Ts sports - Ces sportifs qui pratiquent d'autres disciplines (atypiques) à l'entraînement

L'Equipe.fr

Champion olympique (2012) du disque, Robert Harting a inclus la... danse de salon dans sa préparation hivernale. Comme l'Allemand, d'autres sportifs se sont essayés à une discipline très éloignée de leur spécialité, pour améliorer leurs performances, dépasser des peurs ou simplement briser la routine.Essayez d'imaginer un gaillard barbu de 2,01m et 124 kg, sautiller sur du jive, cette danse sportive très rapide et explosive. Le tableau serait, sinon comique, au moins atypique. Et pourtant, Robert Harting, champion olympique et triple champion du monde de lancer du disque, s'est essayé à la discipline sans se poser trop de questions. Si vous n'avez pas suivi la dernière saison de Danse avec les stars, le jive est un dérivé du swing et du rock'n'roll, entre autres, et exige un jeu de jambes particulièrement vif. Une fois chassée l'image cocasse, la pratique du jive par un sportif désireux de travailler sa coordination et la rapidité de ses appuis fait sens.Le discobole allemand de 32 ans a changé d'entraîneur après une olympiade terminée dans la souffrance. En quête d'un deuxième titre olympique après Londres, il s'est blessé au dos deux jours avant les qualifications et n'a pas pu défendre ses chances. Robert Harting a donc rejoint le coach de son épouse, Julia Fischer, elle-même vice-championne d'Europe du disque, et qui au passage culmine à 1,90m. Marko Badura, docteur en sciences de l'entraînement, a des méthodes bien différentes de celle de l'ancien entraîneur de Harting, Torsten Lönnfors. Cet hiver, en plus d'une préparation foncière à base de ski de fond dans les Alpes, Badura a ainsi envoyé le couple prendre des cours de danse.Comme les Harting, d'autres sportifs ont inclus dans leur préparation des disciplines qui, au premier abord, n'ont rien à voir avec leur spécialité.Thibaut Pinot et les cours de pilotageFin 2013, Thibaut Pinot a pris des cours de pilotage automobile sur le circuit de Magny-Cours, et ce n'était pas vraiment par plaisir. Pendant le mois de juillet, le cycliste d'alors 23 ans avait perdu toute chance de nouveau Top 10 sur le Tour de France après une descente totalement ratée dans le col pyrénéen de Pailhères. La faute à une peur de la vitesse, une «phobie», même, de son propre aveu. Miné et malade, Pinot avait abandonné quelques jours plus tard.Terrifié par les descentes depuis un accident lors d'une course juniors, Thibaut Pinot avait alors accepté la proposition de Max Mamers, organisateur du Trophée Andros. L'expérience lui a apporté plus de confiance mais n'a pas produit de miracle. Il a fallu une prise de conscience globale du jeune coureur, qui s'était mis une trop grande pression, pour le transformer. Sur le Tour 2014, il n'a pas tremblé pour choisir ses trajectoires dans la descente de Port-Balès ni dans celle de l'Izoard, et s'est classé troisième du général.Jimmy Vicaut et la danse classiqueNon, Jimmy Vicaut n'a jamais eu à enfiler un collant avant d'enchaîner les pointes à la barre. Pendant plusieurs années, quand il s'entraînait avec Guy Ontanon, le co-recordman d'Europe du 100m (9''86) a suivi une préparation atypique avec la danseuse et chorégraphe Armelle Huet Van Eecloo. Intervenante en optimisation du geste à l'INSEP, elle avait pour mission d'améliorer la mobilité et la souplesse du sprinteur, assez raide et souvent blessé. «Je dois trouver des ruses, expliquait la danseuse dans L'Equipe, en 2013. Il s'agit d'allier la musculature du sprinteur, sa puissance, avec une mobilité articulaire, une course plus déliée. A priori, c'est extrêmement contradictoire !» Ce travail n'a pas totalement épargné les blessures à Jimmy Vicaut, mais a contribué à sa réussite.Rudy Gobert (basket) et la boxeLa boxe serait presque la discipline la moins originale de ce tour d'horizon tant elle est prisée par les sportifs pour ses multiples avantages. Ludique, exigeante, aiguisant l'esprit combatif, la boxe séduit à différents moments de la carrière. Il y a ceux qui l'ont pratiquée étant jeunes et qui y reviennent pour peaufiner leur préparation, comme le cycliste Nacer Bouhanni ou le basketteur Rudy Gobert. Il y a ceux qui avaient besoin d'innover pour sortir de la routine, comme Ladji Doucouré ou Teddy Riner. Le patineur Brian Joubert avait fait appel à Mahyar Monshipour pour une remise en forme musclée mais n'avait pas mis les gants, contrairement au tennisman Gaël Monfils, passionné de boxe.

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