Tous sports - Politique - Présidentielle : Macron vs Le Pen, un match de «sportifs»

L'Equipe.fr
«Qualifiés» dimanche pour le second tour de la présidentielle, Emmanuel Macron et Marine Le Pen revendiquent une parenté avec les sportifs de haut niveau. Au-delà de leur programme, coup de projecteur sur leur relation personnelle au sport.

«Qualifiés» dimanche pour le second tour de la présidentielle, Emmanuel Macron et Marine Le Pen revendiquent une parenté avec les sportifs de haut niveau. Au-delà de leur programme, coup de projecteur sur leur relation personnelle au sport. La politique est un sport à risques. Rien de nouveau, sinon que la saison 2017 du Championnat de France pour l'Elysée s'est révélée particulièrement impitoyable. Deux (ex-)présidents et trois anciens Premiers ministres, «éliminés» de la «compétition», peuvent en témoigner. Mais parler sport à travers le prisme de la politique n'est pas sans danger non plus. Evoquer ici la relation personnelle que les «finalistes» du 7 mai entretiennent avec ce qui fait notre ADN à L'Equipe, n'est-ce pas courir le risque de les présenter sous un (trop) beau jour ?«Les valeurs du rugby» vs «les dribbles de Chris Waddle» Le problème ? En se nimbant de l'onction universelle du sport, les candidats présentent un profil a priori plus avenant que ne le suggèrent leur idéologie profonde ou leur projet pas toujours clair. Il aurait peut-être été plus «objectif» de s'en tenir aux programmes d'Emmanuel Macron et de Marine Le Pen en matière de sport. Sa priorité à lui pour la reconversion des sportifs de haut niveau, son obsession à elle pour la «laïcité» dans les clubs amateurs. Mais nous avions déjà ausculté les «programmes» avant le premier tour - de source universitaire, celui de Macron figure plutôt parmi les plus élaborés, celui de Le Pen plutôt parmi les plus légers - et nous n'avions pas encore écrit que l'une apprécie «les valeurs du rugby», sport que son compagnon, Louis Aliot, a pratiqué pendant dix ans, et que l'autre «assume d'être un supporter de l'Olympique de Marseille» : «Je revois le visage de Basile Boli, les dribbles de Chris Waddle, l'une de mes idoles.» Admettons que ça compte. Car si le sport ne tient pas un rôle central dans la campagne - doux euphémisme - il peut servir à incarner les candidats, à leur donner de la «chair», comme connaître leur plat préféré ou leur meilleur souvenir de vacances. Certes pas suffisant mais nécessaire dans un scrutin souvent présenté, à tort ou à raison, comme «la rencontre d'un homme (d'une femme) et d'un peuple».La «récupération» n'a pas ici le même sens que sur les terrains N'est-elle pas adorable l'image de cette blonde ado en vacances à la Trinité-sur-Mer où elle pratiquait la voile et «passait (sa) vie au club d'équitation» ? Lui ressemble de son côté à tant d'autres qui ont «arrêté le foot mais continué le tennis et commencé le vélo». Elle peut citer un couplet de «Qui c'est les plus forts, évidemment c'est les Verts» ; lui «n'oubliera jamais» la «remontada» de Boris Becker contre Jonas Svensson à l'Open de Paris-Bercy 1990. Rare confidence de la candidate du FN sur ses enfants, on apprend que l'une de ses filles était «capitaine de l'équipe de rugby de son internat». «Je suis un fidèle du Tour, fait savoir celui d'En Marche!. J'essaie d'y aller à chaque fois. J'ai fait ces dernières années au moins une étape.» Voilà qui sent bon la com'... Quand les candidats évoquent leur pratique, leurs souvenirs, leurs icônes et grands moments de sport - notamment au micro de Jacques Vendroux, le patron des sports de Radio France, sur France Bleu - ils pincent chez nous une corde sensible, remuent nos propres attendrissements pour nos sports fétiches, leurs dates marquantes, leurs beautés sans rivales. Bref, ils flattent nos émotions. Et ce genre de «récupération» n'a pas le même sens que sur les terrains.«Ne pas faire de faute, essayer d'imprimer un rythme» (Macron) «MLP» avait illustré cette évidence du côté du RC Lens lors de la campagne des régionales en 2015 en «s'invitant» à Bollaert au côté d'un supporter-candidat. Sur France Bleu, Macron n'a pas oublié de saluer les clubs d'Amiens et de Bagnères, ses villes familiales - ça ne mange pas de pain. Mais on ne l'entend plus dire qu'il pratique ou a pratiqué la boxe française (la savate). Le duo souligne la proximité entre sport et politique. Et en tire des leçons, comme des mantras. «Ne pas faire de faute, essayer d'imprimer un rythme» (Macron). «Attention au grain de sable qui peut tout faire s'effondrer» (Le Pen).

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