Le mois dernier, un deuxième recours, déposé en février par l'antenne locale du Mouvement national pour l'environnement (MNLE 93) et le Collectif pour le Triangle de Gonesse devant la Cour administrative d'appel de Paris, compétente pour les contentieux liés aux Jeux de Paris 2024, s'est traduit par l'arrêt des travaux qui avaient déjà commencé depuis peu. La Cour ayant suspendu une partie de l'autorisation environnement délivrée en novembre 2020 par le préfet de Seine-Saint-Denis, l'activité avait cessé sur les lieux dits du Terrain des essences et de l'Aire des vents. Un jugement définitif sur le fond attendu à partir du 14 mai Dans une nouvelle ordonnance datée du 3 mai, le juge des référés de la Cour administrative lève la suspension « sur l'étendue de la zone d'aménagement concerté » mais la maintient sur l'Aire des vents : « eu égard à l'objectif de protection des espèces, pourront seuls être menés des travaux liés à l'amélioration des espaces végétalisés ou à la recolonisation du milieu dans le respect des prescriptions destinées à la préservation des espèces » écrit-il. « C'est une confirmation, pas une victoire », estiment les opposants dans un communiqué. « Le Parc de la Courneuve est un bien commun. Il doit être en totalité préservé comme espace vert et de loisirs sportifs et culturels. Les 27 hectares de l'Aire des Vents doivent être conservés, améliorés et entretenus », poursuivent-ils. « On attend le jugement définitif sur le fond qui va arriver à partir du 14 mai », précise Jean-Marie Baty président de l'association MNLE 93. « Les travaux sont à l'arrêt sur l'Aire des vents mais ils vont reprendre sur le Terrain des essences alors qu'il y a beaucoup de crapauds calamites », déplore-t-il. Sur ce terrain gorgé d'hydrocarbures et cédé par le ministère des Armées pour un eurosymbolique au département, la Solideo va investir 12 M€ pour sa dépollution avant d'entamer les travaux en vue d'accueillir 6 800 personnes pour les épreuves de tir sportif. Les dirigeants de la société publique et les élus locaux ont collaboré avec une autre association, Environnement 93, pour protéger les petits crapauds qui ont été déplacés en 2019 et 2020 puis stoppés par une barrière anti-retour. « On croit en ce projet. On a énormément travaillé avec les spécialistes et les écologistes afin de construire un projet vertueux », nous avait expliqué Isabelle Valentin, directrice générale adjointe de la Solideo au lendemain de la première ordonnance. Face à la société qui regroupe les acteurs publics des Jeux, les opposants ne désarment pourtant pas. « Grand Paris Aménagement, la Solideo et leurs lobbies veulent nous imposer des projets autoritaires, spéculatifs, technocratiques et climaticides sous prétexte des JOP 2024, ils s'affranchissent de la qualité de vie souhaitée par les populations en imposant des projets d'un autre temps, ignorant la capacité des habitants à faire leur ville » rappellent-ils dans leur communiqué.