Tous sports - Philippe Diallo (Cosmos) : « Une à deux saisons difficiles à passer »

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Philippe Diallo, président du conseil social du mouvement sportif (Cosmos), décrypte les résultats d'une étude, présentée mercredi matin, qui montrent que les dirigeants d'associations sont inquiets mais aiment toujours leur métier. « Le baromètre réalisé par OpinionWay pour le Cosmos et votre partenaire Aesio Mutuelle montre que 81 % des dirigeants sont inquiets, qu'en pensez-vous ?
Je ne suis pas surpris mais il faut remettre l'étude dans son contexte puisqu'elle a été effectuée en février dernier, à un moment où la campagne de vaccination débutait à peine et où le président de la République n'avait pas encore donné le calendrier de sortie du déconfinement en trois étapes. Je pense que le résultat serait plus positif aujourd'hui. Ces dirigeants, en majorité des employeurs associatifs, restent inquiets pour le budget de leur association et leurs emplois. C'est logique quand on les interroge après un an de crise sans en voir l'issue. Jusqu'à quand le secteur sportif devra-t-il être aidé ?
Le sport a besoin d'être accompagné au moins jusqu'à la fin de l'année 2021. Il va y avoir pour les associations sportives une à deux saisons difficiles à passer car la reprise en septembre sera progressive et il y a beaucoup d'éléments à remettre en ordre. Pour les salles de sport, qui ouvriront le 9 juin, on estime qu'elles pourraient reconstituer leur base de clients sur au moins deux ans. « La crise n'a pas entamé le plaisir à travailler des dirigeants dans le secteur du sport puisque 90 % d'entre eux sont contents de venir bosser le matin » Le pass-sport de 50 euros pour inciter les jeunes licenciés est-il suffisant pour aider les associations sportives alors que le pass-culture est de 300 euros ?
C'était une demande du mouvement sportif formulée lors de la rencontre avec le Premier ministre Jean Castex le 5 septembre dernier. Cette demande voit le jour et on peut s'en féliciter. C'est une aide attendue de la part des clubs pour encourager le retour des licenciés. On va voir comment il va fonctionner mais il y a 5,4 millions de jeunes éligibles au pass-sport et on a perdu 4 millions de licenciés. La crise a-t-elle quand même eu des effets positifs ?
Elle a été l'occasion d'une vraie cohésion. La crise n'a pas entamé le plaisir des dirigeants à travailler dans le secteur du sport puisque 90 % d'entre eux sont contents de venir bosser le matin. Le sport a toujours cette force d'entraîner la mobilisation des gens et de donner un vrai enthousiasme. Ils vont au travail sans se forcer et c'est important d'avoir des gens heureux. Il y a eu aussi un renforcement de la concertation entre les différents acteurs pour être plus solidaires. On l'a ressenti dans cette période. Dans la cellule de crise, avec les pouvoirs publics, le CNOSF, on était dans une mobilisation pour l'intérêt général. Les Jeux de Paris 2024 sont-ils un espoir à l'horizon ?
Pour l'instant, les Jeux sont perçus par les employeurs du sport dans la dimension d'héritage. Le plus important est ce qui va rester dans tout sera terminé. Et puis ils sont vus aussi comme un tremplin pour que le sport ait une place plus significative dans la société. » 5 chiffres à retenir sur le moral des dirigeants Présenté mercredi matin, en présence de la ministre en charge des Sports Roxana Maracineanu, le baromètre Cosmos-Aesio a été mené par OpinionWay pour le Cosmos, la plus grosse organisation patronale du sport avec 5 500 adhérents, et son partenaire le groupe Aesio Mutuelle auprès d'un échantillon de 421 dirigeants d'associations sportives du 12 janvier au 2 février dernier.

81 % des dirigeants d'associations sportives interrogés sont inquiets « concernant l'évolution du monde sportif (réforme, diminution des aides...) »

73 % éprouvent des « sentiments à connotation négative » : inquiétude, méfiance, attentisme, angoisse...

48 % estiment que les mesures gouvernementales (fonds de compensation, prêt garanti par l'État, chômage partiel...) ont été « faciles à mettre en oeuvre » dans leur organisation et 42 % « adaptées aux besoins spécifiques » de leur association.

90 %
des dirigeants sont malgré tout « satisfaits de leur travail ». Mieux : 92 % ont « plaisir à venir travailler le matin ».

64 % pensent que les Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024 sont une opportunité pour « développer les pratiques dans les clubs ».

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