Tous sports - Sarah Abitbol est « sur le chemin de la guérison »

L'Equipe.fr
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L'ancienne patineuse Sarah Abitbol, qui avait révélé avoir été violée par son entraîneur, a pris la parole, vendredi, lors de la convention nationale de prévention des violences dans le sport. C'est depuis les États-Unis, par visio, que Sarah Abitbol, s'est exprimée, vendredi, dans le cadre de la deuxième convention nationale de prévention des violences dans le sport, organisée par le ministère en charge des Sports. « Je suis sur le chemin de la guérison », a expliqué l'ancienne championne de patinage artistique qui avait révélé, en 2020 dans son livre « Un si long silence », que son ancien entraîneur Gille Beyer l'avait violée à plusieurs reprises alors qu'elle avait 15 ans. « Je suis en vie et prête à me battre pour les autres victimes » a-t-elle poursuivi. Dans les chiffres présentés lors de la matinée, elle a retenu celui des 48 fédérations concernées par les violences qui montre que « la parole est prise au sérieux » et que « les victimes ont moins honte de parler ». Pour elle, cela reste « compliqué et difficile car on a l'impression que l'on a entaché notre sport. Mais il fallait le faire pour amorcer la prise de conscience » a-t-elle expliqué avant de préciser : « J'ai l'impression que ma parole gêne toujours un peu au sein de ma fédération et ça fait mal ». Isabelle Demongeot et Catherine Moyon de Beacque prennent aussi la parole Isabelle Demongeot a dressé le même constat. L'ancienne championne de tennis, elle aussi violée par son entraîneur, a reconnu : « Ça a été un vrai handicap d'avoir parlé. À partir du moment où l'on dénonce, c'est le début d'une vraie bataille [...] J'ai perdu mon identité de joueuse de tennis ; on me présentait comme la femme violée », a-t-elle poursuivi avant de souligner que l'époque avait heureusement changé. Elle a remercié la Fédération française de tennis de lui avoir « tendu la main » en lui confiant une « mission sur la protection des mineurs mais pas que ». L'occasion de « retrouver une identité d'ancienne joueuse de haut niveau ». Il aura cependant fallu « énormément de temps » pour qu'il y ait « une vraie prise de conscience », a-t-elle estimé. « La mobilisation est en marche », a confirmé Catherine Moyon de Beacque, ancienne lanceuse de marteau qui a été la première à oser parler en 1991. « Je regrette le silence et l'indifférence autour de mon histoire qui n'a pas permis de stopper les crimes et les délits. Mais l'important c'est ici car la mobilisation s'exprime et s'affiche », a-t-elle expliqué, visiblement émue, depuis le Comité économique, social et environnemental où s'est tenue la convention. « Au plus haut niveau de l'État, dans les fédérations olympiques et paralympiques, les clubs, les CREPS etc. il y a une prise de conscience » a-t-elle son tour souligné. Sans avoir de « baguette magique », elle rêve que « la question des violences sexuelles dans le sport, mais pas seulement [...] n'existe plus ». Et la reprise ? Au moment de conclure la deuxième convention nationale sur la prévention des violences dans le sport, la ministre en charge des Sports a tenté de rassurer tous ceux qui se désespèrent des conséquences de la crise sur la pratique du sport et pour clubs amateurs. « L'État est à vos côtés pour que l'activité sportive puisse reprendre (quand les conditions sanitaires le permettront). Il faudra réassurer les pratiquants par rapport au Covid mais aussi par rapport à ce thème (des violences) », a expliqué Roxana Maracineanu. « Nous nous battons pour que l'activité sportive reste possible en extérieur », a-t-elle précisé.