Tous sports - Tony Estanguet : « Tellement de points communs avec Decathlon »

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Tony Estanguet, président de Paris 2024 et Arnaud Gauquelin, directeur général de Decathlon France, révèlent pourquoi le géant du sport a décidé d'équiper les 45 000 volontaires des Jeux Olympiques et paralympiques. Le rendez-vous était pris, mercredi 7 juillet, au BTWIN village à Lille (Nord), lieu dédié au vélo de groupe nordiste, mais Tony Estanguet s'est blessé à un genou et a dû rentrer sur Paris en urgence. C'est donc par téléphone que le patron de Paris 2024 a répondu à nos questions, en duo avec Arnaud Gauquelin, directeur général de Decathlon France. Le ton était détendu entre les deux dirigeants, contents de s'associer pour un partenariat de second rang dont le ticket d'entrée, en cash et équipement, reste top secret mais permet au comité d'organisation d'atteindre les 600 M€ de partenariat. « Pourquoi avoir choisi d'équiper les 45 000 volontaires des Jeux Olympiques et paralympiques de Paris 2024 ?
Arnaud Gauquelin : On aime bien les projets qui partent des collaborateurs, les coéquipiers, aussi appelés les décathloniens. On apprécie les personnes qui lèvent la main pour un projet qui fait sens pour eux et qui le montent jusqu'à sa mise en oeuvre. L'idée n'est pas partie de notre direction marketing mais d'un salarié, Philippe Seille (ingénieur produit devenu responsable de projet JO), qui croyait très fort en un partenariat. Il y a eu des échanges pendant un an et on a signé début juillet. Tony Estanguet : Ce que j'ai apprécié, c'est la facilité avec laquelle on s'est compris. Ce troisième lot de l'appel d'offres équipementier (les deux premiers ont été remportés par Le Coq Sportif) n'avait pas été attribué, mais n'était pas une priorité. Dès qu'on a repris les recherches il y a quelques mois, j'ai trouvé les échanges très fluides. Il y a tellement de points communs entre Décathlon et Paris 2024 que cela ne pouvait que coller. C'est dans notre ADN, cette volonté de mettre du sport dans le quotidien des Français à tous les âges. On ne se limite pas aux sites de compétition, les Jeux sont partout en France et le réseau de Decathlon est tellement fort que l'on a un partenariat solide. AG : Nous avons 328 magasins en France et 80 % des Français ont un magasin Decathlon à moins de vingt minutes de chez eux. L'approche de Paris 2024 nous touche car on la perçoit comme très humaine. Il y a une envie de faire bouger les Français et de les embarquer de manière innovante, avec cette démarche locale qui nous séduit. Cela nous correspond bien car les volontaires sont un peu comme les gens de Decathlon qui accompagnent et qui guident. 600 M€ La somme des recettes sponsoring pour l'heure annoncées par Paris 2024 sur un objectif de 1,1 Mds d'euros. Partenaires premium : BPCE, EDF, Orange, Sanofi. Partenaires officiels : Cisco, Decathlon, FDJ, Le Coq Sportif, PwC. Fournisseurs officiels : DXC Technology. Comment vont être impliqués les magasins ? Les volontaires viendront-ils chercher leurs tenues chez Decathlon ?
AG :
On va construire cela au fur et à mesure car on est encore sur la ligne de départ. Dans l'esprit, on veut embarquer les Français et les 22 000 décathloniens basés en France, leur permettre de jouer un rôle notamment en étant proche des collectivités, des villes labellisées Terre de Jeux 2024 (près de 2 000 aujourd'hui). Il y a plein de choses à faire ensemble car on a très envie d'oeuvrer avec Paris 2024 pour que ce soit des Jeux inédits dont on parlera longtemps et qui auront un impact sport sur la vie des gens. Y aura-t-il des volontaires salariés de Decathlon ?
AG : Oui, il y en a une cinquantaine, c'est dans le contrat. On va aussi être acteur pour la sélection des volontaires. Nous allons mettre à disposition notre savoir-faire au niveau du recrutement, de l'accompagnement, cela fait partie de notre rôle. TE : Decathlon dispose d'un réseau tellement puissant que la visibilité du partenariat dans les magasins permet déjà de toucher les Français qui font déjà ou qui souhaitent faire du sport. On parle à la fois aux pratiquants de sport de masse, loisirs, au sport pour tous et aussi au sport de compétition. Quelle sera la marque sur la tenue des volontaires ?
TE : On n'a pas encore validé cette tenue. C'est pour 2024, on a du temps. On estime que Decathlon est le partenaire idéal. Quand on est bénévole pendant les Jeux, on s'attend à ce que ce soit une expérience globale de rencontres : pouvoir aller dans un magasin récupérer sa tenue, vivre et échanger avec des passionnés de sport. On a envie d'offrir une expérience premium aux volontaires car ce sont eux qui font aussi la réussite des Jeux et ce n'est pas si évident. On l'a observé sur les dernières éditions des Jeux. Le programme des volontaires est assez complexe, surtout pendant les Jeux, car ce sont 45 000 personnes (dont 3 000 en situation de handicap). Il faut qu'elles soient motivées car elles ont un rôle très important sans qu'il soit très bien valorisé. Tony Estanguet, président de Paris 2024 « L'objectif est d'avoir des partenaires qui s'engagent et pas seulement qui mettent un logo Paris 2024 sur leur produit et dans leurs outils de communication » Comment allez-vous concevoir la tenue ?
