Tous sports - Les solutions de Karl Olive pour l'insertion par le sport

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Karl Olive, maire de Poissy chargé d'une mission gouvernementale sur l'insertion des jeunes des quartiers par le sport, a donné, vendredi, plusieurs pistes qui seront développées dans son rapport attendu en janvier. Karl Olive pourrait reprendre le refrain scandé par les stades « tous ensemble tous ensemble ». Parce que l'ancien journaliste de Canal + ne veut pas inventer la « machine à courber les bananes », il a choisi d'écouter les acteurs de terrain qui oeuvrent depuis des années pour insérer les jeunes des quartiers sensibles dans la société. « La vérité vient du terrain », martèle-t-il en soulignant avoir effectué plus de cinquante auditions et ce n'est pas fini puisqu'il lui reste encore quelques semaines avant de remettre son rapport mi-janvier. Sportifs, élus, présidents de fédération et dirigeants d'entreprise impliqués En attendant, le maire (divers droite) de Poissy a organisé, vendredi à l'Assemblée nationale, un débat sur le sujet en invitant les sportifs, élus, présidents de fédération et dirigeants d'entreprise qui travaillent trop souvent « dans leur couloir », souligne-t-il. « Ça fonctionne quand on y met du temps et de l'engagement. Pas en une ou deux semaines. Il faut du temps pour écouter le jeune, qui fonctionne sur le mode du zapping ; et il faut un encadrement très présent », a rappelé Sarah Ourahmoune, vice-championne olympique de boxe qui accompagne les jeunes de 10 à 17 ans dans son association Boxer Inside ainsi que plusieurs clubs de Seine-Saint-Denis. « Quand on discute avec des champions, sur leur chemin vers la réalisation de leur rêve, c'est la rencontre avec un éducateur qui a souvent été décisive », a poursuivi la vice-présidente de la Fédération française de boxe. C'est justement la rencontre avec le champion du monde poids supercoq WBA Mahyar Monshipour qui a changé la vie de plusieurs jeunes de quartier, qu'il a aidé à décrocher un travail alors que ce n'était pas gagné avec des parents parfois analphabètes et illettrés. Le boxeur retraité, qui collabore notamment avec l'Agence pour l'éducation par le sport (Apels) l'a rappelé lors des débats. Brigitte Henriques, présidente du CNOSF « On a besoin que le sport sorte du club. Il faut amener des structures mobiles au pied des quartiers » « Je sais qu'on ne peut pas demander toujours de l'argent aux maires. Je suis donc allé voir les bailleurs sociaux et j'ai obtenu l'autorisation d'utiliser les locaux pour installer des tatamis avec ANS. Pendant les JO j'ai embêté tout le monde, pour moins de 40 000 euros on peut créer un dojo qui marche toute l'année. Nous sommes allés récemment dans les quartiers nord de Marseille et comme à chaque fois, on s'associe avec une autre fédération comme la boxe ou la gymnastique pour dynamiser nos quartiers », a témoigné Stéphane Nomis, président de la Fédération française de judo, qui a lancé l'opération de 1 000 dojos solidaires et inauguré le premier à Nanterre le mois dernier. « On a besoin que le sport sorte du club. Il faut amener des structures mobiles au pied des quartiers, de les animer avec nos éducateurs et aller dans les cités » a reconnu Brigitte Henriques, présidente du CNOSF et soeur de Karl Olive, en soulignant que la pratique sportive était quasiment deux fois moindre dans les quartiers défavorisés. Pour le maire de Poissy, le « triangle d'or » des acteurs de l'insertion par le sport est constitué des villes, des clubs et de l'Éducation nationale. Il rencontrera justement Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Éducation nationale et des Sports jeudi prochain. En attendant, c'est à l'Élysée qu'il avait rendez-vous au sortir du colloque pour un débriefe auprès du président de la République. Cinq pistes attendues dans le rapport - Création de tiers lieu sportif où les jeunes peuvent venir seuls ou en famille pratiquer, faire leurs devoirs et échanger.

- Créer un « guichet unique » qui centralise toutes les informations sur les aides du Gouvernement et des collectivités disponibles qui pourrait être le club.

- Généraliser l'ouverture des gymnases et équipements dans les quartiers et les écoles entre 20 heures et 23 heures.

- Créer un fonds de dotation alimenté par les entreprises et destiné à financer des actions d'insertion par le sport dans les quartiers prioritaires de la ville

- Permettre aux mineurs délinquants d'effectuer leurs travaux d'intérêt généraux dans les clubs.

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