Tous sports - La tendance des vêtements chauffants

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Partie des semelles, des chaussures et des gants, la tendance des produits chauffants enflamme désormais toute notre garde-robe, des vestes aux sous-vêtements.

L'une des principales fonctions d'un vêtement consiste à protéger du froid. Mais voilà que cette mission s'étoffe avec l'essor des textiles intelligents, capables de chauffer à la demande. Concrètement, il s'agit de petites résistances électriques intégrées dans le tissu qui se transforment, par le biais d'une batterie extérieure, en source de chaleur. La technologie, souvent couplée à une application de téléphone pour davantage d'efficacité et de précision, n'innove pas. Depuis deux décennies, elle sert à chauffer gants, semelles et chaussettes.

Mais, depuis quelques hivers, elle remonte le corps et se glisse désormais dans nos pulls, vestes, doudounes et autres habits à même la peau comme les sous-vêtements et les tee-shirts. Initiatrice de la tendance, la marque française Therm-ic, qui a équipé en gants, vestes et chaussettes chauffants l'alpiniste népalais Nims Dai, en janvier, lors de son ascension du K2, le deuxième plus haut sommet du monde (8 611 m d'altitude), a lancé son premier modèle du genre, un gilet sans manches, il y a trois ans. « Nous observons une explosion récente de l'offre, surtout de la partie textile », confirme François Duvillard, directeur général de Sidas (Société d'importation et de distribution d'articles de sport), propriétaire de Therm-ic depuis 2013. Selon le dirigeant, des systèmes chauffants équiperont presque tous les vêtements d'hiver d'ici à cinq ans.

En magasin, la demande balbutie encore. Mais l'intérêt croît. « Quelques séquences de températures très froides, la saison dernière, ont permis de plutôt bonnes ventes. Nous constatons immédiatement l'effet de la météo », note Amandine Rousseau, responsable marketing de la marque spécialisée dans l'outdoor Snowleader. D'après Clim8, start-up lyonnaise née en 2016 qui a développé une technologie thermique permettant, à l'aide d'algorithmes, de réguler la chaleur en fonction de certains paramètres liés à l'utilisateur (taille, poids, pratique sportive...), le marché français des vêtements chauffants a crû de 12 % à 18 % l'an dernier.

« Marque-ingrédient », comme Gore-Tex, Clim8 vend sa technologie à certaines griffes (Odlo, Ixon, Burton Snowboard, North Face Japon), lesquelles l'intègrent ensuite dans leurs collections. Odlo dispose ainsi depuis trois hivers d'une gamme de vêtements de sport chauffants I-Thermic qui fait grimper la température dans les rayons du Vieux Campeur : « Nos ventes de vestes de ce genre se comptent sur les doigts d'une main, mais le sous-vêtement d'Odlo connaît un très gros succès, notamment les modèles féminins, explique Aymeric de Rorthays, directeur général de l'enseigne. Les consommateurs préfèrent porter un sous-vêtement très chaud et garder leur liberté dans le choix de la veste. »

La tendance intéresse aussi des griffes plus mainstream, à l'instar de Roxy, marque de surf et snowboard féminine, qui commercialise depuis l'automne 2019 deux vestes - une de ski et une typée lifestyle - équipées de la technologie Warmlink. Celle-ci consiste en un panneau composé d'un nanotube de carbone intégré dans la doublure et placé dans le bas du dos de la veste. « Nous considérons cette position comme la meilleure, car la chaleur se diffuse toujours en montant, elle parcourt donc le dos en entier, précise Xavier Duhalde, responsable de l'innovation chez Roxy. Ce nanotube de carbone s'active grâce à une petite batterie extérieure située dans la poche. » La chaleur se règle grâce à une application dédiée et à un bouton intégré au manteau.

Compter 300 euros pour une veste
Si les loisirs sportifs hivernaux restent le terrain de jeu naturel de ces vêtements, d'autres marchés pourraient en profiter. AlphaTauri, l'écurie italienne de Formule 1 fondée par Red Bull en 2005, et le spécialiste de la montagne Schoeller ont ainsi développé une collection capsule chauffante lifestyle et urbaine. Même virage du côté de la société Therm-ic, ravie d'observer que son premier modèle de veste chauffante s'était vendu pour la pratique du ski et de l'outdoor, mais également comme accessoire du quotidien.

« Depuis le confinement, les déplacements à pied et à vélo ont fortement progressé, note François Duvillard, de chez Sidas. Les gens ont donc besoin de davantage de chaleur. » Pour le responsable, aucun doute : la mobilité urbaine et le travail en extérieur permettent l'essor des vêtements chauffants. Même si les prix peuvent refroidir un peu : comptez en moyenne 300 € pour une veste chauffante digne de ce nom.

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