AG : Grâce à notre plateforme Decathlon co-création, nous avons envie de faire participer les gens car ce sont des Jeux très ouverts dans la conception des produits. Les produits seront éco-conçus pour être en ligne avec la démarche de Paris 2024. Combien de produits allez-vous fabriquer ?
AG : Plus d'1 million de pièces (textile et chaussures) au total. Et la majorité sera produite en France. On va développer un réseau d'industriels et de sous-traitants qui ont un savoir-faire, des standards de qualité assez élevés. Ce tissu industriel, on le rendra accessible à d'autres marques, qui voudraient elles aussi faire produire en France. Le CIO a-t-il des exigences particulières ?
TE : Il y a un cahier des charges sur la taille des logos mais ensuite, on fait un peu ce qu'on veut. L'objectif est d'avoir des partenaires qui s'engagent et pas seulement qui mettent un logo Paris 2024 sur leur produit et dans leurs outils de communication. Quel est le timing ?
TE : C'est un projet qui doit être lancé en fin d'année 2022 pour un recrutement pendant l'année 2023 et, sur les six derniers mois, une fois que les volontaires ont été identifiés, on les contacte, on les forme et on les équipe. Pourra-t-on acheter les tenues des volontaires ?
AG : Non. Ces tenues seront vraiment exclusives. On va faire d'autres produits que les gens pourront acheter avec le logo Paris 2024, des capsules (collections éphémères avec peu de pièces). En plus d'être partenaire, on est aussi licencié de Paris 2024 donc on va utiliser la licence Allez les Bleus, la licence sur la mascotte... On va faire des choses avec les différents logos, pour surprendre, proposer des produits sympas et donner envie de supporter nos athlètes avec de beaux produits. Qu'attendez-vous de ce partenariat ?
AG : Nous avons une vision très humaniste du sport, qui nous rend meilleur, en meilleure santé physique et mentale, meilleur dans nos interactions avec les autres, avec notre environnement. On est convaincu que là où il y a du sport, le monde va mieux ou disons-le autrement, le sport rend le monde meilleur. Je trouve que la vision des Jeux de Paris 2024 colle à cela, donc les Jeux sont un gros amplificateur de cette mission que l'on défend depuis quarante-cinq ans. TE : Avec Decathlon, on veut permettre aux personnes qui vont devenir volontaires - c'est une fois dans une vie - d'avoir la meilleure tenue et de faire partie d'une vraie dynamique avec des gens passionnés qui vivent le sport au quotidien. AG : Aujourd'hu, 50 % à 52 % des Français font du sport une fois par semaine. On n'aura pas 100 % en 2024 mais au moins 80 %, c'est un défi sur lequel on travaille. Avez-vous prévu d'autres actions ?
AG : Nous allons créer un team d'athlètes, 24 hommes et 24 femmes. L'idée est de les soutenir dans leur préparation, leur équipement etc. Il y aura des sportifs chevronnés, des jeunes, valides ou en situation de handicap et un ou une capitaine. TE : On est ravi que Decathlon mette une équipe en place, ça donne du sens. On essaie d'être derrière les athlètes au maximum et on est ravi que les athlètes puissent bénéficier du soutien de Decathlon sur les trois dernières années avant les Jeux. » À chaque marque son partenaire Né en 1976, le géant de la distribution d'articles de sport est partenaire de nombreuses compétitions, institutions et sportifs via ses multiples marques dédiées chacune à un univers. Parmi les plus récents contrats, Kipsta, sa marque football lancée en 1998, fournira les ballons de Ligue 1 Uber Eats et Ligue 2 BKT pour les saisons 2022-2023 à 2026-2027. Tarmak, sa marque de basket-ball créée en 2016, a décroché en janvier la licence pluriannuelle de la NBA pour produire une collection d'articles et de chaussures aux couleurs de la ligue sportive américaine dans plus de 1 200 magasins dans le monde.

Quant aux Fédérations françaises de voile, de hockey sur glace ou encore de volley-ball, elles sont en contrat avec respectivement Tribord, Oroks et Allsix. Côté athlètes, Yohann Diniz, champion du monde 2017 du 50 km marche qui va disputer ses derniers Jeux à Tokyo, marche avec des chaussures Newfeel et Vincent Gérard, gardien de l'équipe de France de hand vice champion olympique à Rio (2016), porte des modèles Atorka. Le groupe est également associé à l'opération Soutiens ton club, mise en place par la Fondation du sport et le CNOSF pendant la crise sanitaire pour aider financièrement les associations sportives, et il est partenaire des hôtels Ibis (groupe Accor) pour fournir des sessions de sport gratuites aux clients de 52 Ibis Budget depuis le 12 juin et jusqu'au 14 décembre 2021. Decathlon en chiffres 1 700 points de vente dans le monde dont 328 en France
Présence dans 70 pays
97 000 collaborateurs dont 22 300 en France
11,4 Mds d'euros de chiffre d'affaires mondial dont 3,5 Mds € en France
550 M€ de résultat net
Top 5 des sports plébiscités par les clients français : randonnée, fitness, pilates-yoga, trekking, vélo.

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